‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 20 sur 407 · AIR · texte numérisé non relu

AIR

les tempéramens nerveux , les valétudinaires et les malades*

Les climats chauds , où les nuits sont froides , donnent lieu à des maladies.

Les saisons influent aussi sur la santé. Le printemps et le commencement de l'été sont l'époque la plus saine.

L'air est insalubre dans les marais, sur les bords des étangs, dans les grandes villes , là où il y a beaucoup de bêtes à cornes, etc.

La durée de la vie est en raison de la salubrité des lieux. Condorcet a démontré que dans les endroits mérécageux , le terme de l'existence était de dix- huit ans et dans les autres de vingt-trois.

L'air est chaud à 20 degrés et au dessus ; l'appétit se fait alors moins sentir ; la digestion est plus lente , et en général l'embonpoint diminue.

Dans les climats chauds, les différentes périodes de la vie, la mobilité , l'âge critique, la mort même arrivent plus tôt que dans les pays froids ou tempérés ; la sensibilité, l'appétit vénérien y sont très-vifs , mais la durée de cet appétit y est infiniment plus courte ; ce n'est aussi que dans les climats chauds qu'on fait usage d'aphrodisiaques , presque toujours dangereux , pour tâcher de faire revivre une faculté qui est à jamais perdue.

Dans les diverses opérations domestiques, l'air peut être vicié par l'altération des substances animales et végétales qui, en se volatilisant avec les gaz, se mêlent à l'air sous forme de vapeurs. La putréfaction est surtout nuisible dans les voieries, cimetières , les abattoirs, boucheries, latrines, fosses, etc.

Les boues des rues répandent au printemps et en été des vapeurs dangereuses. L'air est vicié dans les salles de spectacles 4 les prisons , les vaisseaux , églises , etc. Il en est de même des ateliers des tanneurs , corroyeurs , fabricans de colle, etc.

Dans les mouvemens de la mastication , il se mêle à nos alimens une certaine quantité d'air atmosphérique ; les alimens eux-mêmes en contiennent aussi. L'air introduit dans les voies digestives y subit diverses combinaisons et participe sans doute à la production des gaz qui s'y développent. M. Jurine a démontré par l'analyse que ces gaz étaient de l'acide carbonique, de l'azote, de l'oxygène et de l'hydrogène. Le gaz acide carbonique s'est trouve en quantité dans l'estomac , moindre dans les intestins grêles et moindre encore dans les gros intestins. Les expériences de M. Jurine s'accordent avec l'observation. Ainsi, dans les digestions imparfaites ou troublées , le gaz qu'on rend par la bouche est aigre , et

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celui qui sort par le rectum a une odeur d'oeuf pourri ; c'est du gaz hydrogène sulfuré.

Les anciens avaient fait avec raison une divinité de l'air, qu'ils adoraient sous le nom de Jupiter, de Junon, Minerve, etc. C'est enfin la Vénus céleste des Assyriens et des Arabes.

AIRELLE VEINÉE (Vacciniumuliginosum, L.). Les feuilles de cette plante sont ovales ou veinées. Son fruit , surtout en Amérique, est savoureux. Cette variété existe en Islande. On l'appelle bleaber. On mange le fruit fraîchement cueilli ; on le sert aussi avec du petit lait ou de là crème aromatisés. Il rafraîchit , mais sa saveur ne vaut pas celle de l'airelle myrtille.

AIRELLE MYRTILLE {Vaccinium myrtillus, L.). S0US-arbrisseau des bois, dont les fruits sont de petites baies, d'abord rouges , ensuite d'un bleu-noir et d'un goût agréable. Les Suédois les emploient pour assaisonner certains alimens. Les marchands de vin en colorent les vins blancs. Ils nomment cet arbrisseau teint-vin. Cette fraude n'est pas dangereuse. On la reconnaît en ajoutant au vin un peu de solution de sulfate d'alumine et en le précipitant par le carbonate de potasse ; si le précipité est vert bouteille, la couleur du vin est naturelle ; si le vin est rouge , il devient sale, preuve qu'il est coloré par le suc d'airelle (Cadet-Gassicourt). Ce fruit est rafraîchissant. On en fait aussi un rob, du sirop et une conserve. On croit que c'est de lui que Virgile a voulu parler dans la seconde églogue , par le vers suivant :

Alla ligustra cadunt , vaccinia nigra leguntur.

airi ou ayri. Espèce de palmier du Brésil , dont les tiges sont épineuses. Par incision on en extrait une liqueur qui , par la fermentation , devient alcoolique.

ajaque. a Siam, on donne ce nom à un fruit beaucoup plus gros que le durion. Il est couvert d'une peau chagrinée ; l'arbre qui le produit est fort élevé et d'un port majestueux. On extrait de ses feuilles un lait abondant. Le fruit ne sort que des grosses branches ou du corps de l'arbre. Plus l'ajaque vient près du tronc , plus il est gros. On le dépouille de sa peau épineuse, on le coupe par morceaux, qu'on fait cuire en fricassée. Avec sa chair et du sucre on fait aussi une marmelade qu'on peut conserver toute l'année. Quand ce fruit est parvenu à sa maturité, on trouve sous son bois mince et poli cinquante châlaignes renfermées dans un sac de chair jaune, très-sucrées et d'une odeur forte. Ces châtaignes grillées ou bouillies ont à peu près le goût de nos marrons , mais elles sont plus petites. Elles sont venteuses.

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