GLACE
agréables ; il le dit un des moins malfaisans qu'il connaisse aux environs de Paris.
glace (Glacies). Corps solide , formé naturellement ou artificiellement d'une substance fluide , telle que l'eau , l'huile , etc., refroidie à un certain degré, ou , pour mieux dire, c'est le fluide devenu concret par l'abaissement de la température à zéro. Ainsi, la glace n'est que l'eau cristallisée, plus légère que l'eau liquide, puisqu'elle nage à sa surface. Son usage dans les pays méridionaux remonte à la plus haute antiquité. Plus tard, cet usage fut commun aux Grecs et aux Romains. Hippocrate parle de ses inconvéniens ainsi que de ceux de la neige. Sénèque reproche aux Romains les soins qu'ils prenaient pour avoir des boissons glacées. Les Orientaux ont le même goût pour ces boissons ; les Persansfles emploient aussi ; les Espagnols se servent de cruches de terre poreuses et non vernies , qu'ils appellent alcarazas , pour se procurer de l'eau froide comme la glace , agua fria.
Avant la fin du seizième siècle , il n'y avait point encore en France de glacières. Lorsque François Ier eut à Nice des conférences avec le pape Paul III et l'empereur Charles-Quint , l'usage de la glace n'était point connu. Le médecin de ce roi fut étonné de voir qu'on en faisait venir des montagnes qui avoisinent Nice et qu'on en mettait des morceaux dans le vin pour le rafraîchir. Sous le règne de Henri III, les boissons glacées étaient connues à Paris ; mais les Italiens connurent avant nous l'art de rendre l'eau très-froide par le moyen d'une solution de nitrate de potasse. Ce fut un Florentin , nommé Procope, qui porta l'art du glacier au plus haut degré de perfection \*9 en imaginant de faire avec le suc des fruits , des glaces mousseuses et d'un goût délicieux. Les boissons glacées ont eu des prôneurs et des détracteurs. On a dû et l'on doit blâmer leur usage chez les individus faibles , fatigués et épuisés. On doit au contraire les regarder comme un excellent tonique chez les jeunes gens dont le système circulatoire est doué de beaucoup d'énergie. Les femmes doivent en éviter l'usage dans le temps de leurs règles. Les glaces , les sorbets , les sirops glacés ont une action tonique , mais subite , sur l'estomac , et si ce viscère est déjà très-affaibli, l'action tonique n'est que passagère; aussi ces boissons ne conviennent pas en général aux convalescens , à cause de la grande faiblesse de leur estomac ; il en est de même des vieillards et de tous ceux' dont ce viscère est ou trop affaibli ou trop irritable. Elles ne conviennent pas non plus pendant le travail de la digestion , parce qu'elles peuvent produire des coliques , des indigestions , etc. Celles que l'on fait avec le suc des fruits acides incommodent les personnes qui