GRIVE
pas moins sain, léger et convenant aux estomacs délicats, aux jeunes gens et dans les temps chauds. Les pituiteux ainsi que les vieillards doivent s'en abstenir. On doit choisir les grenouilles qui vivent dans l'eau, celles qui sont grosses , bien conformées , lorsque le temps est serein , et que l'eau n'a pas été troublée. Si les Anglais font des caricatures où ils représentent les Français mangeant des grenouilles, ils nont qu'à lire un passage de l' histoire de l'île de la Dominique, pag. 57, par un anglais nommé Atwood. « Il y a , dit-il , à la Martinique » beaucoup de crapauds que. l'on mange. Les Anglais et les » Français les préfèrent aux poulets. On les fricasse et on en » fait des soupes. »
On fait avec les pattes de grenouilles des bouillons rafraîchissans.
griottes. Espèce de cerise à courte queue , grosse et noirâtre, plus acide que les autres. Les personnes sujettes aux aigreurs, ou dont l'estomac est irritable, doivent s'en abstenir. C'est avec ce fruit qu'on prépare un bon ratafia. Efl Hollande on faisait autrefois du vin de griottes ou cerises gri-^ ses ; on y vendait cette liqueur en tonneau. Sa qualité était portée à un tel degré de perfection , qu'on pouvait la comparer aux vins forts et chargés ; mais ensuite on préféra avec raison les vins étrangers.
GRIsette ou fauvette grise. On appelle aussi cet oiseau syriot. Il est un peu plus gros que le bec-figue. C'est la passerai e des Provençaux. Sa chair est blanche , tendre , trèsdélicate et nourrit bien , mais elle ne se conserve pas longtemps sans se corrompre.
grive {Tardus viscavorus , L.). Oiseau dont le plumage est mêlé de blanc et de brun et grivelé. Il est presque de la grosseur du merle, et de passage. Il y en a de plusieurs espèces. La draine , la petite , la litorne , le mauvis , etc. Leur chair est excellente, surtout en automne. On en permet l'usage même aux convalescens. Martial a célébré cet oiseau dans ses vers:
lnter aves , turdus • si qiris me judice certet , etc.
Les Romains l'avaient mis au premier rang ; ils les engrais-* aient dans des volières : pour cela ils les privaient de la vue de la campagne, les nourrissaient avec des pâtées faites avec du millet , de la farine , des figues , du lentisque , du myrte et autres plantes aromatiques afin de rendre leur chair succulente et de bon goût. Un filet d'eau courante traversait la volière, \ingt jours suffisaient pour les engraisser. Chaque grive grasse se vendait hors du temps de leur passage jusqu'à trente de nos sous , et quand il y avait un triomphe ou un festin public, ce genre de commerce rendait jusqu'à 1200 pour cent.