‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 214 sur 407 · GRUE · texte numérisé non relu

GRUE

à la Jamaïque, son usage est dangereux , c'est-à-dire qu'il est regardé comme un poison.

GROUGROU. Petit palmier d'Amérique , garni d'épines de quatre à cinq pouces de longueur. Le fruit est en grappes , de forme d'une belle pomme , renfermant un petit coco , gros comme une aveline , au dedans duquel est une substance blanchâtre , coriace , insipide et très-indigeste , ce qui n'empêche pas que lés nègres n'en mangent avec excès. Le chou provenant de cet arbre est meilleur que le chou franc. Les sauvages en retirent aussi une huile dont ils se frottent tout le corps ; les montagnes de la Grenade , en Amérique , sont couvertes de palmiers grougrous.

gruau D'avoine. C'est la partie la plus dure , la plus sèche et la plus savoureuse des semences graminées , et la plus voisine du germe; que Ion réduit en poudre grossière. Il y a i des gruaux de froment, d'orge, d'avoine, de maïs, etc., le meilleur est celui que l'on fait avec l'avoine blanche , qui , au rapport de Pline, était l'aliment favori des Gaulois et des Germains. En Irlande ce grain constitue la base de la nourriture du peuple ; il en est de même en Suisse , en Allemagne , en Normandie et en Bretagne. Aliment très-sain, très-substantiel et d'un goût fort agréable ; on l'accommode à l'eau avec du beurre , ou au lait , ou au bouillon ; il demande peu de temps pour sa cuisson ; on donne aussi le nom de gruau à une sorte de bouillie faite avec la farine d'avoine rôtie. Les gruaux conviennent aux personnnes qui ont besoin d'être rafraîchies et engraissées.

GRUE (Ardea) . Les poètes l'ont appelée Y oiseau dePalatnède, parce qu'ils ont prétendu que , pendant la guerre de Troie , Palamède avait appris des grues ; les quatre lettres grecques y. l x- ô- î l'ordre de bataille et le mot du guet. Les anciens l'appelaient l'oiseau de Libye, de Scythie. Il est de la grosseur d'un dindon ; son cou et ses jambes sont très-longs ; son i bec est droit , pointu , d'un noir tirant sur le vert , et long | d'environ quatre pouces ; le dessus de sa tête est garni de petites plumes noirâtres ; la gorge et le côté de son cou sont de couleur gris-obscur ; son plumage est cendré ; son envergure très - large et ses jambes noires; oiseau de passage, , il se plaît dans les marais , les étangs et les fleuves ; ceux qu'on nomme balearica , portent des pompons sur leur tête ; il y a une grue du Japon dont la chasse est réservée aux plaisirs du prince , et le peuple a pour elle le plus grand respect. Varron De re rustica, rapporte que les Romains les élevaient et les nourrissaient avec soin dans des volières , pour les manger ensuite , à cause de la délicatesse de leur chair ; aujourd'hui encore , dans certaines parties orientales de

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l'Europe , où ces oiseaux sont communs , leur chair est servie sur les tables. Simon Sethi croit que cet aliment augmente la sécrétion de la semence, parce qu'il nourrit bien. Arnaud de Villeneuve trouvait un grand plaisir à la manger ; les Indiens s'en nourrissent , et Pline dit qu'elle était recherchée. Cependant on doit croire qu'on veut parler de celle des jeunes ou gruaux ; car l'autre est dure , fibreuse , insipide et de difficile digestion , et ne peut avoir quelque valeur que pour les bons estomacs , quoiqu'elle entrât dans les préparations culinaires , au rapport de Taille vant , queux de Charles VII. On est parvenu, dit Buffon à apprivoiser ces oiseaux et à leur donner une espèce d'éducation, en tirant avantage de leur instinct , qui les porte à jouer et à sauter , puis à marcher avec affectation de gravité ; on peut les dresser à des postures et à des danses. Selon Aristote on connaît les vieilles grues à leur plumage qui noircit. Cet oiseau vit assez long - temps , puis qu'au rappport d'Aldrovande , il en nourrit chez lui un pendant quarante ans. Les grues ont été régardées comme le symbole et le modèle d'un bon gouvernement démocratique. Saint Ambroise et Olaùs Magnus disent que , les vieilles grues étant couchées et ayant perdu leurs plumes, les jeunes ne manquent pas de se tenir auprès d'elles pour les caresser et les couvrir de leurs ailes ; elles leur apporlent de quoi manger, aussi a-t-on surnommé cet oiseau, pie ; ceci n'est peut-être qu'un joli roman. Les Kalmoucks de Koulaguèna regardent les grues comme les oiseaux les plus purs qui existent ; ils n'en tuent jamais.

GRUE(Grw5 piscis marinus). Poisson qui se trouve dans l'Afrique ; sa longueur est d'environ quinze pieds ; il est de la grosseur des anguilles ; on ne le connaît pas sur les côtes de France ; sa chair est peu estimée , quoiqu'on la mange.

GRUYERE. Voir FROMAGE.

GUALAs. A Quito, dans le Pérou, on donne ce nom à une cosse un peu plate des deux côtés , plus ou moins longue , selon les pays, de couleur vert foncé , recouverte d'un duvet doux qu'on ouvre , et dans les cavités de laquelle est une moelle spongieuse , très légère , blanche , et dont le suc est doux et rafraîchissant. Ce fruit est appelé espaça.

GUACHARO 1>E CAR1PE (Steatornis caripemis). Oiseau nocturne, habitant une longue caverne, près delà vallée de Caripe au Pérou ; sa taille est celle d'une poule ; son port ressemble à celui des vautours et sa bouche à celle des engoulevens. Cet oiseau sort de la caverne avant la naissance du jour, dont elle ne peut supporter l'éclat. Il construit son nid à une trèshaute élévation et dans des trous en forme d'entonnoir, dont

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