HIRONDELLE
hêtre ( Fagus sylvatîca , L.). L'un des plus beaux arbres des forêts, qui fournit la faîne [Voir cet article.)
hippopotame (Hippopotamus) . Cheval marin, le plus grand des amphibies qu'on ne trouve que dans les rivières de l'Afrique. A l'extérieur, il tient du cheval et du bœuf ; ses jambes sont cependant plus courtes; sa tête est d'une grosseur démesurée ; ses mâchoires sont armées de quatre défenses avec lesquelles il détache les racines qui servent à le nourrir); il ne peut rester long-temps sous l'eau, ne pouvant y respirer; il hennit comme le cheval , mais si bruyamment qu'on l'entend d'un quart de lieue ; il est naturellement doux et d'ailleurs si pesant et si lent, qu'il ne pourrait attraper aucun quadrupède ; il mange des cannes à sucre, des joncs, du riz, etc. Les Egyptiens , dont le culte s'étendait à toutes les productions de la nature , l'adoraient ; aujourd'hui il est très-rare dans ce pays. Rome vit pour la première fois du temps de l'édile Mardis Scaurus l'hippopotame ; l'empereur Philippe en fit voir plusieurs dans les jeux séculaires. Les anciens ont avancé que c'est l'hippopotame qui a donné l'idée de la saignée , parce que lorsqu'il se trouvait incommodé , il se piquait contre un roseau ou s'écorchait contre un rocher. Le père Labat a renouvelé cette fable. Au rapport de Kolbe , sa chair est un manger délicat ; rôtie ou bouillie , elle est si fort estimée au Cap , qu'on l'y vend de douze à quinze sous la livre, et c'est le présent le plus agréable qu'on puisse faire. La graisse se vend autant que la viande ; elle est fort douce et fort saine , on l'emploie au lieu de beurre pour faire des puddings, etc. Quelques personnes retendent sur le pain et la mangent : son odeur et sa saveur tiennent un peu du sauvageon ; les Portugais ont considéré l'hippopotame comme un poisson.
Hirondelle (Hirundo domestica). Oiseau de passage', qui mange en volant, boit en volant , se baigne en volant et quelquefois donne à manger à ses petits envolant , ditBuffon. Ovide le nomme oiseau vagabond.
Quœsitisque diù terris ubi sistere possit, In mare lassatis volucris vaya decidit alis.
Les annales du lycée de New- York donnent des détails sur l'histoire naturelle des hirondelles ; on en trouve une si grand quantité dans le pays , qu'on en tue jusqu'à quatorze d'un seul coup de fusil , et les marchés en sont abondamment fournis : les habitans de la Nouvelle-Orléans estiment beaucoup sa chair, qui est tendre , succulente et de facile digestion ; ce genre d'hirondelle fait un séjour permanent dans la Louisiane, et il y en a plusieurs espèces. La chair de cet oiseau est maigre ; on en fournit abondamment le marché de Valence en
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Espagne. L'hirondelle ambrée fréquente les rivages de la mer, et exhale une si forte odeur d'ambre gris , que la présence d'un oiseau de cette espèce suffit pour parfumer toute une chambre.
Hirondelle Salangane (Hirundo esmlenta, L. ). Voir article Salangane.)
Hirondelle de mer {Stema nigra). Poisson de mer, du genre trigle , qu'on appelle a Marseille rondole , et à Venise lucema. Sa chair est dure , sèche, insipide et de difficile digestion .
HOCCO [Cras alector, L.). Oiseau de la grosseur d'un petit dindon ; il est à l'état sauvage dans les bois de l'Amérique du Sud. Il a le bec et les pieds des gallinacés , mais plus gros , plus coniques et sans argot ; les jambes sont couvertes de plumes , la tête est grosse , avec une huppe qu'il redresse à volonté; sa queue est horizontale, fort longue et aplatie; on l'apprivoise facilement. On en trouve dans les rues de Caïenne , qui , avec leur bec , heurtent aux portes pour entrer, ils tirent par l'habit, suivent leur maître , et si on les empêche , ils l'attendent et lui expriment de la joie en le revoyant ; ils marchent fièrement. On les nourrit de graines , de baies et d'insectes. Le général Lafayette en fit venir deux qui s'acclimatèrent aux environs de Paris. La chair de cet oiseau est blanche , abondante et d'excellent goût; on la digère facilement ; elle est supérieure à celle du faisan et de la pintade.
hochepot. Ragoût fait avec du bœuf haché , cuit sans eau dans un pot avec des marrons ; aliment nourrissant sans doute , mais qui ne convient pas à tous les estomacs ; les personnes sédentaires , celles qui sont sujettes aux flatuosités , doivent s'en abstenir.
HOCHEQUEUE (Motacilla suecica , L.). Petit oiseau qui a un mouvement continuel dans la queue. Son bec est mince et allongé ; il mérite l'admiration par la beauté de son plumage et parla douceur de sa voix ; il se tient toujours parmi les buissons dans les endroits marécageux ; les Lapons l'appellent
Saddam kiellinen , qui signifie cent langues. La variété de ses sons est telle, qu'on la croirait l'imitation de la voix de presque tous les autres oiseaux. C'est le rossignol du Nord qui chante même en mourant. Spiritu prius déficiente qnam cantu , dit Pline en parlant du rossignol. Il y en a de plusieurs espèces , dont la chair est bonne à manger et de facile digestion.
HOLOCANTHE OiPEREUR ( Ckœtodon imperator, L. ). Ce poisson vit dans les mers du Japon ; il est remarquable par l'éclat et l'élégante distribution de ses couleurs. Sa chair est fort agréable , mais beaucoup plus grasse que celle du sau-
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mon ; dans ces pays on la préfère à celle de tous les autres poissons. On la vend fort cher ; elle n'en est pas moins de fort difficile digestion.
HOLOCEIMTRE SOGO ( Holocentrus sogo , Lacép.). C'est un des plus beaux poissons que Ton trouve dans la mer ; sa couleur est rouge et brille comme un diamant ; il vit dans les deux hémisphères. Sa chair est très-blanche , de saveur exquise et de facile digestion.
HO ai AU {Cancer gammarus , L.). Grosse écrevisse de mer, dont il y a deux espèces : lune a deux mordans plus longs et et plus larges que la main , et beaucoup plus forts ; l'autre a seulement deux grands barbillons de la longueur du bras. Leur cuirasse est semée de taches bleues , plus ou moins grandes, sur un fond rougeâtre , qui couvre un tissu blanc. Ce crustacé est peu charnu , nourrit peu , et se digère difficilement. Cuit, la cuirasse rougit. Ses pinces et sa queue sont les seules parties qui soient charnues et d'un assez bon goût. L'usage de cet aliment donne lieu parfois à des coliques et à des efflorescences sur la peau.
HOMOPHAGE ( Homophagus , Crudivorus ). Nom que Ton donne à ceux qui mangent de la chair ou de la viande crue , et on appelle polyphages , ceux qui sont voraces et qui mangent excessivement. Je comprendrai dans cet article Yhomophage et le pohjphage. Heureusement lhomophagie est encore plus rare que la polyphagie , laquelle dépend le plus ordinainement dune affection nerveuse de l'estomac , ou d'une habitude que certains mangeurs ont de faire un dieu de leur ventre. Selon Cœlius , Théagène pouvait manger un taureau , et Milon de Crotone dévorait vingt mines de viande sans compter le pain. Toute la ville d'Augsbourg a vu un homme qui mangea , en présence de l'empereur. Maximilien , un veau cru. Paris a vu, au Jardin-du-Roi, un garçon de la ménagerie , se jeter , pour apaiser une faim dévorante , sur le corps d'un lion mort de maladie, qu'il mangea entièrement. Cet homophage s'appelait Bijou. Des pièces d'anatomie mal conservées et abandonnées devenaient sa pâture ; il fit un jour son repas de la matrice dune femelle d'éléphant, qui s'était corrompue dans son énorme bocal , et cependant , dit-on , cet homme se conservait en bonne santé , faisait bien son devoir, et vécut au-delà de soixante ans. On a vu à Paris un hypochondriaque de cinquante ans , d'une maigreur extrême, qui s' étant imaginé que les alimens cuits et les boissons fermentées causaient sa maladie , ne se nourrissait que de chair et de poisson cru , et qui n'avait pas de plus grande jouissance que de manger une tranche de saumon cru ; il ne mangeait point de pain , mais du froment entier, le