HOUBLON
mêlant avec du sel et parfois du piment. Il ne buvait que de l'eau et en petite quantité ; il prétendait que ce nouveau régime lui donnait de la force , de l'embonpoint , et il espérait vivre au-delà d'un siècle. On a renvoyé à Paris une cuisinière qui avaitele goût de la viande crue et que l'on surprit rongeant des os crus : cette femme avoua n'avoir jamais pu vaincre cette dégoûtante habitude.
On a connu à Paris un homophage chez lequel on trouvait réunis tous les genres de goût , tous les degrés de gloutonerie, et qui , passionné pour le sang, pour la viande et la chair crue des animaux , s'accommodait aussi de toute autre pâture. Tarare était le nom de ce mangeur. Desault, le voyant revenir souvent à l'Hôtel-Dieu , voulut le dégoûter par la peur de son périlleux métier; il commanda à l'un de ses aides de faire préparer un appareil pour lui ouvrir le ventre. Tarare, épouvanté , s'échappa tout souffrant, alla boire de l'huile , et oubliant ses douleurs , retourna bientôt à ses tréteaux . Il n'avait alors que dix-sept ans , il disait lui-même que , ne pesant que cent livres, il pouvait manger en vingt-quatre heures un quartier de bœuf de ce poids. Au commencement de la révolution il entra dans un bataillon ; on lui donna le même jour une quadruple portion , qui fut bien loin de le contenter ; les chiens et les chats fuyaient à son aspect. Tarare ayant pris un chat et le tenant vivant par le cou et les pattes, lui déchira le ventre avec ses dents , en suça le sang et ne laissa plus que le squelette. Cela se passa devant M. Lorentz , médecin en chef de l'armée. Le serpent plaisait beaucoup au palais de Tarare. Il serait trop long de rapporter tout ce que fit ce malheureux , qui mourut d'une diarrhée purulente et infecte , annonçant une suppuration générale des viscères abdominaux.
Les homophages et polyphages ne peuvent pas en général vivre long -temps, leurs organes s'usent, leur vie s'épuise promptement ; leur existence est une maladie continuelle, qui les consume et les lue.
HOUBLON grimpant ( Humulus lupulus , L. ). Plante sarmenteuse et grimpante. Les anciens ne l'a connurent pas. Elle est aujourd'hui fort commune. Il y a le houblon mâle et le femelle. Le premier a des fleurs étaminées et l'autre des pistils ; les liges sontmenues, flexibles, velues, rudes, etcependant si faibles qu'elles ont besoin d'être soutenues ; elles s'élèvent à la hauteur d'un arbrisseau ; les feuilles sont larges , noires , incisées , dentelées et composées de cinq étamines. Les fruits sont ovales , un peu oblongs , couverts de petites lames imbriquées , renfermant des semences arrondies , amères , sans être cependant désagréables. Les cônes ont une odeur forte et alliacée ; on les préfère aux feuilles et aux fleurs qui n'ont