‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 224 sur 407 · HYGIENE · texte numérisé non relu

HYGIENE

la saveur de sa chair approche de celle de la carpe. Le second vit dans les rivières de la côte de Guinée ; sa chair est rougeâtre, grasse . de saveur agréable , mais la digestion s'en fait fort difficilement.

hydromel. Pline dit qu'on attribue son invention à Aristée, roi des Arcades et fils du Soleil. Le miel contient assez de mucoso-sucré pour pouvoir entrer en fermentation à un degré de chaleur convenable , après addition d'une certaine quantité d'eau. L'hydromel simple est le mélange d'une petite partie de miel avec beaucoup d'eau; il est bon contre la toux, et lorsque les crachats sont difficiles à être expulsés , mais il n'est pas du goût de tout le monde. L'hydromel vineux est composé d'une partie de miel et de trois parties d'eau ; il ne faut que très -peu de chaleur pour que la fermentation s'établisse ; il devient aussi fort que le vin d'Espagne, et peut se conserver long-temps. Les anciens Egyptiens l'estimaient beaucoup ; il est d'un goût fort agréable et fortifie l'estomac à la dose d'un petit verre.

L'hydromel composé est celui auquel on ajoute des plantes aromatiques ou des essences pour le parfumer, ce qui fait qu'il y a une très-grande différence dans les propriétés de ces trois espèces d'hydromels : le simple rafraîchit, le vineux a, à peu de choses près, les propriétés des liqueurs fermentées; il est nourissant et tonique; le composé échauffe. C'est la boisson par excellence des bonrgeois polonais ; le peuple s'en régale les jours de fête. Cet hydromel est rouge comme le vin de Bourgogne; on l'appelle miedau.

hydropote. (Rijdropota). Buveur d'eau, qui ne boit que de l'eau. Les hydropotes composent une grande partie deshabitans de la terre. Dans tous les pays où il y a beaucoup de vin ils ne sont pas rares, et ce nombre augmente à mesure qu'on avance vers les contrées les plus chaudes, qui fournissent un vin plus généreux. D'un autre côté , les buveurs d'eau aiment beaucoup les condimens aromatiques et piquans , aussi dans le midi on mange l'ail, le piment, l'oignon, etc ; ceux qui vivent sous l'équateur et qui boivent de l'eau , font un grand usage de bétel comme masticatoire. L'homme en santé doit regarder l'eau comme la meilleure boisson. Il est très-avantageux de ne donner que de l'eau aux enfans qui se portent bien.

hygiène . Les médecins donnent ce nom aux règles générales que Ton doit suivre pour conserver la santé et pour éviter les maladies. Les préceptes d'hygiène doivent être différens suivant les climals , les saisons, la profession , l'âge, le sexe , etc. Il serait à désirer que tous les peuples eussent pour la conservation de leur santé des préceptes aussi sains

3oS IBIS.

que ceux des Malais, peuple qui n'est pas tourmenté par la soif démesurée des richesses. Je crois utile de rapporter ici en quoi consiste le petit nombre de règles d'hygiène de ce peuple, c'est 1° de n'user qu'avec une extrême sobriété de fruits et particulièrement de ceux qui sont le plus aqueux, tels que melons , ananas , oranges, etc., et généralement de toute substance débilitante et laxative ; 2° à éviter l'usage du lait et notamment de celui de buffle, qui est dans le pays extrêmement pernicieux ; 3° à ne boire ni calou, ni touac (deux fortes liqueurs fermentées, retirées par incision d'un palmier), et modérément de l'eau de coco ; 4° à s'interdire toute espèce d'excès , soit en boissons , soit en travaux forcés, etc. ; Ô° à ne point s'exposer à la pluie ; 6° à ne laisser jamais sécher sur soi ses habits ; l'~ à ne pas se baigner pendant que le so leil est sur l'horison, mais seulement le matin et le soir ; 8° à ne point s'exposer au serein et encore moins y dormir ; 9° à ne pas coucher sur la terre ou sur un sol humide, etc. Pour les alimens on ne craint pas d'épicer même assez fortement tous les mets; le piment , le gingembre, le curcuma et le safran de l'Inde sont en général les épices qu'il faut préférer dans ce pays. L'eau de fontaine vaut mieux que celle de rivière ; le café , le thé, le vin, le punch même conviennent mieux que la bière et surtout que les limonades et les orangeades , etc.; boissons qui prises trop abondamment sont de véritables poisons.

Les soins hygiéniques à prendre dans la vieillesse sont l'air pur de la campagne, se vêtir plus que dans les autres âges , la tête doit être légèrement couverte ; les alimens doivent être simples et peu abondans , légers mais nourrisans ; on doit manger modérément plusieurs fois par jour ; favoriser les excrétions par tous les moyens possibles, faire usage de frictions sèches , prendre quelque bains , porter de la flanelle sur la peau , faciliter les évacuations alvines par des lavemens, user de légers diurétiques , faire de l'exercice pour éloigne la pétrification , enfin exercer ses membres.

IBIS {Tantatulus éthiopiens). L'ibis est du genre des courlis et appartient à l'Afrique , vers la mer Rouge et la Méditerranée. Il est surtout commun en Egypte ; il ressemble à la cigogne , quoique plus petit ; on le trouve sur le Nil. Il y en a de blancs et de noirs ; le bec est arqué. L'ibis mange les serpens , et les grenouilles , auxquelles il fait une guerre conti^

ICHTHYOCOLLE. 359

nuelle ; il ne boit jamais de l'eau trouble. Aussi les Egyptiens ne se purifiaient qu'avec de l'eau , dans laquelle cet oisean avait bu. Aldrovande dit que sa chair est rouge , de mauvais goût et de difficile digestion. Les superstitieux Egyptiens l'a doraient comme un dieu qui les délivrait de ces reptiles dangereux. A sa mort ils lui rendaient des honneurs inutiles.

ICAQUïER D'AMÉRIQUE ( Chrysoholanus icnco , L. ). Arbrisseau dont les tiges sont crochues , fort branchues ; les feuilles ont trois pouces de longueur et environ un pouce et demi de largeur , elles sont oblongues, pointues aux deux extrémités et d'un vert sombre ; la fleur n'est d'abord qu'un petit bouton vert , produisant un fruit semblable à une prune , tan^ tôt violette , jaune ou noire , d'un pouce et demi de longueur. La chair en est succulente, de saveur douce, un peu aigrelette. On mange ce fruit cru ou confit au sucre : c'est du mois de juin jusqu'en décembre qu'on le cueille pour le vendre au marché ; il est rafraîchissant et tient le ventre libre.

ICHTHYOCOLLE (1'). LE HAUSEN ou GRAND ESTURGEON.

Ce poisson n est pas aussi répandu dans les différentes mers! tempérées de l'Asie que l'esturgeon ordinaire 5 on ne le trouve guère que dans la mer Caspienne ; il remonte le Volga , le Danube , et les autres grands fleuves qui se jetent dans ces mers, ainsi que dans la Méditerranée. Les Allemands l'appellent husen, les Italiens, colpèce ; Pline , mcrio. En Russie , il change de nom suivant sa longueur • on en pêche qui pèsent jusqu'à deux mille huit cents livres. Ce poisson fraie au commencement du printemps , il dépose une prodigieuse quantité d'œufs ; après avoir frayé il retourne dans la mer,' et ses petits le suivent dès qu'ils le peuvent. Il est trèsvorace , il mange non seulement les poissons , mais aussi les oiseaux aquatiques et même les végétaux emportés par lésfleuves. C'est surtout avec les œufs des femelles que les habitans des rives de la mer Noire et de la mer Caspienne préparent le caviar. [Voir cet article.) Sa chair est blanche, grasse et presque semblable à celle du veau , très-nourrissante , saine, agréable au goût, mais ne convenant pas à tous les estomacs. C'est avec sa vessie natatoire qu'on prépare la colle de poisson1 ou ichthyocolle , substance blanchâtre , tirant un peu sur le jaune, fade, insipide , c'est de la gélatine presque pure. En Russie, on prépare de différentes manières cette colle; on prend les vessies de riehthyocolle et celle du Mêlouga, lorsqu'elles sont encore fraîches ; on les coupe en long par bandes larges et courtes , on les étend sur de grandes feuilles d'écoree d'arbre et on les laisse un peu sécher au soleil. On sépare la pellicule qui fournit la colle de celle qui est à l'extérieur. On roule ces deux pellicules ensemble et on les foule dans un ton-

3G0 ICIQUIER.

neau où on les laisse pendant un jour. On sépare ces bandes en forme de cordes , on les plie de manière à former un triangle et on les fait ensuite sécher à l'ombre. Quant à la vessie du sterlet , on l'ouvre et on en sépare dans sa première fraîcheur la pellicule ; on l'enveloppe dans un linge mouillé et on l'y laisse un jour entier en la chargeant de poids ; on la coupe ensuite par bandes qu'on roule et on la fait sécher. On préfère la colle du sterlet à celle de lichthyocolle , aussi est-elle beaucoup plus chère. Dissoute dans l'eau elle est la base de plusieurs mets nutritifs. Le sucre , les aromates , les sucs acides des fruits se combinent avec elle ; elle est nutritive mais de difficile digestion ; les marchands de vins l'emploient pour éclaircir le vin ; elle doit être blanche , transparente et sans odeur.

ichtyophage. On a donné ce nom aux peuples qui ne se nourrissent presque que de poissons. Tels sont ceux de la Nouvelle-Zélande , les habitans des îles , ceux de la Sibérie la plus boréale, etc. Selon Ovincton, à Mascate, on nourrit même les bestiaux avec du poisson ; dans certains pays on en fait une espèce de pain. Quoique muqueux , le poisson est moins substantiel que les viandes des quadrupèdes etmême que la chair des oiseaux. Les héros des anciens âges , les premiers Romains en rejetaient l'usage comme trop peu substantiel ; plus tard , cependant , Caton le censeur , se récria en plein sénat qu'une ville où l'on vendait un poisson plus cher qu'un bœuf ne saurait exister long-temps. Les législateurs de l'Egypte et des Hébreux proscrivirent ceux sans écailles , fort muqueux et de difficile digestion. Les ichtyophages sont les plus sujets aux maladies de la peau, à la lèpre, surtout dans les pays chauds. On a observé une lèpre épidémique après un grand usage de sardines (Mém. de l'Académ. , 1794.). En outre , le poisson se putréfie fpromptement. Cependant , comment le défendre à des hordes qui n'ont d'autres ressources que cet aliment , ne serait-ce pas les priver de la vie ?

ICIQUIER, CÈDRE BLANC (Icica altissima , Aubl. ). Arbre

de la Guyane, de plus de soixante pieds d'élévation ; produisant un fruit ovale , qui s'onvre en deux ou en six valves , épaisses , charnues , rouges intérieurement , contenant des osselets enveloppés d'une pulpe blanche, douce et d'un goût qui plaît ; aussi les créoles les sucent pour se rafraîchir.

if kucifère [Taxus nucifera., L.). Arbre dont la tige est droite , cylindrique , haute de trente à cinquante pieds , produisant des branches dont les dernières ramifications sont garnies de feuilles linéaires , d'un vert foncé, à fleurs axillaires ; le fruit est une petite noix ovoïde , à une seule loge ,

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