‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 227 sur 407 · INTEMPÉRANCE · texte numérisé non relu

INTEMPÉRANCE

comprimé , renfermant un noyau fibreux ; ce drupe est bon à manger.

intempérance. (Intemperantia). Elle consiste à manger ou à boire outre mesure ; les moindres de ses résultats sont des indigestions fréquentes. Les symptômes qui annoncent qu'on a trop mangé sont des pesanteurs d'estomac, des bâillemens, le hoquet, des envies de dormir, des pesanteurs de tête, etc. A quelque degré cependant que les modernes aient porté l'intempérance de la table , il n'y a rien de comparable à celle des Romains ; le souper était surtout le repas le plus complet; les premières tables étaient chargées de hors d'œuvres, salsamenia, d anchois, d'huîtres, d'oursins et autres coquillages ; il y avait ensuite jusqu'à sept services avec toutes sortes de viandes, de gibier , et venaient après le dessert et les pâtisseries, avec une très-grande abondance des meilleurs vins. Lucullus, surnommé Xerxès Togatus, fit préparer, dit- on, en impromptu, pour Pompée et Cicéron, un festin de quarante mille francs. Apicius, après avoir dépensé douze millions de nos francs en repas, croyait mourir de faim lorsqu'il n'avait plus que treize cent mille francs. Marc- Antoine faisait servir jusqu'à huit sangliers entiers dans un repas. Yitellius dépensait près de quatre-vingt mille francs par jour, selon Suétone. Sur un plat d'or on servait un nombre prodigieux de cervelles de paon et de phénicoptères. Les mets des anciens étaient bien plus fortement épicés ou assaisonnés que les nôtres ; enfin ils se gorgeaient tellement qu'ils étaient forcés de se faire vomir au milieu du repas pour se remettre à table ; c'est Vitellius qui mit cette honteuse habitude à la mode. Cicéron en parle. Les femmes même en prirent l'habitude. On plaçait des bassins près des salons du festin pour se débarasser ; on porta même des urinoirs qu'on plaçait sous la table ; les vomissemens n'étaient que les préludes de nouveaux excès , mais les tempéramens , quelque robustes qu'ils fussent, ne pouvaient tenir à ces horreurs. L'intempérance, dit Buffon, détruit et fait languir plus d'hommes elle seule que tous les autres fléaux de la fnature humaine réunis. Pour éviter les maux qui en résultent , [il faut [cesser de manger avant d'être rassasié.

L'intempérance de la boisson est aussi dangereuse que celle des alimens.

intestins (Intestina). On ne mange en général les entrailles des animaux que farcies de sang , de lard , de chair et d aromates ; aliment qui ne convient qu'aux hommes robustes et à ceux qui font beaucoup d'exercice. Les entrailles du cochon sont surtout celles qui plaisent le plus au palais ; elles servent à faire des boudins , des saucisses , des an-

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douilles, etc., qui sont, pour beaucoup d'estomacs de fort difficile digestion; cependant les entrailles des jeunes animaux se digèrent assez facilement.

irarulos. Animal indien assez rare dans rOrénoque; il est de la grosseur dune brebis , ayant le grouin d'un cochon ; il est amphibie , il détruit les semailles, ce qui oblige les Indiens à lui donner la chasse ; sa chair est aussi bonne que celle du cochon.

iris des marais, vulgairement Glayeul des marais {Pseudoacorus , L. ). Skrimskire crut que les graines de cette plante pouvaient remplacer le café. Elles sont nombreuses, contenues dans des capsules et recouvertes dune pellicule dérouleur marron. Torréfiées , elles acquièrent un parfum qui a quelque analogie avec le café. M. Bouillon-Lagrange fit des expériences à ce sujet : il y a pétillement , coloration et séparation de l'enveloppe, endurcissement, et nulle odeur du café. Cette graine contient du mucilage , de la résine , un peu d'acide gallique et une matière colorante. Mêlée en poudre avec moitié café , elle peut être substituée à la chicorée. Elle est moins excitante que le café , stomachique et poussant aux urines. Aux environs du cap de Bonne -Espérance , on fait cuire l'oignon d'iris édulis pour le manger ; sa saveur est celle de la pomme de terre.

ISERTIA A FLEURS ROUGES (Isertia coccinea. ). Arbre de moyenne grandeur , dont les rameaux anguleux sont couverts d'un duvet rougeâtre. Les feuilles sont ovales , oblongues , les fleurs sont d'un beau rouge. L'arbre croît dans les forêts de la Guyane et produit des fruits presque toute l'année. Ils sont doux etrafraîchissans.

israel. A Ludelbec on donne ce nom à une bière qu'on prépare avec du froment : elle est à la vérité de saveur agréable, mais fort échauffante , et si l'on en boit immodéremment , elle porte à la tête et occasione des douleurs insupportables.

IVRAIE. ZIZ A ME {Lolium tcmulentum , L.). Cette plante

qui croît daus les champs parmi le froment, l'orge et l'avoine est annuelle ; ses tiges sont hautes de deux à trois pieds ; l'épi est droit ; le grain est acre , acide et d'un goût désagréable ; il rend la farine de mauvaise qualité ; c'est surtout dans son eau de végétation que se trouvent ses qualités malfaisantes. Parmentier assure cependant qu'on peut, avec ce grain , faire du pain sans qu'il nuise à la santé. Il faut pour cela , dit-il , le sécher dans un four avant de le réduire en farine , faire bien cuire le pain , et ne le manger que quand il est entièrement refroidi. L'ivraie nuit à plusieurs animaux , aux chiens , aux chevaux , etc. Le pain et la bière dans lesquels on a mis beaucoup de ce grain enivrent , causent des

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