JUJUBIER
naturellemeut dans les lieux sablonneux de l'Arabie et des Indes orientales ; on l'apporte du Levant. Toutes ses parties ont une odeur aromatique assez agréable , analogue à celle de la rose et dont la saveur est légèrement acre et piquante. A Amboine et dans les îles voisines, on fait usage surtout de la partie renflée de sa tige pour assaisonner le poisson , auquel elle communique un bon goût. Dans l'Inde on en retire parla distillation une huile qui a une odeur et une saveur agréable et stomachique. Linné pense que la poudre de cette racine peut être substituée aux différens aromates pour assaisonner les mets. Les Tartares ont coutume de tenir dans leur bouche cette racine , avant de boire de l'eau , pour en corriger la mauvaise qualité.
jujubier (Rhamnus ziziphus , L.). Cet arbre croît naturellement en Syrie, il en est originaire. On le J transporta à Rome sous le règne de l'empereur Auguste. Aujourd'hui il est cultivé dans les pays méridionaux ; l'arbre est tortueux , son écorce est rude , ses branches amples , inégales et épineuses ; ses feuilles sont oblongues et luisantes ; ses fleurs sont en rose ; le fruit est un drupe rouge dans sa maturité , de la forme et de la grosseur d'une olive ; sa chair est ferme , peu succulente , de saveur aigrelette vineuse. Galien dit que c'est un fruit inutile, nourrissant peu et se digérant difficilement , et Galien a raison; on met la jujube au nombre des pectoraux, on en fait des décoctions. Les Chinois ont plus de soixante variétés de jujubiers, aussi ont-ils des jujubes de différentes formes et saveurs. Les anciens Taossis regardaient ce fruit comme donnant l'immortalité.
Jujubier des lotophages (Ziziphus lotus, Desfont). Arbrisseau en buisson de la hauteur de quatre à cinq pieds , dont les feuilles sont courtes, petites, ovales, obtuses et pâles en dessous; les fleurs sont petites, d'un bleu pâle; les fruits sont des drupes de la grosseur du fruitl du prunellier sauvage , ro'ussâtres quand ils sont mûrs , contenant une pulpe de saveur fort agréable et un noyau. L'arbrisseau fleurit en mai, et les fruits, fin août et septembre. Ce fruit est fort abondant à Tunis et dans l'île de Zerbi ; mûr, on le cueille, on l'écrase et on le renferme dans des vases. On choisit les meilleurs pour les hommes libres, la saveur approche de celle des figues ou des dattes ; on en fait aussi une sorte de vin en les mêlant avec de l'eau ; mais quoique cette liqueur soit excellente, on ne peut la conserver au-delà de dix jours. Les habitans de la petite Syrie recueillent encore ces fruits et les vendent dans les marchés , ils en nourrissent même leurs troupeaux , tant ils y sont abondans. Les anciens avaient aussi donné le nom des lotos à plusieurs autres plantes qu'on ne doit pas confondre avec le