‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 242 sur 407 · LIÈVRE · texte numérisé non relu

LIÈVRE

Ce lierre est excitant et tonique. En Angleterre on le mettait dans la bière où il passait pour être antiscorbutique.

mèvue [Lepus timidus). Animal fort vif et fort timide, qui a le double avantage du nombre et de l'utilité ; il est répandu par toute la terre ; on en tue parfois quatre à cinq cents dans une battue ; il engendre en tout temps et dès sa première année ; la femelle porte trente-un jours , donne naissance à trois ou quatre petits , dont les yeux sont ouverts en naissant ; la mère les nourrit vingt jours; cet animal ne vit que sept à huit ans ; il est plus petit dans les climats chauds ; ceux qui vivent dans le Nord deviennent blancs en hiver ; ceux du Groenland sont toujours blancs, ils diffèrent en cela de ceux de Norwége, qui, blancs en hiver, redeviennent gris au printemps et en été ; ils sont très-grands et très-gras dans toutes les saisons , quoiqu'ils ne trouvent d'autre nourriture qu'un peu d'herbe et de la mousse blanche. Cet animal, recherché et estimé par la plupart des peuples, n'est d'aucune valeur chez les Groënlandais , qui n'en mangent pas et qui ne font aucun usage de leur peau. Nourri à la maison, il meurt parfois de trop de graisse ; il y en a qui ont une odeur tellement musquée que les chiens en sont affectés ; le lièvre ne rumine pas ; il y en a rarement de cornus. Au rapport de Pline, il dort les yeux ouverts , ce qui dépend peut-être de ce que la paupière supérieure plus courte ne peut recouvrir la proéminence de l'œil. Ceux qui vivent sur les montagnes , qui se nourrissent de plantes aromatiques , ont une chair fort délicate ; ceux qui habitent les plaines l'ont sèche , surtout lorsque l'animal est vieux : on doit le choisir jeune , bien nourri ; cette chair est noire et a du rapport avec celle de la perdrix ; elle est meilleure en hiver , on n'en doit manger qu'avec modération , elle ne convient ni aux mélancoliques , ni aux bilieux , ni à ceux qui vivent d'une manière sédentaire, car elle est de difficile digestion : les Gentils en firent leurs délices, les Romains l'estimèrent beaucoup , aussi Martial a dit :

Inter quadrupèdes yloria prima lepus.

Mundius rapporte qu'autrefois dans certains pays , la chair de cet animal était si fort estimée , qu'il était défendu au peuple d'en manger. Outre sa chair, son sang est bon , on le dit le plus doux de tous ; le lièvre si recherché en Europe l'est peu des Orientaux. La loi de Mahomet et plus anciennement celle des Juifs en interdit l'usage ; cependant aujourd'hui à Constantinople les Turcs en mangent, en égorgeant l'animal pour ne pas contrevenir à une loi qui leur défend de manger d'une bête qui n'aurait pas été saignée ; les anciens bretons se fesaientun crime d'en manger; en Hollande on n'en estime que la peau; le peuple laisse cet aliment pour la table des grands,

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