LIQUEUR
cerises, etc. Dans beaucoup de semences, (elles que Forge, le froment, îe mais, etc.; le sucre ne peut jamais entrer en fermentation , à moins qu'il ne soit uni à ce ferment , lequel en agissant sur le sucre , le convertit en partie en alcool. Le sucre raffiné n'est plus suceplibie de fermentation , à moins qu'on ne le mêle à un peu de levure ou ferment. Toute liqueur fermentée a des effets communs qui dépendent de l'alcool, qu' elle contient en plus ou moins grande quantité. Les peuples du Midi sont généralement plus gais et plus animés que ceux du Nord ; c'est pourquoi ces derniers ont cherché dans les liqueurs spiritûeuses, un moyen de se réveiller de l'engourdissement dans lequel les plonge la température froide de leur climat. Dès qu'ils ont eu goûté les plaisirs qu'elles procurent, ils ne se sont pas doutés des maux qui devaient résulter de leur usage. Ils s'y sont livrés aveuglément e~t en ont bientôt contracté l'habitude ; aussi le nombre de ceux qui en abusent est-il en général proportionné à la latitude âù climat. Dans le Midi, une sensibilité extrême repousse les liqueurs ou boissons brûlantes, cjui dans des climats très-froids ne paraissent que faibles ; ce qui a fait dire à Montesquieu qu'il faut écorclier un Moscovite pour exciter sa sensibilité. Cet abus presque nul dans la zone torride , augmente à mesure qu'on s en éloigne. En Irlande , par exemple, il était d'usage dans les repas, d'avoir un immense gobelet qu'on nommait le connétable, et qu'on était obligé de vider d'un seul coup. En Ecosse , toutes les années , on donnait par souscription un grand concert , le jour de sainte Cécile et on y invitait par billet les plus belles dames de la ville. Après le concert, les souscripteurs se réunissaient dans une taverne et soupaient ensemble -, on plaçait ensuite sur la table une boîte qu'on appelait l'enfer- on faisait apporter les billets remis aux dLames et on proclamait leurs noms l'un après l'autre; les billets de celles qui ne trouvaient aucun champion prêt à boire , étaient jetés dans la boite et celui qui buvait le plus t pourvu qu'il pût terminer cet exploit en avalant d'un seul coup un grand verre qui portait le nom de Sainte-Cécile et qui pour l'ordinaire renversait ivre mort îe buveur ) était autorisé a aller îe lendemain chez sa clame , lui présenter son billet, en se glorifiant d'avoir eu l'honneur de s'enivrer pour la sauver. J'ai connu, dit Odier , des dames en l'honneur desquelles un de ces braves avait bu jusqu'à dix-sept ou dix-huit bouteilles de punch servant à cette débauche et elles en étaient toute hères.
Il résulte des faits rassemblés par les auteurs , que la plupart de ceux qui abusent des liqueurs alcooliques meurent fort jeunes et que s'il en est quelques uns qui atteignent un âge
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avancé , leur vie n'est qu'un tissu d'abrutissement , de folie , d'abattement, d'inquiétude, de crainte et de sombres remords ; enfin , dit John Sinclair, l'inventeur du toast , des connétables , ou des autres moyens de séduction , par lesquels ce vice s'est répandu dans le monde , peut être placé à côté de l'inventeur de la peste , si ce fléau pouvait être regardé comme une invention des hommes. Les liqueurs alcooliques ne conviennent même à petite dose comme toniques, stimulantes et aidant à la digestion , qu'à certains tempéramens. Prises en plus grande quantité , elles agitent, étourdissent , affaiblissent, endorment , troublent la digestion , occasionent des aigreurs , des renvois , etc. En quantité excessive , elles font perdre la raison, causent de la gaîté ou de la fureur, font vaciller, plongent ensuite dans la stupeur, l'hébétement , l'assoupissement, donnent lieu aux nausées , au vomissement et abrutissent les facultés intellectuelles. Pendant les repas , les liqueurs alcooliques ne conviennent que comme condiment , aux tempéramens phlegmatiques , surtout dans certaines contrées septentrionales. Dans les voyages et lorsqu'on est privé d'alimens pendant un temps plus ou moins long , un peu d'eau-de-vie pure ou mêlée à l'eau, calme très-bien la faim. Dans les climats chauds , les liqueurs spiritueuses sont très-pernicieuses , aussi les législateurs orientaux ont-ils recommandé la sobriété, la tempérance , les rafraîchissans , pour calmer la fougue de la sensibilité. Les Européens qui dans les climats chauds ne renoncent pas à l'usage des boissons incendiaires ,' en ressentent bientôt des effets nuisibles. Il n'en est pas de même clans le nord , ces liqueurs deviennent indispensables pour accélérer la circulation et soutenir le système nerveux , contre l'engourdissement produit par le froid.
LISERON COMESTIBLE ( Convolvulus edulis , Thunb. ). Ses racines sont de la grosseur du poing , tuberculeuses , charnues , tendres , de saveur agréable ; on les cultive au Japon où on les mange comme les patates, dont elles ont les propriétés alimentaires.
LITCHI PONCE Ali [Litchi chinensis , Sonnerat ). Arbre fruitier des Indes, haut de quinze à dix-huit pieds ; sesbranehes s'étendent horizontalement, ses feuilles sont alternes. Le fruit , dans sa maturité , est d'un rouge ponceau , de forme presque sphérique. Sous une peau coriace, se trouve une pulpe très-délicate , de la saveur du bon raisin muscat. Pour conserver ce fruit , on le sèche au tour , c'est même un objet de commerce. Cet arbre est commun à la Chine et à la Cochinchine. M. Poivre l'introduisit à l'Ile-de-France , d'où il s'est répandu dans ies colonies de l'Amérique,
lithargyré. On dit qu'un vin contient de la litharge, lors-