‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 247 sur 407 · LOCHE · texte numérisé non relu

LOCHE

qu'on y a mis de l'oxide de plomb demi-vitreux pour l'adoucir. Cette sophistication occasione des coliques et est un véritable poison. Nous avons dit, article Vin, comment on reconnaît qu'un vin a été lithargyré. Autrefois on distinguait la litharge d'or et celle d'argent à cause de la couleur blanche ou jaune qu'elle présente, mais on sait aujourd'hui que leur composition est la même.

LITORNE (Turduspilaris). En France tourdelle. C'est après la draine la plus grosse grive ; elle ressemble au merle femelle, avec cette différence que la litorne a le plumage de la poitrine et des côtés tacheté de noir ; la gorge , le ventre , les cuisses et le dessous de l'aile sont noirs. Cet oiseau fréquente les prairies, il se nourrit des alizés mûres qu'il mange avec avidité. Sa chair, quoique bonne, ne vaut pas celle delà grive ; parfois elle a un goût d'amertume désagréable. Linné parle d'une litorne très -familière , buvant du vin par excès , ce qui la rendit chauve ; mais on la mit en cage , on la priva de vin et ses plumes repoussèrent.

LIVÊCHE (Ache des montagnes). (Apium alpinum, L. ) Plante fort commune sur les montagnes et notamment sur les Alpes. Sa racine charnue a une odeur très-forte , qui s'évanouit par la cuisson à grande eau , ainsi que cela arrive à Tache des marais. Elle peut alors servir à l'alimentation , et en effet dans quelques cantons elle remplace le céleri. Les Groënlandais en mangent la racine , dont la saveur approche beaucoup de celle du céleri.

LOCKE FRANCHE (Cohitis barbatida^ L.). Ce poisson de quatre ou cinq pouces de longueur vit particulièrement sur les fonds rocailleux , dans les pays montagneux ; il évite l'eau tranquille et les courans trop rapides. Il se tient comme collé contre le sable et le gravier. Les pêcheurs le recherchent surtout en automne et au printemps , à cause de la délicatesse de sa chair, qu'on préfère à celle de tous les autres poissons. Plusieurs gourmands ont même imité les Romains en faisant périr ce poisson dans du vin ou dans du lait.

Loche de rivière {Cohitis tœnia , L.). Petit poisson de rivière et même de ruisseau. Sa forme et sa couleur sont celles du goujon. Il a trois pouces et demi de longueur, deux barbillons au coin de la gueule et deux à l'extrémité du museau. Gesner dit quil est de tous les petits poissons celui qui mérite la préférence pour F usage de la table. On n'en mange cependant beaucoup que dans les endroits où il est abondant ; sa chair est maigre et coriace.

Loche de mlr (Gobius aphia , L.). Quoique plus petit que le précédent, il ressemble au goujon de la Méditerranée; ses yeux sont saillans et situés plus haut que dans la plupart

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clés poissons ; son dos ainsi que les deux nageoires qui sont sur celle partie et celles de la queue sont marquées de petites lignes brunes ; sa chair est pesante et fort inférieure à celle de la loche de rivière.

lodde. Poisson du genre Salmone , qu'on pêche abondamment dans les mers du Nord ; sa chair est agréable , nourrit bien, se digère assez facilement, à moins qu'on n'en surcharge l'estomac.

LOlU [Myoxus glis, L.). Petit quadrupède assez semblable à l'écureuil par ses habitudes naturelles. On le trouve dans les bois. On a cru qu'il dormait toujours en hiver; mais selon de Buffon , c'est moins un sommeil naturel qu'une torpeur, un engourdissement des membres et des sens produits par le refroidissement du sang. Le Loir a intérieurement si peu de chaleur , qu'elle n'excède guère celle de la température du printemps. Cet animal habite le midi de l'Europe ; il passe l'hiver dans le creux des arbres ou des rochers qu'iîgarnitcle mousse, et où il amasse ses provisions. Les parties supérieures de son corps sont d'un gris cendré, les inférieures d'un blanc légèrement roussâtre. Ses oreilles sontcouries, presque rondes, un peu plus larges à leur extrémité quiî leur base ; sa queue est aussi longue que son corps, sa taille esta peu près celle durât. Ce fut G. Scaurus qui, le premier, Fil servir sa chair à l'alimentation ; d'autres prétendent que ce fut Fulvius Hirpinus. Quoi qu'il en soit, les Romains avaient des lieux pour élever et engraisser ces animaux. On dit qu'on se servait de balances pour s'assurer de leur poids. Les censeurs défendirent cette chair comme étant fort indigeste. Les loirs sont plus gras en automne, la saveur de leur chair approche de celle des cochons d'Inde. Apicius dit, qu'à Rome en l'accommodait avec du miel et des graines de pavot. Dans quelques parties de l'Italie , on la mange.

LOTfER comestible ( Lotus eduli$,L. ). Cet arbrisseau est annuel , sa tige rameuse, un peu velue , longue d'environ un pied; ses feuilles sont oblongues, ses fleurs jaunes, axillaires. Ses gousses épaisses. Ce lotier croît naturellement en Egypte, clans l'île de Candie, en Sicile et en Italie. Ses jeunes gousses sont succulentes et ont une saveur analogue à celle des petits pois frais. Dans quelques pays on les porte sur les marchés.

LOTTE DE RIVîIre [Gadus Iota, L.). Poisson de la taille d'un à trois pieds. La nageoire de sa queue est arrondie. Ses écailles sont minces, molles ; sa peau enduite d'une humeur visqueuse très-abondante , comme celle de l'anguille \ la couleur du corps est variée de jaune et de brun ; son ventre est blanc. La lotte vit dans l'eau douce , est très-abondante dans

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