‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 248 sur 407 · LOUTRE · texte numérisé non relu

LOUTRE

certaines contrées de l'Europe, de l'Asie et des Indes. Val mont de Bomare en a vu une que l'on avait prise dans le Danube , elle était de la longueur de quatre pieds. Sa chair est blanche, et de saveur agréable. Son foie fort volumineux passe pour un aliment des plus délicats. Ses œufs , comme ceux du brochet et du Ijarbeau, déterminent des nausées, des vomissemens et des cours de ventre.

LOTUS (Rhamnus lotus ; L.). Arbuste qui croît spontanément en Afrique, surtout dans les terrains sablonneux du Kaarta et du Ludamar , ainsi que dans la partie septentrionale du Bambara et de Tunis. Il produit un fruit qui a la saveur du pain d'épice. On ne peut douter que ce ne soit le fruit de ce même lotus dont Pline dit que se nourrissaient les Lolhophages de la Lybie. Sa saveur, au rapport d'Homère et dç Mungo-Park, est si agréable , qu'on n'en a pas plutôt goûté , qu'on oublie sa patrie et qu'on ne s'en rassasie point. Ce fruit est une petite baie jaune et farineuse , dont on fait une espèce de pain et des gâteaux qui ont le goût du pain d'épice. On en fait aussi un gruau qui est le déjeûner ordinaire de tous les habitans du Ludamar. Selon M. Bory de St-Vincent, ces fruits dont parle Homère ne valent pas mieux que les prunelles. Il fallait que les compagnons d'Ulysse, ajoute t-il, fissent bien mauvaise chère pour avoir voulu habiter chez les Lotophages.

LOUP DE MER VULGAIRE otj LUPIM ( Perça labrax ■ L. ). Poisson quia quelquefois jusqu'à quatre pieds et demi de longueur. Sa forme est assez semblable à celle du saumon ; son dos est d'un bleu noirâtre, son ventre d'un blanc argentin, ses écailles d'une grandeur médiocre, très-serrées, et très-adhérentes à la peau ; sa gueule grande -, ses mâchoires hérissées de petites dents. Les anciens lui avaient donné le nom de loup, à cause de sa voracité. Sa chair était un des alimens qu'iis estimaient le plus. Les meilleurs étaient ceux qu'on prenait dans le Tibre entre lesponts; au rapport d'Athénée on l'estimait beaucoup aussi en Grèce lorsque ce poisson avait été pris près de Milet ; Galien en vante la chair ; Horace en fait mention. On dit que son foie rôti est fort délicat . Les Romains payaient fort cher ce poisson qui est meilleur au printemps et en hiver qu'en été , mais il a besoin d'être mortifié et fortement assaisonné. Sa tête était surtout fort recherchée. On voit dans Pline que le poisson qui àFréjus servait à faire le garum, portait le nom de loup. On doit préférer celui pris en pleine mer ; vient ensuite celui qui a séjourné clans des étangs marins , et enfin celui qu'on a péché à l'embouchure des fleuves. Cette chair est d'assez difficile digestion.

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