MAUVE
Bans tout l'empire ottoman , les femmes turques , grecques , arméniennes, juives et même les franques, en mâchent presque continuellement, surtout le matin ; le mastic se ramollit dans la bouche, parfume l'haleine, fortifie les gencives, contribue à conserver la blancheur des dents ; donne du ton à l'estomac , et porte à la poitrine des émanations balsamiques, qui peuvent empêcher la phthisie pulmonaire de se déclarer. Cette substance est devenue en outre chez ces peuples le signe dune tendre déclaration. Heureux celui qui , ayant offert à l'objet de sa tendresse des larmes de mastic , en reçoit en échange une poire, symbole de l'espérance. Il sert aussi à parfumer les appartenions. Dans l'Orient et surtout dans l'île de Chio , on est dans l'usage d'en mêler un peu à la pâte qui sert à faire le pain , pour lui communiquer une saveur agréable et le rendre plus blanc.
Les femmes de Scio sont très-friandes du fruit du lentisque : le goût résineux et très-aromatique de sa pulpe, leur plaît autant que celui de l'amande et comme ce fruit est à peine de la grosseur d'un pois , elles avalent en même temps le noyau ainsi que là pulpe. On le nomme dans le pays tzicoudia, mot dont on ne trouve , dit-on , la signification dans aucune langue du Levant.
MATÉ, THÉ DE PARAGUAY {Ilex paraguianensis) . Plante du Paraguay, du Brésil et de différens lieux de l'Amérique méridionale. On en use beaucoup à la Plata au Pérou. On ajoute à ce thé sucré un peu de jus de limon. Ces peuples lui attribuent les plus admirables propriétés, surtout celle d'exciter; mais si Ion en abuse , il en résulte l'ivresse et des tremblemens.
MAURICE (Maufilia). Arbre de l'Amérique méridionale , dont le tronc a vingt-quatre pieds de hauteur. La moelle contient une farine qui ressemble au sagou , et nourrit la na^ tion indomptée des Guaranis , surtout dans la saison des pluies. Semblables à des singes , ces hommes vivent au sommet des arbres. Cette farine est aussi employée en galettes minces. Avec la sève de l'arbre qu'ils laissent fermenter, ils en font un vin doux et enivrant. Les fruits frais, sont recouverts d'écailles comme les cônes du pin.
MAUVE A FEUILLES RONDES {Malva rotundifolia, L.). Les Grecs ont appelé cette plante malache , parce qu'elle lâche le ventre ; les Latins l'ont appelée malva. Les fleurs se succèdent pendant une grande partie de l'été. Comme la mauve sauvage , elle est mucilagineuse , adoucissante et laxative. Les anciens en tiraient parti pour l'alimentation , en la mêlant aux laitues. Elle était regardée comme sacrée par Pythagore. Elle purritpëu; Wû sue eàt épais et visqueux, Gleéron3 dans um
MELASSE. 437
lettre àGallus , dit qii'il'avait été trompé par la mauve, qui lui avait donné le cours de ventre. Martial a dit : Ma fermière ma apporté de la mauve pour me rendre le ventre libre , et d'autres richesses de mon jardin. Aujourd'hui la plante n'est plus en usage pour ralimentation, si ce n'est en Chine, où on {accommode comme les épinards. Toutes les plantes malvacéss sont émollientes ; mais on les remplace plus agréablement et plus sainement par les épinards.
mauvis {Tardas iliacus , L.). Grive des i Ardénnes , grive champenoise. Il ressemble beaucoup à la grive, mais il en diffère par la couleur de dessous l'aile, qui , est d'un brun rougeâtre. Son plumage supérieur est d'un brun uniforme , l'inférieur blanchâtre , le bec noirâtre, les pieds gris. L'oiseau arrive en octobre , mange beaucoup de raisin , ce qui coutribue à rendre sa chair délicate et d'un excellent goût.
MÉLAMPYRE DES CHAMPS ou BLÉ DE VACHE, QUEUE DE RENARD, ROUGEOLE, CORNETTE (Melampyru m arvense,L.). Espèce de blé dont la tige est droite , de la hauteur d'environ un pied ; les feuilles sont lancéolées , finement pubescèntës ; les fleurs sont purpurines , mêlées de jaune et disposées en épis longs : la plante est commune dans les blés. Ses graines, mêlées à celles du froment, donnent au pain une couleur violetnoirâtre. L'odeur en est * piquante et la saveur désagréable; le pain est malsain, occasione des pesanteurs de tête, etc. Cependant plusieurs personnes assurent en avoir mangé et ne pas lui avoir trouvé de mauvais goût. Il est même des auteurs qui pensent qu'il est possible d'en faire un pain agréable et sain. L'abbé Rosier a raison de dire qu'il n'est guère possible de concilier ces diverses assertions, qu'en supposant que les graines trop nouvelles et contenant encore toute leur eau de végétation, produisent les mauvais effets qu'on leur reproche , tandis qu'elles n'ont plus d'effet malfaisant , lorsqu'une dessiccation complète en a fait évaporer toute r nùtnidité. Foir ce qui a été dit à l'article Farine mélampyrêë.
mélasse. Substance grasse, épaisse , sirupeuse , plus oii moins colorée, résultant de la purification du sucre. Elle est surtout formée de sucre et de matière colorante; elle est incrislallisable. On la laisse écouler des moules par la distillation. Après avoir fermenté , elle fournit le tafia. Pour ôter à la mélasse sa saveur acre et pouvoir lemp!oyer à plusieurs usages, M. Cadet de Vaux, d'après les expériences deLoWitz , a Fait coinu lire le moyen suivant :
Mélasse Vi livres,
Eau id,
Charbon sans fumerons 6 liv,