MERISIER
vieillards , aux tempéramens phlegmatiques , etc. Les Africains emploient son huile essentielle pour s'exciter au plaisir •déjà Galien regardait ces plantes comme aphrodisiaques . C'est avec elle qu'on fait une excellente liqueur de table , des dragées et des pastilles stimulantes. Les menthes sont des plantes très-anciennement connues. Célébrées dans la mythologie , elles furent dès la plus haute antiquité estimées fort utiles. Elles sont avantageuses lorsqu'il faut ranimer le système nerveux , l'impression fortifiante qu'elles portent sur l'estomac est transmise à tout l'organisme. On les emploie dans les flatuosités, dans les vomissemens spasmodiquesetl'hypochondrie. Autrefois on les faisait entrer dans l'assaisonnement des pâtés, mais aujourd'hui qu'on a si fort raffiné sur les plaisirs de la bouche et que les aromates exotiques ne sont pas trop acres pour satisfaire la sensualité, ces plantes sont reléguées dans le bœuf à la mode , où les cuisiniers en mettent quelques feuilles pour donner de la saveur et du ton à l'estomac. L'école de Salerne regardait la menthe comme stomachique , témoin le vers suivant :
Nunquam lenta fuit stomacho suceur rere mentha.
Les menthes contiennent un principe astringent , du camphre découvert par Gaubin et retrouvé par Proust. On le trouve en plus grande quantité dans la plante sèche que dans celle qui est fraîche.
La menthe sauvage , sisymhrium , qui , au rapport de Varron , devait son nom à une courtisane célèbre , était aussi souvent désignée sous le nom de corona Veneris-, les jeunes gens ne manquaient pas de la mêler aux couronnes , dont ils se paraient dans les orgies galantes.
MEREY. Dans la province de Carthagène on donne à cet arbre le nom de merey, caraco H dans celle de Casanare. Toutes ses parties sont utiles ; son fruit est savoureux , sa couleur et sa forme sont celles d'une pomme , excepté qu'il y a au dehors du coté opposé à la queue , un pépin de la grosseur d'une amande. Le suc du fruit acquiert en fermentant le goût et la couleur du vin. Le pépin extérieur, lorsqu'il est rôti, a la saveur de nos amandes, mais il est très-caustique quand il est cru. ïUÉiiic iscïi. Fruit exquis des Indes orientales, produit
ar un petit arbre. 11 y en a de deux sortes. L'une ressem-
le à la vigne ; son fruit est de la grosseur d'une petite orange, rond et de couleur verte. Dans sa maturité il est mou. Sa chair est blanche et contient une semence blanche. Ce fruit est agréable et rafraîchissant.
MERISIER ( Prunus avium , L. ). On l'appelle aussi grand merisier des bois , parce qu'il vient spontanément et qu'il s'y élève de trente à quarante pieds. Il y en a plusieurs
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variétés , qui diffèrent surtout par leurs fruits , connus pour la plupart sous le nom de guignes , de bigarreaux , etc. Cet arbre diffère du cerisier par son élévation , par ses feuilles , ses fleurs et ses fruits , qui sont petits , ovoïdes , d'un rouge foncé noirâtre , de saveur douce dans leur maturité et acre ou amère avant cette époque -, la chair en est ferme et peu abondante.
Son utilité a fait mettre cet arbre qui vient dans les forêts de la Suisse , au rang des premiers arbres forestiers ; son bois sert à faire de très-bons ouvrages. Le fruit est calmant, rafraîchissant , même un peu laxatif. Dans les campagnes , on le fait sécher, on le mange avec du pain , après l'avoir fait cuire , ou en soupe; on en fait aussi des compotes. Ce fruit est blanc , jaune , rouge ou noir, selon la variété de l'arbre qui le produit. Le plus commun est le rouge et le noir, celuici colore en noir les déjections des personnes qui en mangent. Par la fermentation vineuse , on en obtient un vin agréable , mais difficile à conserver. C'est avec ce vin , distillé aussitôt après la fermentation et avec les noyaux concassés , qu'on fait le kirschivasser alcool marquant vingt-huit degrés , aussi transparent que l'eau la plus limpide , de saveur fort agréable, tonique et stomachique , pourvu que l'estomac puisse s'en accommoder. C'est surtout dans les montagnes de l'Alsace , de la Franche-Comté , en Suisse et en Souabe, qu'on distille le plus de cette liqueur. La meilleure se prépare avec la merise sauvage.
MEllLAN (Gadus merlangus, L. ). L'étymologie de ce nom qu'on trouve aussi écrit merlane, merlang, est française ; cependant , si l'on en croit Ménage , de lutins maris on a fait merlus et de celui-ci merlan. Quoi quil en soit , c'est un poisson du genre gade , qu'on pêche abondamment sur nos côtes. Il a un pied et plus de longueur , sa couleur est argentine sous le ventre et les flancs , nuancée de vert olive , plus ou moins foncée sur le dos ; son foie est volumineux. Il y a plusieurs variétés de ce poisson. Il habite la Manche et la Baltique , il se nourrit d' anchois , de crevettes , de goujons et autres petits poissons. A Dunkerque , c'est un des principaux objets de pêche, en décembre, janvier et février. Ce poisson est alors gras et ferme ; il commence à avoir des œufs et de la laite vers la fin d'octobre. Il n'y a pas de chair plus saine que celle-ci; elle est friable, tendre, légère et sans viscosité ; elle pèse si peu sur l'estomac , qu'on dit proverbialement, que le merlan pèse autant et plus porté à la main, ou à la ceinture que dans l'estomac , et selon Richelet , que ce poisson est viande de laquais et de postillon , ce qui signifie qu'il n'empêche pas de courir. On prescrit cet aliment même aux convalescens. Le merlan est