‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 269 sur 407 · MOUTON · texte numérisé non relu

MOUTON

odeur. Elle convient aux tempéramens phlegmatiques , à certains vieillards. Les jeunes gens , les personnes disposées aux phlegmasies doivent s'en abstenir. Murray dit avoir éprouvé sur lui-même que ce condiment porte à la gaîté. L'usage de la moutarde est fort ancien; elle a eu des enthousiastes , parmi lesquels on cite le pape Clément YII ; Valérius la met au dessus du nectar et de l'ambroisie. Aujourd'hui comme chez les anciens, elle est en quelque sorte une plante potagère , dont on mange les feuilles en salade ou cuites à la manière des choux. C'est surtout en été qu'on en fait un grand usage. La moutarde d'Egypte était fort renommée dans lantiquité. A la Chine on mange une espèce de moutarde (Simapis chinensis, L.) dont la culture produit plusieurs variétés. Malgré l'âcreté des semences de la moutarde noire, qui est émulsive , on en retire , par expression à froid i une huile adoucissante et relâchante , ce qui surprit fort Boërhaave.

mouton ( Vervex, 0«»«).-£eul, cet animal suffit aux besoins de la vie en ce qu'il fournit à l'alimentation et au vêtement. On dit que les moutons sont sensibles aux douceurs du chant , qu'ils paissent avec plus d'assiduité , qu'ils se portent mieux , qu'ils engraissent au son du chalumeau , que la musique a pour eux des attraits ; mais on dit avec plus de fondement qu'elle sert au moins à charmer l'ennui du berger. Ces animaux se nourrissent de végétaux , vivent en troupes , plus ou moins nombreuses , habitent de préférence les pays élevés. L'Atlas en nourrit une espèce différente. Les montagnes de la Sibérie et du Kamtschatka en renferment une autre ; une dernière espèce a été découverte depuis peu dans le Canada. Toutes les races de moutons domestiques produisent entr elles ; le bélier n'a quelque courage qu'à 1 époque du rut ; la femelle ou brebis n'a qu un faible attachement pour la progéniture. Les agneaux paraissent doués d'un sentiment un peu plus fin, puisqu'ils reconnaissent leur mère au milieu d'un troupeau. Ils savent à peine trouver leur nourriture. Les produits des moutons, dont l'homme tire un si grand avantage, sont la chair, le lait , la peau et surtout la laine .qui sert au vêtement ; la graisse dure et solide ou suif sert a 1 éclairage , entin leurs excrémens engraissent les terres. La saveur de la chair de mouton varie beaucoup suivant les différens pays. En France c'est dans le Berry qu'il y en a le plus. Ceux des environs deBeauvais sont les plus gras et les plus chargés de suif , leurs extrémités en sont garnies. Les meilleurs sont ceux des côtes sablonneuses des provinces maritimes. En France il n'y a que des moutons blancs , bruns , noirs et tachés. En Espagne on en trouve de roux , en Ecosse de jaunes , ce qui doit être attribué à la différence de la nourriture et à l'influence du climat,

MtîCIUGE. 451

La chair de mouton est succulente et la meilleure de toutes les viandes communes. En France, dans la partie méridionale, elle est excellente ; aussi un ancien proverbe du pays dit chair de mouton f manger de glouton. La chair de ceux qui se nourrissent sur des prés salés , sur un terrain sec et dans lequel abondent des plantes aromatiques , telles que le serpolet , le thym, etc., acquiert une saveur des plus agréables; tels sont ceux de Dieppe , connus sous le nom de prés-salés. En Italie les meilleurs sont ceux de Pistoie ; en Espagne ils sont aussi fort délicats. Cette chair convient en général à tous les âges , à tous les tempéramens, et surtout en été-, c'est un des premiers alimens qu'on puisse permettre dans les convalescences.

Le jeune mouton , modérément gras, nourri dans un air pur et dans de bons pâturages, peut être mangé rôti ou bouilli. Cette chair nourrit bien , mais moins que celle du bœuf. On sait qu'en Angleterre, il y a des boxeurs qu'on nourrit de manière à les rendre forts et agiles. Ripshan , geôlier d'Ipswich, élevait un athlète , nommé Lumphrus , que l'on pesait chaque jour. On lui donna d'abord pour principale nourriture du bœuf rôti, mais on s'aperçut bientôt qu'il devenait trop gras, et Ion fut obligé de substituer au rôti de bœuf la chair de mouton, qui réussit à diminuer son embonpoint.

En Angleterre , on propage actuellement une espèce de mouton d'Afrique à large queue. Cette espèce est très-précieuse , non seulement à cause de sa laine , mais aussi de son excellente chair. La queue surtout , qui a huit à dix pouces de largeur est un aliment fort estimé.

Il y a au Cap de Bonne-Espérance une quantité prodigieuse de moutons ; leur chair est excellente ; leur queue , comme celle des moutons de Madagascar, est souvent large de plus d'un pied, et pèse de quinze à vingt livres. Cette espèce se trouve aussi en Perse , dans la Tartarie , dans la Syrie T en Barbarie , dans l'Ethiopie, etc.

Mouton. Deux agarics portent ce nom selon Paulet. Le premier est le petit mouton , le second le mouton zone. On les mange dans quelques pays , quoique fort dangereux , surtout le premier, appelé , à cause de ses mauvaises qualités , morton et r a/fouet.

mucilage ou MUQUEUX {Mucilago ). Substance végétale , douce, de nature visqueuse et nourrissante, de saveur fade et filante , contenue dans presque tous les végétaux , surtout dans les jeunes plantes. En séchant, le mucilage se concrète et prend le nom de gomme ; il est plus abondant dans les racines et les semences que dans les autres parties des végétaux. Plus il est visqueux et abondant, plus il est de difficile digestion :

Page 1