‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 272 sur 407 · MURÈNE · texte numérisé non relu

MURÈNE

ment dans l'estomac , et sont de difficile digestion , lorsque ce Viscère est faible ou relâché. Elles sont fort venteuses. Horace nous apprend que les Romains mangeaient ce fruit à la fin des repas ; ils faisaient une différence entre les mûres d'Ostie et celles de Tusculum. Les meilleures sont les noires ; parvenues à leur parfaite maturité, elles sont alors juteuses, mais elles ne doivent pas avoir été touchées par les insectes. Il faut les cueillir avant le lever du soleil, parce que les araignées et autres insectes couvent dessus pendant le jour , les piquent , s'en nourrissent et y déposent leurs œufs. Avec ce fruit, on pourrait faire une espèce de vin, mais qui ne se conserverait pas. Les marchands emploient parfois ces fruits pour colorer leur vin. Les oiseaux qui s1 en sont engraissés ont une excellente chair -, c'est ce qu'on observe principalement dans les merles.

Mure sauvage {Rubus fruticosus , L. ). Arbrisseau épineux , qui produit un fruit rouge et âpre avant sa maturité , mais qui devient noir, de saveur douce et agréable étant mûr. Il est rafraîchissant ; on en fait aussi un sirop.

ML'RÈNÇ (Mnrœna helena , L. ) MURÈNE DES ANCIENS. Pois-

son qui vit dans la haute mer et qu'on trouve cependant près des rivages. Sa longueur a plus de trois pieds et approche beaucoup de la forme de l'anguille , quoique son corps soit plus large, son museau plus allongé, comprimé et terminé en pointe aiguë; l'ouverture desa gueule esttrès grande, sa peau est lisse, sans écailles , marquetée différemment dans le mâle et dans la femelle. Ce poisson se tient caché pendant les grands froids clans les crevasses des rochers sous-marins. Il se nourrit de poissons et d'autres chairs. Dans la Méditerranée, il n'est pas rare d'en trouver du poids de trente livres. Pline dit que l'orateur Hortensius pleura la mort d'une murène qu'il aimait beaucoup. Macrobe rapporte que Crassus en avait une, tellement familière , qu'au son de sa voix elle venait manger dans sa main, et qu'il en porta le deuil lorsqu'elle mourut dans la piscine qui était dans sa maison. Ce poisson se péchait surtout près de la ville de Tartèse, à l'embouchure du fleuve Bœtis. On le trouve abondamment sur les côtes d'Afrique , aux Antilles , au Brésil , dans l'Inde et particulièrement sur les côtes de la Sicile , comme nous l'apprend Martial ;

Quœ natat in siculo grandis tnurœna profundo.

Selon Rondelet , les pêcheurs craignent beaucoup la morsure de ce poisson , qui est vénéneuse et fort dangereuse ; ils ne le touchent qu'avec des pinces. La chair de la murène esl blanche , ferme , d'un goût agréable , nourrissant comme l'anguille et se digérant bien , pourvu qu'on n'en mange pas avec excès; elle serait encore plus agréable si elle n'était pas remplie d'arêtes courtes et recourbées. Les Romains aimaient

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