MUSC
beaucoup ce poisson ; l'histoire rapporte que Vidius Pollion , ami d'Auguste et de plus fort gourmand , croyait que les murènes nourries de chair humaine, étaient un aliment d'un goût plus délicat ; aussi faisait-il jeter dans les piscines où il les nourrissait , les esclaves accusés des plus légères fautes. L'empereur Auguste mangeant chez Pollion, un esclave cassa par mégarde un plat précieux ; Pollion en fureur , lui cria , aux murènes mais Auguste , révolté de cette cruauté , fit casser toute sa vaisselle précieuse et donna la liberté à l'esclave.
Le père Dutertre dit avoir remarqué une chose très-particulière dans les murènes , aux Antilles ; c'est le renversement de la grande arête : tandis que les arêtes qui dans tous les poissons sont penchées vers la queue , sont dans ceux-ci rebroussées vers la tête , ce qui fait que toutes leurs forces sont réunies au bout de la queue.
murtilla (appelé iigni par les Indiens, lucet , muscat par les Français). Arbuste du Chili , du genre des myrtes , de la hauteur de quatre pieds ; ayant beaucoup de ressemblance avec le myrte de Tarenle.- Il porte des fleurs blanches à cinq pétales ; le calice qui devient ensuite une baie ronde ou ovale est de la grosseur dune prune , de couleur rouge , couronnée de quatre points verts comme la grenade ; Y odeur de ce fruit est aromatique. Au Chili on tire de ses baies un vin de liqueur fort agréable et d'un parfum singulier : ce vin ne se clarifie que lentement et Ton peut alors le conserver longtemps.
MUSC (Moschusmoschi férus, L.). L'animal qui produit cette substance est de la grosseur d'un petit chevreuil , avec lequel il a de la ressemblance. Son élévation est à peu près de deux pieds. Il semble né pour les bois , les forêts et la vie sauvage ; il se nourrit principalement d'herbes et de racines ; le mâle porte une espèce de bourse , dans laquelle est une liqueur grasse, qu'on nomme aussi musc. Il y en a de plusieurs sortes qui diffèrent suivant l'âge et la latitude, plus ou moins septentrionale des chaînes de montagnes qu'ils habitent. On les trouve clans les royaumes de Boutan , de Tunquin , à la Chine et en Tartarie. Le meilleur musc est , selon Thiemann, celui de Tunquin ; celui de la Sibérie lui est inférieur , son odeur est plus faible et analogue à celle de la sueur des chevaux. Les Grecs ni les Romains ne le connurent pas. Les Arabes en firent mention dans le huitième siècle. Les caractères chimiques les plus certains d'un musc de bonne qualité sont de se dissoudre dans l'eau bouillante, jusqu'aux trois quarts de son poids; il faut que sa dissolution puisse être précipitée parles acides et notamment par l'acide nitrique , jusqu'à devenir presque incolore et