‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 276 sur 407 · S8 MYRTE · texte numérisé non relu

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irritables que les nôtres, ou qu'ils préparaient ce vin dune manière qui nous est absolument inconnue.

myrte (Myrtus communia, L.). Cet arbrisseau retient encore son nom grec , ce qui fait croire qu'il est originairement étranger à l'Italie ; cependant il y avait déjà des myrtes au lieu où fut fondé Rome. 11 y eut pendant long-temps devant le temple de Romulus deux myrtes sacrés , l'un appelé patricien , l'autre plébéien. Le myrte commun est le seul qui croisse dans les contrées méridionales de l'Europe ; il se distingue par ses feuilles ovales , lancéolées , aiguës et par ses fleurs axillah es , solitaires et blanches. Ses baies sont pourprées, noirâtres et couronnées par les dents persistantes du calice. La verdure perpétuelle de Y arbrisseau et lodeur suave qu'il répand, Tout fait consacrer à divers usages religieux. Les Hébreux en portaient des branches dans la fête des tabernacles ; les Grecs le consacrèrent à Venus. Selon les poètes il n'était pas moins agréable à Minerve qu'à la déesse de Cythère. Une des trois Grâces était représentée avec un bouquet de myrte à la main , et Erato , qui présidait aux poésies amoureuses , en portait une couronne.

Pline dit que chez les anciens, avant la découverte du poivre, les baîes de myrte en tenaient lieu, et que même on en faisait un excellent ragoût appelé myrtatum . On faisait aussi entrer ces baies dans les meilleures sauces. Le myrte est fort astringent.

On préparait , dit-on , avec les fruits du myrte une huile et un vin qu'on nommait mjrtidannm. Les baies ont une saveur aromatique et piquante , on ne s'en sert plus pour en assaisonner les alimens. Cet arbrisseau vit très long-temps ; il en existe dans le midi de l'Italie et de la Sicile , qui ont plusieurs siècles ; il aime les lieux maritimes , c'est la raison pour laquelle, dit-on, il fut consacré à Vénus.

Myrte musqué (Myrtus ugni, L.). Arbrisseau de la hauteur de trois à quatre pieds ; il croît naturellement dans le Brésil. Les fruits , dune odeur aromatique, servent à faire un vin fort agréable , excellent , stomachique et préféré par les étrangers aux meilleurs vins muscats. Les Indiens des parties méridionales du Canada, font plus de cas de l'infusion de cette plante, que de celle du meilleur thé. Ils la boivent par plaisir et la croient utile à la santé ; elle réjouit le cœur, rétablit et fortifie l'estomac , dégage le cerveau et met du baume dans le sang. Le père Feuillée rapporte que les naturels du pays pressent ce fruit pour en exprimer le suc , qu'ils mêlent avec de l'eau , à laquelle il donne une belle couleur .rouge et le boivent pour se rafraîchir.

Myrte piment [Myrtus pimenta , L ). Grand arbre dont les feuilles ressemblent beaucoup à celles du laurier ; il est origi-

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naire de la Jamaïque. Ses ^baies fournissent une espèce d'aromate qu'on nomme toute épice , piment , ou poivre de la Jamaïque. Réduites en poudre , elles se vendent sous le nom de poudre de clous de girofle : en Angleterre on en assaisonne certains alimens.

A Ceylan on mange les baies du Myrtus cariophyllata de Linné. On trouve aussi cet arbrisseau aux Antilles; son écorce roulée comme la cannelle est grisâtre , son odeur et sa saveur sont assez analogues à celles des clous de girofle ; ses propriétés sont presque aussi stimulantes et échauffantes.

Myrte luma {Myrtus luma) . Cette espèce diffère du myrte commun par sa tige , qui s'élève à plus de quarante pieds. Ses feuilles sont presque rondes ; cet arbre croît au Chili. Les Indiens font avec ses baies une sorte devin agréable.

MYRTILLE [Vaccinium myrtillus, h.). Nom commun qu'oïl

donne à plusieurs plantes. Celle-ci est distinguée par ses baies que tout le monde connaît et qu'on mange fraîches ; on les emploie aussi dans la pâtisserie. Leur saveur étant un peu acre et stiptique , on les sucre. Suivant Seheeles , elles contiennent des acides malique et citrique , du sucre , de la gomme , de l'acide pectique et un peu d'albumine végétale. Le suc a moins de tendance à fermenter que celui des autres baies ; leur enveloppe contient beaucoup de matière colorante bleue , qui passe au rouge par l'action des acides , au vert par celle des carbonates et au brun par celle des alcalis. Cette matière colorante n'est pas détruite par la digestion , car on l'observe dans les urines et dans les déjections alvines , qui en sont colorées. Ces baies se mettent aussi dans les viandes pour leur donner du goût ; on les confit au sucre ; enfin on en fait une confiture , qui est pour les gens de campagne une ressource.

En Allemagne on en colore les vins et on en retire de l'eaude-vie.

NAGOR. Quadrupède de l'espèce des gazelles , de la grandeur d'un chevreuil. Sa couleur est d'un roux pâle ; il court très-vite. On le trouve dans l'intérieur des terres du cap de Bonne-Espérance , où il se nourrit de grains, d'herbes et d'écorces d'arbres ; sa chair est un aliment délicat , nourrissant bien et se digérant facilement.

NAM-dée. Nom cochinchinois d'un champignon qu'on croit être Yagaricus deliciosus; on en fait usage pour la table. On le trouve aussi en Chine , où il est appelé hiam-wueni.

NANDU ou AUTRUCHE DU MAGELLAN ÇRhea americana). Oï-

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seau qui habite l'Amérique et principalement les terres m agellaniques; il a beaucoup de rapport avec l'autruche d'Afrique et de l'Asie. Quoique privé de la faculté de voler, il est si léger à la course, que les chiens les plus alertes ne peuvent l'atteindre. Son naturel est simple et innocent , il n'attaque point les autres oiseaux. Les Américains se servent de ses grandes plumes pour en faire des parasols , des panaches et autres ornemens; ils nourrissent dans les maisons déjeunes nandus, qui deviennent aussitôt familiers. Comme l'autruche , cet oiseau avale des pièces de monnaie, des morceaux de métal et parfois de petites pierres. La chair des jeunes nandus est tendre et de bon goût ; ses œufs sont lisses, d'un blanc mêlé de jaune , également gros aux deux bouts, on les emploie surtout dans la pâtisserie.

NANKO et NANKA. Espèce de jacquier ou arbre à pain , (Artocarpus) , qui croît à Sumatra. Les habitans en font rôtir les graines, qui sont nutritives , mais fort venteuses.

nanna. Plante d'Amérique , dont le fruit a beaucoup de ressemblance avec l'artichaut et dont la chair approche pour le goût , de celui d'une poire très-succulente , de saveur délicieuse. Ce fruit est rafraîchissant.

NAPIE GLABRE (Napela levis , L.). Plante originaire de la Virginie. Quoique peu cultivée, elle mérite de l'être; ses jeunes feuilles, cuites comme les épinards, fournissent un bon aliment, doux, mucilagineux, de saveur agréable et convenant aux personnes sujetes aux constipations.

NARCISSE SAUVAGE {Narcissus alhus tubo luteo). La tige de cette plante est haute d'un pied; sa fleur est remarquable par le limbe intérieur de sa corolle , aussi grand que l'extérieur, frangé en son bord , de couleur jaunâtre. Ce narcisse est fort commun dans les bois. Sa racine bulbeuse peut servir à l'alimentation, car toutes les racines bulbeuses connues sous le nom d'ognon, dont les tuniques sont emboitées les unes dans les autres et forment une substance d'un blanc mat , charnu et très-dense, [contiennent de l'amidon et un mucilage qui donnent à l'eau une fluidité huileuse , nouvelle preuve de la qualité essentiellement alimentaire de ces graines.

NARD INDIEN (Andropogon nardus). Plante de la famille des graminées, dont les habitans de Java font un grand usage pour assaisonner les viandes et les poissons. Ils se servent de préférence de la racine , dont l'odeur est fort aromatique et agréable.

NARINARI ( Raja narinari artedi ). Poisson des mers du Brésil, ainsi que de celle qui baigne les côtes limoneuses de la Guyane. Ce peuple lui donne le nom de raie chauve-souris; sa çha)r a pu excellent goût, nourrit bien , mais pèse et fatigue.

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