‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 277 sur 407 · NAVET · texte numérisé non relu

NAVET

les estomacs faibles. Selon Margraave, un seul dé ces poissons peut nourrir quarante personnes.

NARWAL VULGAIRE {Monodon monoceros , L.). Mammifère du genre des cachelots , se précipitant sur tout ce qui lui fait ombrage , et devenant furieux contre l'obstacle le plus léger. Il habite le milieu des glaces de l'océan polaire. Ce géant des ondes affronte tout, brave tout, recherche le carnage, attaque sans provocation, combat sans rivalité et tue sans le moindre besoin. Sa tête est grosse et d'un volume à peu près égal au quart de sa longueur. De chaque côté de sa mâchoire il sort une dent très-longue, étroite, conique, se terminant en pointe fort aiguë; cette dent est cannelée en spirale dans toute sa longueur ; les Groënlandais en font des flèches pour la chasse et des pieux pour leurs cabanes. L'ouverture de la gueule de ce cachalot est très-petite , eu égard à la masse énorme de son corps ; son dos est convexe et large , ses nageoires pectorales sont très-courtes et fort étroites; l'eau que ce cétacé jette par l'é vent s'élève à une très-grande hauteur. On retire du narwal vulgaire une huile que l'on préfère à celle de la baleine franche. Les Groënlandais aiment beaucoup la chair de cet animal , qu'ils font sécher en l'exposant à la fumée; ils regardent ses intestins comme un aliment délicieux, qui ne serait certes pas de notre goût.

nas (Cyprinus nasus ,L). Poisson qu'on nomme en Allemagne nasen, en Italie savetta et à Ferrare sueta. On le trouve dans le Rhin, le Danube et dans plusieurs fleuves d'Italie. Il a d'un pied à un pied et demie de longueur; il nage par troupes au mois d'avril; un pêcheur en prend parfois deux ou trois mille dans une nuit; sa chair est meilleure au mois d'août; cependant elle n'est pas ferme, et contient beaucoup d'arêtes, surtout vers la queue; aussi préfère-t-on la partie de la tête jusqu'à la nageoire dorsale.

navet (Brassica napus, L.). Sa racine est charnue, sa saveur douce. Il y en a de différentes formes , grosseurs et couleurs. Les feuilles sont oblongues, d'un vert foncé, les fleurs sont jaunes ou d'un blanc jaunâtre. On en distingue plusieurs variétés; lespetils sont les plus estimés parce qu'ils ont un excellent goût. A Paris , ceux de Fréneuse , de Vaugirard etc. ,sont estimés , ils sont petits et sucrés. Cette racine contient un mucilage sucré, uni cependant à beaucoup d'eau ; elle a un principe actif, qui se trouve dans toutes les plantes crucifères ; il réside dans l'écorce plus que dans la pulpe. Le navet laisse dégager dansj'estomac et les intestins beaucoup de gaz dont l'odeur est celle de l'hydrogène sulfuré. Celte racine n'est pas encore parfaitement connue quant à sa composition. Son suc a beau- Coup d'analogie avec celui de la betterave ; quand on le fait

/M NAFALEH.

bouillir il se coagule et dépose de l'albumine végétale. Récerc-' ment exprimé il est incolore , mais il brunit par révaporation et forme un sirop qui dépose peu à peu des grains cristallins de sucre. Selon Drapier , on peut en obtenir jusqu'à neuf pour cent du poids de sa racine. Parmi les variétés de navets les principales sont : le navet ordinaire , la rabioule , grosse rave ou turneps , dont la racine est plus grosse , arrondie , ferme etc. De la graine de navets on extrait par expression une huile bonne à brûler. Ce légume se mange en soupe , en sauce blanche, à la moutarde ; on le frit , il se marie bien avec les viandes, surtout avec le mouton et le canard. On croit qu'il augmente le lait , qu'il est aprhodisiaque, etc.. 11 est utile dans les affections de la gorge et des poumons ; les mélancoliques se trouvent bien de son usage; mais il est venteux.

navet jaune de fkise. Cette espèce est originaire de la Frise ; elle est de la grosseur d'un œuf de dinde , arrondie et aplatie par dessus ; sa couleur est d'un jaune foncé , sa saveur est plus agréable que celle des autres navets , et il est plus nourrissant. En Hollande il se vend plus cher que les autres espèces.

nawa. Espèce de palmier de l'île d'Amboine ; les habitans extrayent de ses spalhes un suc , dont par la fermentation ils retirent une liqueur vineuse ou qu'ils laissent épaissir en sucre.

NAWAGA (Gadus callarias , L.). En Angleterre god-fisch \ en Suède sma-torslt ; poisson commun dans la Baltique et fort rare dans l'Océan. Il est long d'un pied. Sa peau paraît lisse, parce que ses écailles sont peu sensibles à la vue ; sa gueule est très- fendue et terminée en pointe , sa langue est comme argentée. La couleur générale de ce poisson est d'un roux obscur, prenant une teinte blanchâtre vers le ventre. Le nawaga ne vit point dans l'eau douce, il conserve sa voracité lors même qu'on l'enferme dans un vivier où il se nourrit de petits poissons. Sa chair est délicate quand elle est fraîche , elle se divise en cuisant par lames comme fait celle du saumon , mais elle est de plus facile digestion.

NECTAR. Chez les anciens on donnait ce nom à un breuvage digne des dieux ; aujourd'hui que les hommes se croient semblables aux dieux , ils ont voulu en user et en conserver le terme : aussi appellent-ils ainsi , tout vin , toute liqueur d'un excellent goût et cjui restaure , pourvu qu'on n'en abuse pas. Nectar se dit aussi d'un suc végétal , dont l'odeur et la saveur sont exquises ; dans certains végétaux on trouve beaucoup de ce suc mielleux sur les nectaires , qui sont les organes de la sécrétion du miel.

MFALEH {Salmo œgyptius , Gml.). Poisson du Nil, qui

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