‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 278 sur 407 · NÉG01L · texte numérisé non relu

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parfois pèse jusqu'à cent livres ; sa chair approche pour la saveur et pour les propriétés alimentaires de celles du saumon, aussi l'estime-t-on beaucoup dans le pays.

néflier [Mespilus germanica , L.). Dioscoride n'a parlé que de deux espèces de néfliers ; on en connaît aujourd'hui plusieurs variétés. Les principales sont le néflier à gros fruit, celui à fruit sans noyaux , celui à fruit précoce et le néflier à fruit allongé. L'arbre est de la famille des Légumineuses. Ses feuilles sont grandes , à peu de chose près, comme celles du laurier , mais articulées et blanches en dessous. Le calice devient un fruit de la grosseur d'une très-petite pomme , presque rond , rougeâtre quand il est mûr , charnu et terminé par une couronne. La nèfle avant sa maturité a une saveur tellement acerbe et astringente, qu'on ne peut l'approcher des dents sans les agacer ; elle ne mûrit point sur l'arbre ; on la ceuille en automne et on la met sur de la paille , où avec le temps elle s'amollit au point d'approcher de l'état de pourriture ou blettissement, et ce n'est qu'alors qu'on peut la manger. Sa saveur devient douce, vineuse et fort agréable ; cependant elle n'est pas du goût de tout le monde, étant d'ailleurs de difficile digestion; enoutre elle constipe et occasione des vents; onne doit en manger que sobrement. Dans plusieurs pays on la fait cuire avec du miel et de la cannelle , ce qui la rend stomachique. Elle fait cesser l'ivresse , est astringente, plaît à l'estomac et arrête le vomissement et le cours de ventre. On doit la choisir grosse, pulpeuse et bien mûre. Gomme les nèfles commencent à mollir par le cœur , il arrive souvent que cette partie est pourrie avant que l'extérieur soit en état d'être mangé. Pour prévenir cet inconvénient, on doit les secouer dans un vase pour en meurtrir le dessus, qui alors s'amollit aussi promptement que l'intérieur.

NÉFLIER DU JAPON [Mespilus japonica , Thunb.). Ses liges

sont élevées , ses branches forment une tête étalée , ses rameaux sont cylindriques , cotoneux , ses feuilles*oblongues , lancéolées , presque luisantes en dessus , cotoneuses et rougeâtres en dessous ; ses fleurs sont blanches , ses fruits sont de petites pommes ovales , jaunâtres , de la grosseur d'une cerise , de saveur acide et divisées en cinq loges contenant chacune deux graines ; on mange ces traits au Japon et à la Chine pour se rafraîchir.

i\ÉGOIL ou NÉGLEil. Poisson de mer qu'on nomme ainsi à cause de ses yeux grands et noirs ; à Marseille on lui donne le nom (ïohlado, à Rome ochi%do , à Nice oblada ; il est fort commun dans tous ces pays , ainsi qu'à Livourne et à Naples ; pris dans les eaux claires, sa chair a une saveur agréable et qu'on digère facilement,

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NÉGUS DES anglais or cup. La meilleure liqueur appelée ainsi , se fait de la manière suivante : vin de Xérès ou de Madère , une livre ; cidre , deux livres ; poiré , une livre ; citron pilé , coupé en tranches , un ; muscade râpée , douze grains ; sucre en poudre , quantité suffisante. On trempe dans cette liqueur de la croûte de pain grillée et bien chaude ; c'est un stomachique qui ne convient point aux jeunes gens , aux tempéramens chauds, secs et irritables. Cette liqueur est fort usitée en Ecosse où il s'en fait de forte et de faible.

neige ( Nia; ). Vapeur aqueuse , congelée dans l'atmosphère. Autant l'eau de neige est salutaire anx végétaux et aux opérations des arts , autant elle est nuisible en boisson. Surtout dans le Tyrol et le Valois , où ceux qui en font usage sont attaqués de goitre; peut-être aussi la nature de l'air y contribue - 1 - elle , puisque M. Bourgeois a observé que parmi les habitans situés sur] les montagnes de la Suisse , qui n'ont souvent pendant l'hiver que l'eau de neige pour boisson , on n'y trouve personne affecté de goitre ou d'enflure de la gorge. Les Annales de chimie et de physique contiennent des articles sur les neiges colorées en rouge), observées par Saussure sur les Alpes, et par les capitaines Ross et Sabine , à la nouvelle Shetland du Sud. Aristote et Pline en avaient déjà parlé , et on en voit constamment de telles sur le mont Saint-Bernard ; la couleur pénètre de deux à trois pouces. M. Baver l'ayant examinée au microscope , croit qu'elle doit cette couleur à un très-petit champignon du genre uredo. M. Peschier, ayant fait l'analyse de la neige rouge des Alpes, en a attribué la couleur à deux causes : 1° à l'oxide de fer très-divisé ; *P à un principe végétal résineux, ayant une couleur rouge orangée , appartenant selon toute apparance à quelques cryptogames de la famille des algues et des lichens. Quoi qu'il en soit, la neige jouit des propriétés toniques de la glace et peut être employée aux mêmes usages.

ivelma. Poisson des rivières de la Sibérie-, il ressemble beaucoup au saumon ; il pèse parfois jusqu'à soixante livres. Sa chair vaut celle de ce dernier et jouit des mêmes propriétés alimentaires.

NELUMBO ÉLÉGANT [Nelwmbo indica, Poiss.). Fève d'Egypte, lotus rose par Athénée, lis du Ml. C'est de toutes les plantes aquatiques la plus remarquable par la beauté de ses fleurs, qui ressemblent à de belles roses pourpres, quelquefois presque blanches, d'une odeur très- agréable. Le fruit est un guêpier et contient jusqu'à trente fèves. Cette belle plante s'est attirée l'attention des peuples , chez lesquels elle croît. Les Egyptiens l'ont presque divinisée et Font placée sur la plupart de leurs monumens. On en mange les feuilles, les ra-^

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cines et les semences ; ces dernières valent nos amandes. Les Chinois regardent le nélumbo comme sacré ; ils le nomment îieii'wha.Èn été ils coupent la racine par tranches qu'ils servent avec^de la glace. On la confit aussi au sel et au vinaigre pour la manger en hiver.

NENUPHAR BLA\C ou LIS D'ÉTANG (Nymphœa alla, L.). Plante à racines charnues , très-longues et fort épaisses et qui croît dans les étangs et les rivières peu rapides. On la reconnaît à ses grandes et belles fleurs blanches , dont les pétioles sont plus longs que le calice, surnageant dans l'eau, ainsi que ses grandes feuilles orbiculaires. Ces fleurs ont eu de la célébrité à cause de leur beauté. Les racines se mangent encore en Egypte, malgré leur saveur peu agréable. Les semences servaient à faire une espèce de pain , qui était défendu aux prêtres. Selon Pallas , ces racines féculentes servent encore aujourd'hui à la nourriture des Tartares. En Suède les semences du nymphœa jaune entrent avec l'écorce du pin dans la confection d'une mauvaise galette, ressource du pauvre. La plante a été regardée comme anti-aphrodisiaque. L'analyse faite par M. Morin prouve qu'on doit la placer parmi les toniques, et que sa racine contient de l'amidon , du muqueux, une combinaison de tannin et d'acide gallique, une matière végéto-animale , de la résine et une matière grasse , du sel ammoniacal, etc. , principes qui la rendraient plutôt aphrodisiaque.

neug. Petit grain sec et dur qui , après le froment et le teff, est celui qu'on estime le plus en Abyssinie. On le vend aussi cher que les deux premières espèces ; il coûte le double lorsqu'il est rare. On le mêle avec du teff ou de l'orge pour en faire du pain.

N1GELLE DE DAMAS (Nigella saliva). Plante cultivée dans le Saïd , en Egypte. Les habitans font une grande consommation de sa graine connue sous le nom d'abésodé. Ils en saupoudrent le pain et les gâteaux , pour les rendre d'un goût plus agréable , après l'avoir torréfiée, moulue, mise en pâte et mélangée avec l'ambre gris , le musc , le bézoard , la canelle, le gingembre et le sucre. Celte graine sert aussi à faire une conserve, à laquelle les femmes attachent un grand prix, comme étant aphrodisiaque et donnant de l'embonpoint. Cette conserve est plus estimée et plus recherchée que celle qu'on fait avec les roses.

MGHINE (Chloranihis). Arbrisseau originaire de la Chine et du Japon, se multipliant facilement dans les serres. On croit que les Chinois, pour donner aux feuilles du thé une odeur plus agréable, les mêlent avec celles de la nigrine.

NIKA COMESTIBLE Œikaedulis VSfto). Crustacé d'unrougQ

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