‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 283 sur 407 · NOYER · texte numérisé non relu

NOYER

était abondante. Falconercite plusieurs cas où mangées avec excès, les noix ont produit des indigestions mortelles. Vertes et macérées dans Teau-de-vie avec du sucre, elles forment une liqueur, qui prise en petite quantité eststomachique, mais qui ne convient qu'aux tempéramens phlegmatiques et à certains vieillards. On les confit aussi au sucre , elles sont alors agréables , nourrissantes et aphrodisiaques. Les noix contiennent une substance farineuse propre à faire du pain , mais il faut les griller auparavant. Il y a dans V Amérique septentrionale trois espèces de noyer, dont les fruits servent à faire du pain, savoir : le noyer de Virginie , celui de la Louisiane ou pacanier (Juglans olivœ for mis ) et le blanc. M. Banon , pharmacien à Toulon a été le premier à retirer du sucre de la sève du noyer. L usage le plus général des noix sèches est d'en extraire de l'huile. Celle qu'on retire sans feu et par expression est préférée par certaines personnes à l'huile d'olive et au beurre pour la friture, ce qui n'est cependant pas du goût de tout le monde ; car par la chaleur, cette huile prend un degré de rancidité extrêmement fort. On peut conserver les noix dans leur fraîcheur par le procédé suivant. Quand elles sont mûres on en remplit un large pot de terre, qu'on enfouit dans un endroit sec d'un jardin ou d'une campagne , après avoir couvert le pot d'un morceau de bois uni, qu'on charge d'un poids lourd. Par ce moyen on peut avoir des noix fraîches jusqu'à la nouvelle récolte.

Le brou de noix contient beaucoup de tannin et d'acide gallique. Le docteur Swédiaur lui a reconnu une propriété antisiphilitique prononcée. Dans certains cas , je l'ai employé avec beaucoup de succès. ,

D'après l'analyse que M. Braconnot a faite du brou de noix, il contient de l'amidon , de la résine verte , une matière acre et amère qui devient brune par le contact de l'oxygène , du tannin , de l'acide citrique et malique , de la potasse , de l'oxalate et du phosphate de chaux.

Noyer pacanier {Juglans pecan). Très-bel arbre de la Louisiane , produisant des noix fort petites , qu'on prendrait d'abord pour des noisettes, dont elles ont la forme , la couleur et une coque aussi tendre ; mais; intérieurement elles sont figurées comme les noix et revêtues d'un brou peu épais. On les mange et on les transporte même dans les grandes villes des États-Unis. Leur goût est infiniment plus délicat que celui de nos noix, etles propriétés sont presque les mêmes. Les Français les recouvrent de sucre. Ce noyer croît lentement et ne donne des fruits qu'après vingt ans ; il craint beaucoup le froid.

Noyer cendré (Juglans cinerea, L.). Arbre qui s'élève parfois à cinquante pieds, On le cultive en France depuis

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long-temps , où il est cependant peu commun. Il croit naturellement dans les parties septentrionales des États-Unis d'Amérique ainsi que dans la Louisiane et le Canada. Sa noix est épaisse , fort oléagineuse , mais devient rance facilement. On ne la mange pas lorsqu'elle est mûre, mais on la confit dans le vinaigre comme les cornichons , lorsqu'elle est encore verie. Plusieurs médecins des États-Unis d'Amérique se sont assurés que l'écorce de cet arbre est purgative.

Noyer égailleux {Juglans squamosà). Arbre de l'Amérique, qui s'élève à quatre-vingt pieds et plus. Le tronc n'a guère que six pieds de circonférence. Les feuilles sont grandes et longues de quinze à vingt pouces. Les chatons mâles sont longs de cinq à six pouces ; les fruits sont des drupes arrondis, creusés de quatre sillons, qui indiquent le point où le brou doit s'ouvrir. Cette noix a un goût assez agréable. On la mange dans le pays et on l'exporte même. Cet arbre croît actuellement dans les États-Unis d'Amérique. Les Indiens chez lesquels il est commun en recueillent les noix pour l'hiver; ils les pilent dans des mortiers de bois ; ils en font bouillir la pâte dans l'eau , dont ils retirent une huile qui sert pour assaisonner certains alimens.

NUTRITION (Nutritio). Fonction naturelle , par laquelle le suc nourricier provenant des alimens et des boissons, est assimilé et converti en la propre substance de l'animal , pour en réparer les pertes continuelles.

Les physiologistes ont beaucoup écrit sur la manière dont cette assimilation s'opère; il serait superflu de reproduire toutes ces hypothèses qui n'ajouteraient rien à la science. Quoi qu'il en soit , la réalité de cette assimilation est hors de doute, et s'il était besoin de la prouver d'une manière convaincante , on la trouverait dans la réunion des os fracturés , dans la cicatrisation des blessures, des ulcères , etc. ; enfin , le produit de cette assimilation parcourant avec rapidité toutes les parties du corps , porte partout les élémens qui le constituent ; il sert à l'accroissement de l'enfance , à la réparation et à la régénération dans les autres âges ; mais cette opération est plus ou moins active dans les divers tissus , dans les divers âges , dans les diverses espèces.

OBLADE (Sparus melanurm, L.). Petit poisson très-rusé, qu'on prend difficilement. On le trouve dans la mer cle To§*

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