ODORAT
cane. Son corps est plus allongé et ses yeux plus grands que ceux des autres spares ; la couleur du dos est bleu-noirâtre , ses côtés sont argentés; il pèse environ une livre. On voit dans Pline qu'auprès d'Herculanum et de Stabia , ce poisson s'approchait assez près du rivage . pour prendre le pain qu'on luijettait, et qu'il distinguait celui qu'on attachait à l'hameçon ; sa chair était employée dans le garum ; la propriété de sa chair approche de celle de la dorade.
OCA (Oxalis tuberosa). Espèce de solanum qui croît au Chili ; il ressemble par sa forme et sa fructification à l'alleluia jaune ; ses feuilles sont ternées , de saveur acide , et ses follioles ovales ; sa racine produit cinq à six tubérosités de trois à quatre pouces de longueur, qui sont recouvertes d'une pellicule mince et lisse. On fait bouillir ou frire ces tubercules, dont la saveur est analogue à celle de la châtaigne . On en fait des conserves au sucre ; on sert l'oca sur les tables comme les autres mets et dans toutes les saisons. Ses propriétés alimentaires sont à peu près celles delà pomme-de-terre.
OCOCOLM [Perdiœ nœvia , Lath.). Perdrix qui se plaît dans les lieux tempérés et même un peu froids du Mexique. Elle est beaucoup plus grosse que la perdrix rouge; son plumage est brun , mêlé de blanc et de couleur fauve ; ce gibier ne le cède point à la chair de la caille. Il y a un autre ococolin, espèce de pie de la grandenr d'un étourneau. On le trouve dans le forêts de Tetzcocana, au Mexique ; sa chair est fort bonne à manger.
ODORAT (Olfactus). Ce sens est un organe universel du sentiment dit Buffon, c'est un œil qui voit les objets où ils sont et partout où ils ont été, un organe dégoût, par lequel on savoure ce qu'on peut toucher et saisir, même ce qui est éloigné et qu'on ne peut atteindre ; c'est , selon l'expression de M. Virey , une sorte d'avant-goût plus exalté , c'est la vue du goût. Le plus grand nombre des substances dont l'odeur plaît, sont agréables au goût; l'odorat et le goût sont deux frères jumeaux qu'un même sentiment gouverne. Ce sens est plus exalté dans les pays chauds que dans les pays froids ; Bartholin assure que l'odeur de romarin fait reconnaître les côtes d'Espagne à quarante milles en mer. Diodore de Sicile dit quelque chose de semblable de l'Arabie , et Valentin assure avoir respiré le suave parfum des aromates de Ceylan à neuf lieues de distance des côtes de cette île. Haller dit que les sauvages de l'Amérique , les Nègres qui se nourrissent d'alimens peu savoureux ont l'odorat exquis. Son exaltation dépend aussi beaucoup de la sensibilité du genre nerveux. Les odeurs peuvent nourrir jusqu'à un certain point ; on dit que Démocrite vécut trois jours de l'odeur du pain chaud. Lesas^