OIE
sance même très-singuliers , démontrent que le mépris qu'on a pour ces oiseaux est très mal fondé.
Au rapport de Pline, le philosophe Lacyde avait une oie qui le suivait au bain et à la promenade. j"ai dit que cet oiseau était vaillant, il ne craint pas de combattre contre l'aigle et le faucon. Il est vorace, il aime tout ce qui est froid, tel que la laitue , les chicorées , etc. Son sommeil est fort léger. L'oie fut en vénération chez les Romains à cause de son cri et du battement de ses ailes, qui avaient sauvé le Capitole de l'invasion des Gaulois. On en nourrissait même par reconnaissance dans le temple de Janus , où elles furent confiées aux soins des censeurs. A un jour déterminé de Tannée, on fouetait sur la place publique des chiens , pour les punir de leur coupable silence, dans un moment aussi critique. On croit que ce fut Scipion Metellus , d'autres disent Scius , chevalier romain, qui fit connaître la bonté du foie de cet oiseau. Si l'on croit Horace , un certain Mazidienus oflrit à Mécène le foie d'une oie , qu'on avait engraissée avec des figues, d'après un procédé que lui avait fait connaître le consul Metellus. La chair de l'oie convient aux bons estomacs, mais elle a besoin d'être mortifiée et convenablement assaisonnée. Galien n'estimait pas cet aliment; Gelse au contraire le regardait non seulement comme substantiel, mais aussi convenant, surtout en hiver, aux jeunes gens et à ceux qui exercent leurs forces. On sale les cuisses de cet oiseau après les avoir fait cuire dans sa graisse. Au seizième siècle cette graisse tenait lieu d'huile dans presque toute la France , en exceptant le Midi où croissent les oliviers. Cette graisse est douce, onctueuse et fondante. Le secret de rôtir les pattes et d'en faire un ragoût avec des crêtes de coq, appartient, selon Pline, à Messalinus Cotta , fils de l'orateur Messala. La chair des vieilles oies ne vaut rien. En automne on engraisse l'oiseau dans l'espace d'un mois ; les Juifs excellent en cela. Il s'en fait un débit considérable à la Saint-Martin.
Elisabeth, reine d'Angleterre, mangeait une oie, lorsqu'elle apprit la destruction de l'armée de Philippe II , qui voulait la détrôner. Les oies gorgées ont des foies très -volumineux , dont le poids est parfois d'une livre et demi ; leur couleur est d'un blanc pâle et leur saveur très-délicate. Les œufs d'oie se mangent, sans valoir ceux de poule. La graisse sert aux mêmes usages que celle de cochon ; le journalier en fait la soupe et s'en sert en guise de condiment. Le cœur de l'oie, les pattes cuites à demi et frites ensuite , ainsi que la langue , méritent , dit-on, une place dans l'Almanaoh des gourmands. Une oie est dit-on , bonne à manger lorsque les pattes sont noires. Oie a duvet ou eiper? aider ( Anas mollisfima, L. ). Ce|