‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 301 sur 407 · OURS · texte numérisé non relu

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espèce de sésame. Les habitans réduisent en farine ses graines , les nègres eu font une espèce de bouillie assez nourrissante , dont ils sont fort friands.

oublies. Les anciens donnaient à cette pâtisserie lenomde panis obelius. On l'appelait aussi favi, parce qu'elle est douce et presque transparente. Les meilleures oublies se préparaient avec de la fleur de farine , du vin blanc , des œufs , du sel et des condimens ; aujourd'hui on les assaisonne de sucre. A Athènes , on les faisait aussi minces que du papier. Le moule s'appelait eschara. Friandise qui ne peut nuire , parce qu'on n'en mange pas assez pour fatiguer l'estomac.

OUICOU. C'est la boisson la plus ordinaire des personnes qui n'ont pas de vin en Amérique. On la compose en laissant fermenter dans l'eau , de grosses cassaves rompues , des patates , du sirop de canne et des bananes. Cette liqueur ressemble à la bière , sa couleur est rougeàtre , et sa saveur forte ; l'ouicou mêlé à l'eau , rafraîchit ; pur, il est enivrant. Les sauvages le font très-fort.

OULANA (Y). Arbrisseau qui croît dans les vallées , au pied des montagnes de la Tartarie chinoise. Son fruit est de la forme d'une grosse cerise rouge , et vient sur une petite tige de trois pouces de hauteur ; il est d'un goût agréable , et selon le P. Parrenin, qui l'a fait connaître, il est d'une efficacité singulière pour f aider à la digestion. On transporte souvent à Pékin des oulanas chargés de leurs fruits.

OURS [Ursus arctos, L. ). Quadrupède sauvage , que Virgile a appelé avec raison informe , et dont la tête a quelque rapport avec celle du loup , par la forme et la position oblique de ses yeux. Il a , dit Buffon , la vue , l'ouïe et le toucher fort bons , quoique son œil soit très-petit , comparativement à la masse de son corps. Ses oreilles sont courtes , sa peau épaisse, son poil touffu et son odorat excellent. Cet animal est non seulement sauvage , mais solitaire. Sa voix est un grondement , un gros murmure, souvent mêlé de frémissement. On doit toujours se méfier de sa douceur apparente. Sa chasse est dangereuse. L'onrs brun se trouve communément dans les Alpes ; le noir est nombreux dans les pays septentrionaux de l'Europe et de l'Amérique. Le brun est féroce , carnassier ; mais il ne l'est, selon M. de Haller, que par nécessité. 11 mange avec plaisir toute sorte de fruits , et même du pain. Le noir est plus grand que les autres , il n'est que farouche et refuse de manger de la chair ; il est si friand de miel et de lait , qu'il se laisserait tuer plutôt que de lâcher prise. On dit qu'il y a en Savoie et dans le Canada des ours rougeâtres carnassiers. Les noirs n'habitent guère que les pays froids. Les forêts et les^campagnes^du Kamtschatka sont pleines d'ours qui

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n'attaquent qu'autant qu'ils le sont eux-mêmes , et chose singulière, ils ne font jamais de mal aux femmes, qu'ils suivent cependant, pour leur dérober les fruits qu'elles ramassent. Lorsque les Jacoutes , peuple de la Sibérie , rencontrent un ours, ils ôtent leur bonnet, le saluent en l'appelant chef, vieillard ou grand papa et lui promettent de ne pas l'attaquer ni de dire du mal de lui; mais s'il fait mine de vouloir se jeter sur leurs chevaux , ils tirent sur lui , et s'ils le tuent , ils le coupent en morceaux, le font rôtir et s'en régalent, en répétant sans cesse « ce sont les Russes qui te mangent et non pas nous. » L'ours est omnivore. Sa chair est mangée en Europe par les peuples de lHelvétie et des Alpes. Galien la laisse aux sauvages ; cependant Elien met au nombre des alimens les plus délicats les pieds de devant , parce que , dit-il , ce sont les parties qui font le plus d'exercice. Les Chinois surtout les estiment beaucoup. En Allemagne , les pieds de devant font les délices des gens riches et la chair de l'ourson; y est fort recherchée. Pline et Plutarque disent que cette chair est excellente à manger, surtout lorsque l'animal est gras. A Rome , on la servait sur les meilleures tables , on lui trouvait le goût de celle. du sanglier. Pétrone en parle dans le festin de Trimalcion , nom sous lequel il désignait Néron. Dans la Louisiane , on voit en automne des ours tellement engraissés, qu'ils n'ont pas la force de marcher. Vers la rivière de Pantagouët, il y en a une grande quantité, qui se nourissent de glands , leur chair est blanche comme celle du veau et de saveur fort délicate. Quoi qu'il en soit de la bonté de cette chair, M. Odier, excellent médecin de Genève , dit qu'on tua un ours sauvage dans les montagnes de la Suisse , et que les chasseurs se réunirent pour s'en régaler. Peut-être, dit-il, en mangèrent-ils avec excès , car ils en furent tous fort incommodés ; il fut appelé pour voir un de ces chasseurs , qui mourut d'indigestion. Les Groënlandais , pendant leurs longs hivers surtout , sont contraints par la faim, à se mesurer avecles ours, pour se nourrir de leur chair, lorsqu'ils sont assez heureux pour sortir victorieux de cette lutte dangereuse.

On rencontre des ours dans toutes les parties du monde et sous toutes les latitudes ; les seules contrées où il ne paraît pas y en avoir, sont l'Australasie et l'Afrique méridionale ; on en rencontre au nord de l'Atlas plusieurs espèces. L'ours des Alpes ou brun, celui des Pyrénées , celui de Norwége , de la Sibérie, le jongleur, celui des Malais, duThibet, le terrible ou gris, le noir , celui des Cordillères du Chili , le blanc, etc. , ce dernier habite les régions glaciales, où il se nourrit de poissons et d'amphibies; celui-ci n'est pas plus carnassier que les autres, il s'habitue très-bien à ne vivre que de pain. 11 nage facilement

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