PÊCHE
les variétés celle de Corbeil , V admirable ; celle-ci est fort estimée ainsi que la pourprée, qui est grosse et presque ronde. Il y a encore la pêche &Aiidïl\y , la persique , la pêche d'rchricot ou scandalie, la belle-garde, la iiarhonne , la rossane du Languedoc , la belle de Vitrj et celle de Pau. L'espèce sauvageon a quelque chose d'astringent , qui n'est cependant pas sans agrément. La pêche est célèbre à la Chine, depuis les temps les plus reculés. Les poètes la représentent comme pouvant donner tantôt l'immortalité et tantôt la mort. On y offre réciproquement, comme un signe de bienveillance, la pêche naturelle ou imitée en porcelaine» Les artistes chinois la font entrer partout dans la décoration des appartemens et des meubles. Dans la Nouvelle-Galles méridionale, ce fruit est le plus abondant et le plus utile. L'arbre y vient spontanément, dans les terres les plus riches comme dans les plus stériles ; il y est tellement commun qu'on en donne aux cochons dans toute la colonie, ce qui les engraisse promptement. Après avoir fait subir à ce fruit un certain degré de fermentation , on en fait une espèce de liqueur assez semblable au cidre \ cette liqueur est aussi agréable que salubre. D'autres en retirent un alcool de bon goût. Dans ce pays on sèche beaucoup de ces fruits. Mûrs , on leur ôte la peau , on coupe la chair en forme de rubans , qu'on fait sécher jusqu'à un certain point , on les joint ensuite les uns contre les autres , en les serrant fortement avec des boyaux de bœufs et l'on en forme de gros saucissons , qu'on conserve pour l'hiver. Quand on veut les manger, on les détache , on en hache la chair , on la fait bouillir dans un peu d'eau à laquelle on ajoute du vin et du sucre et on en fait une compote , dont la saveur est piquante et en même temps fort agréable. Au Chili on compte jusqu'à quatorze espèces de pêchers, portant souvent des fruits du poids de seize onces et même davantage. Parmi lesduracines , on estime surtout celle qu'on nomme dans le pays albêroïghe ; sa chair est d'un blanc rougeâtre et son noyau parfaitement rouge , la saveur en est excellente. L'arbre qui le produit porte deux fois; en janvier , le fruit est gros , et en avril il est petit, mais d'un goût délicieux. On appelle ce fruit almendruche. Pendant plusieurs siècles , on a cru que les pèches étaient un poison mortel en Perse , d'où on les apporta d'abord en Egypte où le climat les adoucit ; c'est ce que Columelle exprima dans les vers suivans :
Stipecntur culathi points , quœ barbara Persis Mise rat , ut fuma est , patriis armata venenis. Al nuno expositi parvo discrimine lethi , Ambrosios prœhent succos , etc.
Cette assertion est relative et non absolue. Les pêches ne tel point de mal au* naturels du pays, qui en mangent en
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petite quantité; mais elles occasionent la constipation aux étrangers. Tout ce qu'on a dit contre la pêche est commun aux autres fruits -, pris avec modération, ils sont utiles durant la saison. La pêche mûre est savoureuse , délicate , et rafraîchissante , mais il ne faut pas en faire excès ; car elle gonfle l'estomac , occasione des vents et donne lieu à l'indigestion ; il en est de même de tous les fruits qui restent longtemps dans l'estomac et qui s'y corrompent* On en corrige jusqu'à un certain point les mauvais effets par le>in et le sucre. Il y a des personnes qui mangent les pêches avec du sel , ce qui n'est pas naturel. D'autres les font cuire comme les pommes et les mangent avec du sucre ou en compote ; c'est la meilleure manière, mais elles perdent alors de leur qualité. La pêche convient aux jeunes gens , aux tempéramens sanguins , aux estomacs chauds, aux personnes qui font de l'exercice. Elle nuit aux vieillards , aux personnes sédentaires , à celles qui ne digèrent pas les crudités. On doit choisir ce fruit de bonne odeur , bien mûr , sucré , savoureux ; en enlever la peau qui est dure , visqueuse , et n'en manger qu'avec modération.
PÊCHER D'ISPAHAN ( Amygdalus persica Ispahanensls ). Sous-arbrisseau de trois ou quatre mètres , formant une espèce de buisson arrondi et touffu et produisant un fruit qui i parvenu à sa maturité est presque sphérique . Sa grosseur est à peu près de trois pouces de circonférence ; sa couleur, d'abord jaune , devient foncée lorsqu'il est mûr. Sa chair est molle, blanche, abondante en eau sucrée , de saveur vineuse et agréable.
PECHIBUTYREUX ( Pehœ hutyrosa). Arbre qu'on trouve dans les grandes forêts de la Guyane. Il est haut de vingt pieds. Son écorce est grisâtre , ses feuilles sont digitées , longues et larges , ses fleurs naissent par bouquets à l'extrémité des rameaux. L'ovaire devient un fruit composé de quatre baies jaunâtres avec une écorce épaisse -, l'intérieur est une substance laiteuse , jaune , qui se fond entre les doigts. Les noyaux contiennent une amande en forme de reins et bonne à manger. La pulpe sert à préparer les alimens. Chez les Galibis , et à Caïenne on appelle cet arbre pekie. Il fleurit au commencement de l'été , le fruit est mûr en automne.
péchubin. Fruit de l'Amérique méridionale, qui paraît appartenir à un arbre de l'espèce laurier ; il est aromatique , et sert dans le pays pour la fabrication du chocolat , dont il rend la digestion plus facile.
PEDIVEAU COMESTIBLE (Arum esculentum , L.). Cette
plante croît aux Indes et dans l'Amérique méridionale. Sa ra-