‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 315 sur 407 · PÉLICAN. S2Ô · texte numérisé non relu

PÉLICAN. S2Ô

cine est blanche et charnue à l'intérieur; ses feuilles sont ovales, échancrées en cœur. Quoique la racine soit de saveur acre , étant crue , elle devient fort douce par le lavage et la cuisson. On en fait un grand usage et on la prépare de différentes manières. Les feuilles bouillies peuvent remplacer les autres légumes, lorsqu'ils viennent à manquer. Cet aliment est sain et agréable.

PÊLAMYDE otj THOND'ARISTOTE. Poisson commun dans la mer Adriatique ; il ressemble au maquereau , quant à sa forme , mais il en diffère par la couleur. Ses propriétés alimentaires sont les mêmes que celles du maquereau. Galien a dit à ce sujet = Pelamydes sale conditœ laudatissimis salsamentis non cedunt.

PÉLICAN (Pelecanus onocrotalus , L.). Espèce de héron tout blanc, et à fort belles ailes ; le cou est long et le bec rond, comme si l'on y avait placé un cercle. Cet oiseau est palmipède , se plaît dans les fleuves , dans les étangs et dans la mer ; il est beaucoup plus gros qu'un cygne ; on le trouve dans les deux hémisphères et parfois sur les côtes , les étangs et les grandes rivières des provinces méridionales de la France, ainsi que dansles parties qu'arrose le Danube. Il vit aussi en Afrique et en Amérique. Il vole aussi bien qu'il nage et se nourrit de poisson; il est triste , mélancolique , lent dans sa marche. On en voit tous les ans sur le lac de Mantoue et d'Orbitello. Selon Martial , cet oiseau était commun dans le territoire de Ravennes. Son cri ressemble à celui de Pane. Entre les clavicules est une ouverture , ou faux œsophage , d'où , avec son bec , il retire les alimens à demi digérés , pour en nourrir ses petits, ce qui a fait croire qu'il se saignait pour conserver leur vie, aussi l'a-t-on pris pour le symbole de l'amour paternel. Malgré le temps qui dévore tout , les idées superstitieuses se perpétuent ; car en Espagne , le peuple croit encore que le pélican nourrit sa famille de son sang. Dans un des cloîtres de la cathédrale de Barcelonne , on entretenait , il n'y a pas longtemps encore , de ces oiseaux , que le peuple visitait le dimanche, en épiant le moment où ils donnaient leur sang à leurs petits. La chair du pélican était défendue aux Juifs et quoique certains voyageurs s'en soient accommodés , elle se défend assez d'elle-même par son goût et son odeur désagréable ; elle est en outre dure et coriace. On peut en retirer de l'huile. Il y avait, selon Oviedo , à Panama , une si grande quantité de pélicans, qu'on en chargeait des bateaux pour en extraire de 1 huile. En Islande, il y a trois espèces différentes de ces oiseaux , qui vivent ensemble et qui ont les mêmes allures ; les Islandais en mangent la chair; plusieurs étrangers s'en accommodent aussi , malgré son goût marécageux et sa graisse

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trop huileuse ; les jeunes pélicans sont moins sujets à ce mauvais goût , lors surtout qu'on les dépouille de leur peau.

pelure D'OGNON. Agaric de la famille des calotins de terre ou des bois, dePaulet; il est de couleur marron clair. Sa substance est ferme , cassante et blanche. On le trouve en automne sous les châtaigniers , et , quoiqu'on ne le dise pas dangereux , il est prudent de s'en abstenir.

PEPO (Melongena laurifolia, fructu turhinato). Plante cultivée avec beaucoup de soin dans les jardins de Lima. Espèce d'aubergine ou mélongène, dont le fruit est couvert dune peau rayée d'un rouge cramoisi. Sa pulpe est jaune comme celle de nos melons ; elle en a même la saveur. Ce fruit est rafraîchissant , et dans le pays on le mange avec délices ; mais , si l'on en abuse , il donne lieu à des maladies graves.

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