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nom de phallus , à cause de sa ressemblance avec la divinité des Indiens , symbole de la fécondité de la nature. Dans plusieurs pays , on croit que ce champignon réduit en poudre est un excellent aphrodisiaque ; on le trouve dans les bois. M. Braconnot y a reconnu de la fungine très-animalisée , de l'albumine , du mucus , des acides unis à la potasse , etc. Ce champignon ne vaut pas mieux que les autres.
PHOLADE (Pholas). Coquillage multivalve , appelé dans le Poitou dail, dottes à Toulon. En Angleterre et à Paris pholade, du grec pholas , qui veut dire chose cachée ; parce que ce coquillage vit dans le sein des rochers sous-marins, où il creuse sa retraite. On le dit un manger exquis. Il paraît que les anciens Romains le recherchaient , ce qui explique pourquoi les colonnes de Jupiter Sérapis , à Pouzzol , sont percées par des pholades à un niveau bien supérieur au niveau actuel delà mer, puisqu en effet on l'avait fait servir de piscine pour les poissons.
PHOQUE A TROMPE (Phoca proboscidea). Amphibie de vingt à trente pieds de longueur, et de quinze à dix-huit de circonférence. Habitant exclusif des régions australes , il se plaît surtout dans les îles désertes. Son naturel est extrêmement doux ; sa femelle est fort timide. C'est dans les enfractuosités des glaces que les phoques déposent les fruits de leurs amours et qu'ils enseignent à leurs petits à supporter les rigueurs des plus grands froids. Les mères les y déposent et les pères ont soin de s'assurer de quelque ouverture dans la glace, par laquelle ils puissent avoir communication avec l'eau. Dès qu'ils aperçoivent un chasseur, ils se plongent sous la glace avec leurs petits. La manière dont ces trous sont faits est singulière. Ils n'emploient pour cela que leur haleine, dont ils appliquent constamment leur soufle au même endroit. Quand le froid est extrême , que l'eau du trou se gèle , et que le phoque en est sorti, les paysans tombent sur lui à coups de bâton. L'animal mord le bâton et souvent attaque les chasseurs ; mais trahi par la lenteur de ses mouvemens, il finit par être assommé. Le phoque commun est l'animal le plus nécessaire à l'existence des Cléontiens. Sa peau sert à les vêtir et à faire des bourses , des sacs et autres objets de ménage ; ils en revêtent leurs canots. La chair quoique fade , huileuse et noire , sert à les nourrir , cependant la langue seule est mangeable pour d'autres peuples ; aussi les pêcheurs la salent-ils avec soin pour la vendre cher. Le foie paraît avoir des propriétés nuisibles. L'huile que fournit la graisse est l'objet des entreprises des Anglais sur les îles où ces amphybies abondent. La quantité d'huile qu'un seul peut fournir est prodigieuse ; on la prépare à peu près comme celle
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qu'on tire de^ la baleine ; elle est encore plus abondante avant l'allaitement des petits; on l'emploie dans les alimens, auxquels elle ne communique aucune odeur désagréable. Les entrailles de cet amphybie servent à faire des vitres , et le poil à orner la tête.
Il n'est aucun peuple auquel les phoques soient plus nécessaires qu'aux Groënlandais ; il n'en est aussi aucun qui en sache tirer parti comme eux. Ils n'ont d'autres champs que la mer, d'autre récolte à faire que leur pêche ; leurs troupeaux de phoques sont donc plus nécessaires à leur subsistance que ne le sont les troupeaux de moutons à celle des Européens en général, et les cocotiers à celle des Indiens. Outre la nourriture et les vêlemens que les Groënlandais en retirent , ces animaux fournissent les peaux dont ils recouvrent leurs cabanes. Leurs canots en sont couverts aussi; c'est dans leur huile qu'ils conservent le poisson desséché. Ils sont friands du foie , du cœur et des poumons. Avec le sang ils préparent du boudin qui sert à faire la soupe. On ne perd rien de cet animal , les petites fibres , les petits nerfs servent à faire du fil , les vessies remplacent les bouteilles et autres vases. Enfin , s'exercer à cette pêche , c'est apprendre à combattre pour ses autels et pour ses foyers.
PHYTOLAQUE DEC ANDRE ( Phijtolacca decandra , L. ). Plante vivace de la hauteur de six pieds. Son port et ses feuilles sont élégans ; de longues grappes de fleurs et de baies pourprées la parent une grande partie de l'année. On a donné aux baies le nom de raisin d'Amérique, de morelle à grappe, d'herbe à la laque , etc. La plante est originaire de l'Amérique septentrionale , mais elle est aujourd'hui naturalisée dans le midi de VEurope. Aux Etats-Unis, on en mange les feuilles comme les épinards. M. Bosc dit en avoir mangé sans inconvénient ; mais dans l'état adulte , ces feuilles sont acres et purgatives , ainsi que les baies et les racines. M. Orfila a placé cette plante parmi les poisons acres , corrosifs , et qui donnent lieu à de fortes évacuations par le haut et par le bas.
piakimimer. Arbre du Canada, de la hauteur de nos pruniers. Les feuilles sont à cinq pointes , le fruit ressemble, quoiqu'un peu plus gros , à la prune de Damas. La peau en est tendre , la substance aqueuse , la couleur rouge et le goût délicat. Les sauvages font avec ce fruit une pâte dont ils forment des pains de l'épaisseur d'un travers de doigt, de saveur agréable et fort nourrissans.
picarel (Spams maris, L.). Poisson du genre des spares. Pline et Martial l'ont nommé gerres. A Naples , il porte le nom de certes ; c'est une espèce de mendole. Lémery prétend que le nom latin smaris dérive d'un mot grec qui exprime la blan-