‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 339 sur 407 · POULE · texte numérisé non relu

POULE

charnu, spongieux , assez ferme et rempli de suc. Il contient des semences émulsives. Ce légume est très-aqueux , froid , rafraîchit , calme la soif et corrige l'âcreté de la bile. La cuisson contribue à le priver de son principe odorant et nauséabond. 11 nourrit plus que le concombre et que la pastèque, mais il pèse sur certains estomacs. Il y a le potiron hâtif, et celui d'Espagne qui est petit. En Hongrie , on le conserve de la même manière que les choux, pour en faire de la choucroute. Après en avoir enlevé les semences et nétoyé L'intérieur, on passe aussi la chair sur un rabot qu'on emploie pour couper les choux, on en arrange les fragmens dans des vaisseaux par couches pressées et saupoudrées de sel. On fait un grand usage du potiron dans les cuisines. Il convient aux estomacs chauds, aux jeunes gens , en été ; il sert aussi à faire des soupes fort agréables et saines en le mêlant avec du lait. Le petit potiron vert est une sous -variété assez recherchée , parce qu'il est moins aqueux. On peut le conserver jusqu'à la fin de mars.

Potiron. Vulgairement on donne ce nom au bolet comestible (Boletm esculentus). Ce champignon a un stipe compacte, charnu , brunâtre , ovale , semblable à un oignon ; ce stipe est quelquefois allongé de quatre à cinq pouces. On trouve ce champignon dans les bois en juillet , août et septembre ; il peut facilement être confondu avec les plus malfaisans. Sa saveur est très -agréable, ce qui le fait rechercher. Outre ce potiron, il y a la toupie , le potiron roux ou vineux , appelé aussi ognons de loup; le blanc se trouve dans le bois de Sénart; le potiron livide à Yincenne. {Voir l'article Champignon, pout les propriétés.

poularde. C'est une poule à laquelle on a enlevé l'ovaire pour la rendre stérile , grasse et tendre. Excellent aliment , de facile digestion, lorsqu'elle n'est pas trop grasse. Les plus estimées sont celles du Mans et de la Flèche. On dit qu'Henri 1Y ne voulut reconnaître et savourer d'autres poulardes que celles nourries à la Flèche. C'est , dit-on , de cette ville que partent par milliers ces êtres arrondis , potelés et onctueux qui vont orner, égayer et compléter les festins du monde.

POULE {Gallina). On connaît assez cette volaille pour ne la pas décrire. Les poules qu'on estime le plus , sont celles qu'on nomme bonnes pondeuses ; elles font des œufs en abondance pendant une grande partie de l'année et deviennent stériles au bout de trois ou quatre ans. A chaque œuf qu'elles pondent elles expriment leur sensation par un gloussement , on ignore s'il est une expression de douleur ou de joie. Pline croit que c'est une pratique religieuse ; qu'elles se hérissent après avoir pondu, se secouent et se purifient , elles et leurs œufs , en tournant

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