ANIS
Les Romains faisaient peu de cas de la chair de l'anguille , tandis que les Grecs l'estimaient tellement qu'ils la regardaient comme la reine des délices et Y Hélène des repas. Les défenses de quelques législateurs et les recommandations de ceux qui s'occupent d'hygiène ont été peu suivies. Archestrate, qui vivait en Sardanapale , disait que les Messéniens étaient les plus heureux des hommes parce qu'ils avaient et mangeaient beaucoup de ces poissons. L'anguille du lac Céphise était fort grasse.
La chair de ce poisson est chargée de graisse ; elle est visqueuse , et , quoiqu'on Tait mise au nombre des bons alimens , elle est de très-difficile digestion; encore faut-il qu'elle ait été fortement assaisonnée. Elle ne convient donc qu'aux estomacs robustes et à ceux qui exercent leurs forces. On ne doit faire usage que de celles qu'on prend dans les eaux rapides.
On sale ce poisson pour le conserver ; le sel le rend moins indigeste.
ANIS (Sembw anisi, pimpinella anisum, L.). Plante abondante dans toute l'Europe , en Egypte , Syrie, etc. Sa racine est annuelle , menue , fibrée et blanche ; ses feuilles inférieures sont arrondies, d'un vert gai, longues d'un pouce, partagées en trois ; les supérieures sont découpées. La tige est tranchante , creuse et cannelée ; les fleurs sont petites , blanches et en rose , les capsules oblongues , renflées à leur base, striées, d'un vert fauve; elles contiennent deux semences unies l'une à l'autre par une face plane ; leur saveur est forte, aromatique et agréable ; les semences renferment une huile essentielle. L'anis est tonique , surtout pour les intestins , d'où il chasse les vents. Aussi Fanlielmont l'appelle-t-il le soulagement des intestins. En Italie, et à Rome surtout, on en met dans les pâtisseries et même] dans le pain; il en est de même en Allemagne ; en France on en met dans certains biscuits , on peut en aromatiser le chocolat. Les Napolitains sont ceux qui en font le plus d'usage. On fait entrer l'anis dans certaines liqueurs. Les tempéramens chauds, secs et irritables doivent s'en abstenir, parce qu'il est trèsexcitant à cause de son huile essentielle. L'odeur est tellement subtile , qu'on la retrouve dans le lait des animaux qui en ont mangé depuis peu.
Au Gap , on en mange la racine grillée ou cuite sous la cendre , on la met dans la viande , dans le lait , etc. , on la porte même au marché.
ANIS ÉTOILE. Anis de la Chine, Badiane (Illicium anisatum fructus, L.)- Dans la province de Quang-Sj en Chine, on l'appelle, tuacie, L. L'arbre dont lu Chine est la patrie y est
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si fort vénéré ," ainsi qu'au Japon , que les prêtres en placent des rameaux aux pieds des idoles et sur les tombeaux. Son tronc est gros , branchu et fort élevé ; ses feuilles sont alternes , pointues , larges d'un pouce et demi et fort longues ; les fleurs sont en forme de grappes , de la grandeur de celles du poivre ; le fruit ressemble à une étoile , composé de huit capsules , ; elles contiennent une petite amande blanchâtre, grasse, douce et d'une saveur agréable, tenant de l'anis et du fenouil. Cette amande renferme une huile essentielle, d'un parfum très-suave, mais elle rancit lorsqu'on la garde long-temps. Ce fut un marin anglais qui , sur la fin du seizième siècle , l'apporta en Europe. Ses propriétés sont toniques , chassent les vents et poussent aux urines. En Chine, on mâche le badian après les repas , pour avoir une haleine agréable ; on l'ajoute au thé. Avec cet anis , les Indiens font une liqueur que les Hollandais ont appelée anis arack , il entre chez nous dans l'anisette de Bordeaux. Les tempéramens secs , chauds , irritables , doivent s'en abstenir parce qu'il est fort échauffant.
anisette de bordeaux. L'eau , l'alcool à trente degrés, Thuile essentielle d'anis et le sucre composent cette liqueur stomachique et tonique , qui ne convient ni aux tempéramens nerveux , ni aux jeunes gens , ni aux pléthoriques , ni enfin aux bilieux. L'anisette de Bordeaux passe pour la plus estimée.
ANNUAIRE (Spargus annularis). (Voir SPARAILLON. ) "?
ANON. Selon Pline, on a recherché la chair de l'ânon. Ménélas s'en nourrissait, mais, selon Martial, celle de l'ânon sauvage était préférée ; on la comparait à celle du cerf. En Italie on mange encore cette chair , on tirait le lasis d'Afrique.
anon. Il y a deux espèces de ce poisson , la plus petite est le Cellaria, et l'autre est le Bacchus, qui se trouve dans la haute mer. C'est la chair de celui-ci qu'on estime le plus.
anon (Asellus antiquorum). Tout le monde connaît ce poisson, il est très-abondant dans la Manche en janvier et février. Sa chair est blanche, ferme, feuilletée, de bon goût et de facile digestion. On l'apprête comme le merlan. Sa bonté dépend de l'endroit et de la saison où on le pêche. Mêmes propriétés que le merlan.
anone. Espèce de fruit dont la figure ressemble assez à celle d'un cœur de bœuf. L'arbre qui le produit croît aux Indes, ainsi que dans le royaume de Siam ; il vient en plein vent. La peau de l'anone est mince, de couleur jaune , molle et renferme une espèce de crème blanche , dont la saveur approche de celle du fromage mou un peu sucré. Ce fruit