‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 343 sur 407 · PRUNELLE · texte numérisé non relu

PRUNELLE

donnent lieu aux cours de ventre, aux affections bilieuses ; ils ne conviennent qu'aux bons estomacs et aux tempéramens sanguins. On doit les choisir bien mûrs, doux, et les cueillir avant le lever du soleil. Les personnes sédentaires, les vieillards , les valétudinaires , doivent s'en abstenir. La grande quantité de suc extrêmement sucré dont certaines prunes sont remplies , la facilité avec laquelle il fermente , avaient fait espérer qu'on pourrait en faire une boisson agréable et qui , dans plusieurs pays , aurait suppléé au vin ; mais toutes les tentatives de ce genre n'ont obtenu aucun succès. Les Hongrois font fermenter des prunes et des pommes pour en obtenir leur ràki, boisson moins spiritueuse que l'eau -de -vie et plus saine. Dans plusieurs provinces de l'Allemagne, en Suisse et dans quelques parties de la France qui avoisinent les bords du Rhin , on extrait des prunes une liqueur alcoolique appelée zwetschenwaser , du nom de l'espèce avec laquelle on la fabrique le plus souvent et qui , lorsque la liqueur a vieilli, est aussi recherchée que le kirschenwaser . Les expériences des chimistes ont appris, qu'on pouvait tirer de ce fruit un sucre fort blanc, cristallisable et de saveur agréable ; c'est M. Bonneberg qui le premier fit cet essai confirmé par MM. Ludersen et Keydek , pharmaciens à Brunswick. Vingt- quatre livres de prunes, les noyaux compris, donnèrent deux livres de sucre , six livres de sirop et deux pintes d'eaude-vie. A Scio, on cultive un prunier nommé verdassier ; son fruit est gros , oblong , vert pâle et dun goût très-agréable ; ce fruit mûrit en juillet et dure à peine trois semaines ; les habitans en font un objet de commerce : ils pilent la prune , la font*. sécher au soleil , l'enferment dans des caisses et l'envoient à Smyrne et à Constantinople où elle se vend trèscher.

Prune de cacao. L'arbrisseau qui porte ce fruit croît à la Caroline ; il a jusqu'à dix pieds de hauteur. Il est en buisson. Les fleurs viennent par bouquets , elles sont blanches et petites. Les fruits se succèdent les uns aux autres toute l'année, ils ressemblent à une grosse prune de Damas ; ils sont blancs ; quelques variétés de l'arbrisseau en produisent de rouges et d'autres d'un jaune pâle; chaque prune contient un noyau. On dit ce fruit très-sain et de saveur douce. Les Espagnols en font une conserve .

• PRUNELLE [Prunus insitiva, L. ). Fruit du prunier sauvage, dont le goût est âpre et astringent, étant vert, et lorsqu'il est mûr, il est laxatif. En Allemagne , on en prépare des vins et de la bière. Le peuple , à Paris , fut forcé dans la disette de 1740, de se contenter pour boisson de cidre de prunelle,

578 PURIK.

PTÉLÉA A TROIS FEUILLES ( Pteîêa Irifoiiâtâ \ L. ). Arbre originaire de la Virginie, il est d'un port élégant, de médiocre grandeur, ses feuilles sont pétiolées , ternées , à trois folioles glabres, ovales , aiguës à leurs extrémités et parsemées de points trânsparens. Le fruit est muni d'une membrane qui répand une odeur forte et résineuse. Le ptéléa ne craint le froid que dans sa première jeunesse. M. Beaumont s'est assuré que ce fruit peut être substitué au houblon dans la fabrication de la bière.

PTERIS COMESTIBLE (Pteris escïilenta , Forst. ). Belle fougère , dont le feuillage est ample ; il croît dans les bois de la Nouvelle-Hollande et dans la Nouvelle-Zélande. Les hâbitans sont parfois réduits à faire du pain avec sa racine , après l'avoir fait rôtir ; mais ce pain est filandreux , insipide et peu nourrissant.

PUCELLE [Alausa minor, Bell. ). Poisson quia beaucoup de ressemblance avec l'alose, quoique plus petit. On le trouve principalement daus la Seine et daiis la Loire ; il est plein d'arêtes , ce qui fait qu'on estime peu sa chair.

pudding (le ) A l'anglaise. C'est un composé de farine, de lait , de raisins secs , de coriandre , de graisse de bœuf , de noix muscade , de sucre , de sel , de fleurs d'oranger , d'eau -de -vie et de beurre , qu'on pétrit et qu'on fait cuire convenablement. Cet aliment est fort échauffant, très-indigeste pour la plupart des estomacs français. 11 y a aussi un pudding fait avec le pain , un autre avec le riz. Ces alimens sont trèsnourrissans et de saveur agréable.

punch. Boisson alcoolique que les Anglais nous ont fait connaître. Elle est préparée avec l'eau-de-vie, ou l'alcool, ou du rhuiu ou rac \ le jus de citron et du sucre ou avec l'infusion de ihé. Celte liqueur échauffe et affecte le genre nerveux ; cependant j prise avec modération , elle est cordiale et sudorifique, et convient aux tempéramens froids, affaiblis et dans les temps humides. C'est la plus agréable des boissons , mais il n'en faut pas abuser. On la falsifie parfois avec l'acide sulfurique , ce qui nuit encore plus à l'estomac et aux dents. On' peut reconnaître cette fraude par les mêmes moyens qu'on emploie pour s'assurer de la sophistication dû vinaigre.

pu.Wazzo (le) [Spams puntazzo , Gml. ). Ce poisson est ovale, couvert de belles écailles argentées, obscur sur le dos et traversé sur les côtés par seize lignes dorées ; son museau est avancé et sa bouche est ample : il habite les côtes de la Sardaigne. Sa chair est meilleure que celle du sargue.

purik. Nouvelle race de moutons que les Anglais ont découverte depuis peu , aux environs de Ladakh, ville du Thi-

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bel, située sur la branche septentrionale du Gange. Cet animal est très-petit, mais il ne le cède en rien aux espèces connues jusqu'à ce jour. Sa laine est fine et abondante , sa constitution robuste ; il est familier, capable d'attachement, facile à nourrir, car il mange de tout ; on tond sa toison deux fois l'an, elle est d'environ trois livres pesant. Sa chair est savoureuse et de facile digestion. Il serait à désirer que cette race pût être naturalisée dans nos climats.

puya ( Puya). Végétal du Chili ; ressemblant beaucoup à l'ananas. Sa racine fait chaque année deux ou trois pousses , elle est de forme conique et souvent de la grosseur d'un homme. L'écorce est couverte d'écaillés spongieuses ; sur le haut de ces pousses, naissent des feuilles de quatre pieds de longueur dont les bords sont garnis d'épines crochues et semblables à celles de l'ananas. Au milieu de ces feuilles , s'élève une tige de neuf pieds de hauteur, sur trois pouces de diamètre et couverte d'une écorce verte très-dure ; sa partie intérieure est une substance spongieuse comme le liège : les fleurs sont jaunes. Le fruit est une capsule remplie de semences noires trèspetites ; le nectaire des fleurs est toujours rempli de miel fort recherché des enfans, qui le mangent avec un grand plaisir.

PYROLIGNELX Voir ACIDE PYROLIGNEUX.

quam. Oiseau de la grosseur d'une poule d'eau ordinaire, et de couleur brun-noirâtre ; son bec ressemble à celui du coq d'Inde. Cet oiseau se nourrit de baies ; on le trouve dans l'Inde. Sa chair est un excellent aliment.

ql'anland. Le père Kirker, dans sa Chine illustrée, fait mention d'un arbre de ce nom , commun dans la province de Quansi ; le tronc contient une moelle molle , farineuse , trèsnuiritive et d'un goût agréable. Les Chinois en font du pain et 1 apprêtent aussi de différentes manières. L'arbre paraît être une espèce de palmier , semblable au sagoutier , cette moelle est alimentaire et nourrissante.

QUATELÉ A GRANDE fleuks. Arbre de la Guyane qui de-

vient très-grand ; il produit de grosses amandes oblongues , de forme irrégulière, enveloppées d'une membrane comme les châtaignes. Ces amandes sont très-bonnes à manger. On peut aussi en faire des émulsions.

Quatelé Z abvc Aie (Lecijtkis Zabucajo). Très-grand arbre du Brésil et de la Guyane , dont lef mit , que les créoles de Cayenne nomment canari makaque, renferme une amande douce , dé-

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licate et préférable à celles d'Europe. Le comte d'Estaing les trouva au Brésil, si excellentes , qu'il en porta à 1 île de France , pour cultiver cet arbre. Les Brésiliens retirent de ces amandes une huile fort estimée.

quatre épices. Mélange composé de girofle , de muscade \ de poivre noir , de cannelle ou de gingembre ; on y ajoute de l'anis, de la coriandre, et parfois des herbes odoriférantes, telles que la marjolaine et le thym, le tout en poudre et en certaines proportions. On falsifie les quatre épices en substituant le poivre de la Jamaïque au girofle , et le costus blanc à la muscade. Ce condiment aromatique sert pour assaisonner les alimens.

QUELGHEN ou FRAISIER DU CHILI ( Fragraria chilemis fructu maœimo). Il diffère du nôtre par ses feuilles velues et succulentes et par ses fruits qui arrivent souvent à la grosseur d'un œuf de poule. Pour l'ordinaire , ils sont blancs ou rouges, cependant on en trouve de jaunes dans les provinces Puchacay et Huilquilemu , où ce fraisier vient mieux qu ailleurs. Il fut transporté en Europe et il produit des fruits au Jardin-des-Plantes à Paris , et à Chelsea , près Londres , etc. Cette plante a beaucoup perdu par sa transplantation. Ses fruits sont petits, et le parfum agréable qui les fait tant estimer dans le pays s'est presque entièrement éteint.

QUL\IL1 (Chenopodinm folio sinuato , Feuill. ). Espèce de chenopodium de trois à quatre pieds de hauteur. Les fleurs sont disposées sur des épis allongés ; sa graine est noire ; on l'emploie au Chili pour faire une boisson aussi stomachique qu'agréable. Il y a une variété de cette plante que les Indiens appellent dahuc , ses graines sont blanches et s'allongent en forme de vers quand on les fait bouillir. On en prépare de fort bons potages , on en mange aussi les feuilles qui sont tendres , de bon goût et rafraîchissantes.

qlisquale ( Quisqualis). Plante des Indes , dont les feuilles ont la saveur piquante* comme celles du raifort ; les habitans les estiment beaucoup et les mangent crues.

ÎIABIOULE ou GROSSE RAVE (Brassica râpa , L. ). Racine tubéreuse , charnue , arrondie , grosse parfois comme la tête d'un enfant. Elle ressemble assez au navet. Elle porte différens noms , selon sa forme. On l'appelle rave mâle , rabioule

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