‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 346 sur 407 · RAIE · texte numérisé non relu

RAIE

la simple , la levis et Yasterias. Aujourd'hui on les distingue ainsi : la raie lisse , raja levis , la raie ondée ou cendrée , la raie à long bec , la raie à plusieurs yeux (oculata) ou miralet, la raie étoilée, piquante , bouclée , la raie fallonica. Toutes les espèces de raies sentent le sauvagin et ont une mauvaise odeur, qui se perd cependant au bout de quelques jours. En 4734, près de lile Saint-Cdristophe , on en observa une qui avait douze pieds de longueur sur dix de largeur. Le père Labat en cite une encore plus grande. La torpille , la pastenague , l'altavele , la mouvine sont des raies. La chair de ce poisson est coriace ; aussi a-t-elle besoin d'être bien mortifiée avant qu'on ne la fasse cuire. Sa saveur n'est jamais fort délicate , elle ne convient qu'aux bons estomacs et à ceux qui exercent leurs forces ; encore a-t-elle besoin de condimens. Quoiqu'il en soit, on en mange beaucoup à Paris; mais les secousses qu'elle éprouve parle transport lui donnent le temps de se mortifier. Longâ enim vectura tcncrescit , disait Aldrovande. On la sert même sur les meilleures tables et son foie est fort estimé des gourmets. Il n'en était pas ainsi chez les anciens Grecs où les gens d'un goût fin et délicat, repoussaient cet aliment comme ne valant rien. On lit dans les dispnosophistes d' Athénée, queBorion, par mépris pour la chair de la raie , dit qu'il fera servir aussi du crocodile rôti , tout chaud. Rondelet n'estimait pas ce poisson.

Vauqueiin fit l'analyse du foie de la raie , et reconnut que ce viscère contenait une plus grande quantité d'huile , que le foie des animaux à sang chaud; ce qui vient, dit-il, de ce que le sang des viscères du bas- ventre , se ralentissant dans sa marche, chez les animaux qui respirent peu , devient trèshydrogèné à mesure que le carbone s'unit à l'oxygène.

Pvaie cendrée ou bâtis {Raja batU). On l'appelle ainsi à cause de sa couleur. On la trouve dans l'océan d'Europe et dans les eaux fangeuses près des rivages. C'est l'espèce qui alteint les plus grandes dimensions : on en a vu du poids de deux cents livres et' plus. Son corps n'est pas en losange comme les autres raies , mais il est plus rond ou plus ovale. Son museau est allongé et terminé en pointe. Comme toutes les autres raies, celle-ci est vivipare. En Hollande les pêcheurs la recherchent surtout au mois de juin , époque où elle est fort ahonclante.On en envoie en Flandre et dans le Brabant. En Sardaigne , sa chair n'est point estimée à cause de son odeur forte et sauvagine, il n'y a que les ouvriers et les gens de peine qui en mangent. Dans la plus grande partie des côtes françaises cette chair est blanche , délicate et forme un mets très-agréable , lors surtout qu'elle a été mortifiée. Son foie est aussi fort estimé ; il fournit beaucoup d'huile fine et blanche , dont on fait un grand usage

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