‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 355 sur 407 · ROSSIGNOL · texte numérisé non relu

ROSSIGNOL

parlé de la rose rouge et de la rose blanche dans l'Histoire d'Angleterre. Enfin, si cette fleur fut un signe honorable, elle servit parfois à marquer le mépris. Le synode de Nîmes , qui eut lieu en 1284, ordonnait aux Juifs de porter sur la poitrine une rose , pour les faire distinguer des Chrétiens. Les confiseurs fixent le parfum de la rose bifère dans des pastilles , des dragées, des glaces , des crèmes , des liqueurs de table , etc.

ROSEAU AROMATIQUE ou ODORANT (Acorus calamus, L.). Racine cylindrique , noueuse , de la grosseur du doigt , roussâtre à l'extérieur et blanche à V intérieur. Cette plante croît en France, dans le nord de l'Europe et dans l'Amérique septentrionale , sur le bord des eaux , ainsi que dans les lieux marécageux. On la trouve aussi dans les Indes. Sa racine a une saveur amère, acre et poivrée. Son odeur est aromatique, assez agréable. Dans les Indes, on mâche cette racine à jeun. Les Tartares, les Turcs et les Polonais, s'en servent comme moyen stomachique et en assaisonnent leurs alimens.

ROSSIGNOL (Phllomela, luscinia). Autant l'alouette est recherchée pour la force et la facilité de son chant , autant le rossignol est renommé pour la mélodie du sien, qui plaît surtout par sa vivacité , ses inflexions et son étendue ; c'est Pline qu'il faut mettre à contribution pour en parler comme il faut. « Les modulations de son chant, semblent, dit-il, le fruit d'une étude approfondie de la science musicale. Coups de gosier prolongés , cadences variées , batteries vives et légères , roulades précipitées , reprises soutenues , demi-silence inattendu, quelquefois un simple gazouillement. Le rossignol cause alors avec lui-même. Sa voix est tour à tour pleine , grave, aiguë, perlée et étendue . Il chante à son gré le dessus, la haute-contre, la basse et la taille ; en un mot , un si faible organe produit tous les sons , que l'art des hommes a su tirer des instrumens les plus parfaits ; et ne croyez pas que l'art soit étranger à ces oiseaux ; chaque rossignol chante plusieurs airs , qui ne sont pas les mêmes pour tous ; chacun a les siens. Ils se disputent le prix du chant avec une opiniâtreté bien marquée ; souvent même il en coûte la vie au vaincu, qui ne cesse de chanter qu'en cessant de respirer. D'autres plus jeunes étudient et reçoivent les airs qu'ils doivent imiter. Ces oiseaux s'achètent aussi cher que des esclaves et même plus cher que ne se payaient autrefois les écuyers. Ces modulations si savantes cessent peu à peu au bout de quinze jours , sans qu'on puisse dire que ce soit par lassitude ou par dégoût. Quand les chaleurs arrivent, il n'y a plus de mélodie ni de nuances. La couleur de l'oiseau change aussi. Pendant l'hiver il disparaît. Sa langue n'est pas pointue comme celles des autres oiseaux. » (Pline, livre x).

Le rossignol est un peu plus gros que la fauvette ; son plu-

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mage est d'un gris fauve . Il a pour sa femelle tous les petits soins d'un amant tendre et délicat. Lorsque les petits sont éclos , il ne chante plus ; il n'est occupé qu'à chercher leur nourriture. On ignore le lieu où il se retire pendant l'hiver. On n'en trouve point en Afrique; peut-être va-t-il en Asie. Il arrive en Europe, en avril, pour repartir en septembre. Il voyage seul et vit isolé. Il n'a presque point de chair ; cependant Chomel , dans son Dictionnaire économique , dit que les Gascons l'engraissent pour en faire un mets qu'ils préfèrent à tous les autres. Sa chair est alors blanche, tendre et presque aussi savoureuse que celle de l'ortolan , ce qui rappelle la fantaisie d'Héliogabale , qui se faisait servir des langues de rossignols , de paons , etc., et le fameux plat du comédien Esophe, compose d'une centaine d'oiseaux , tous recommandables par leur talent de chanter ou par celui de parler. Ce plat fut , dit-on , estimé six cents sesterces. Pline, liv. ix, ch. 51

ROTA (vin de). Ce vin se fait à Rota, en Espagne, à trois lieues nord-ouest de Cadix. Il est fort stomachique ; mais on ne doit le prendre qu'à petites doses ; il convient dans les convalescences, et lorsqu'il faut augmenter les forces de l'estomac.

ROTI. C'est de la viande ou de la chair que l'on soumet à Faction immédiate du feu. Bien fait, il retient, pour ainsi dire , toutes les parties solubles de la chair , dont il conserve la saveur , parce qu'il n'est , à proprement parler , qu'une coction dans l'eau que contient déjà la viande ; opération durant laquelle cette dernière reste imprégnée de toutes les substances , qui ne font que se dessécher à leur surface , et y brunir par l'action de la chaleur. Les viandes brunes rôties donnent un jus d'autant plus foncé, que leur osmazôme est d'une couleur plus forte. Les viandes blanches donnent un suc plus pâle , et leur vertu tonique est en proportion de leurs qualités naturelles, exaltées par l'action du feu. Les viandes les plus visqueuses ont, plus que les autres, besoin d'être rôties ; aussi le cochon de lait, l'agneau et le chevreau , ne peuvent guère se manger que de cette manière. Le rôti est couvert d'un enduit demi-brûlé , de couleur brune et dont le goût est assez analogue à celui du caramel ou sucre brûlé ; cet enduit lui donne une saveur agréable. La viande rôtie est très-nourrissante et tonique; beaucoup d'estomacs s'en accommodent mieux que de la viande préparée de toute autre manière.

ROTIE (Offella). On appelle ainsi une tranche de pain rôti , qu'on arrose de bon vin et de sucre ; elle est stomachique. On fait en outre des rôties au beurre , aux anchois, à l'huile d'olive ; on en fait au gras ; par exemple , on met des

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