OH) RUM
et les chardons , il est remarquable par sa couleur d'un rouge de sang ou de brique pilée. Son suc, qui est de la même couleur, est abondant; il n'est point acre. Sa saveur est à peu près celle de certains fruits succulens. Son chapeau n'est pas régulier , mais visqueux et luisant aussitôt que le champignon naît. Paulet dit qu'il est fort recherché pour les cuisines par ceux qui savent le connaître. On peut, dit-on, le conserver longtemps ; il durcit sans se corrompre et acquiert alors l'odeur de morille , mais il est tellement indigeste qu'on le rend souvent tel qu'on la mangé ; il est prudent de s'en abstenir.
ROUSSELET. Petite poire hâtive , très-sucrée , qui mollit aussitôt qu'elle est mûre. A Reims on la fait sécher avec art. On en prépare aussi une excellente compote , de facile digestion , et qu'on permet même aux convalescens.
ROUSSETTE (grande), (Squalus canicula, L.). Poisson de couleur grise , avec de petites taches noirâtres. Il a trois ou quatre pieds de longueur. Sa vie est tellement dure que ses membres coupés , remuent encore pendant plus d'une heure. Sa chair est coriace et son odeur fortement musquée. On la mange rarement. Le foie rend beaucoup d'huile , et si on le mange , il occasione des accidens plus ou moins dangereux. Sauvage avait remarqué ces effets et les avait publiés. Un savetier de Bias , dit-il , sa femme et ses enfans furent pris d'un profond assoupissement après en avoir mangé et ne recouvrèrent leurs facultés que trois jours après ce fatal repas. Leur figure était rouge et une éruption cutanée se manifesta sur tout le corps, laquelle se termina par desquamation. Ce fait rappelle celui consigné dans les journaux de Londres en 1802 , où il est dit que le capitaine Leach , revenant delà Jamaïque avec sept personnes , ayant mangé du foie d'un requin , moururent toutes, après avoir éprouvé des accès de folie.
RUM , qu'on écrit parfois rhum , nom anglais d'une espèce d'eau-de-vie forte , inflammable et tirée de la canne à sucre par distillation. Les colons français lui donnent le nom de tafia , on croit cependant que ce mot est appliqué à une autre liqueur alcoolique approchant fort de celle-ci, maisqui présente des différences ; ainsi le tafia est fait avec le moût de la canne à sucre , qu'on laisse fermenter et qu'on distille ensuite. La fabrication du rum est un grand objet de commerce. On le rend plus ou moins fort.
Dans les Indes occidentales , lorsque le liquide est complètement fermenté , on le distille à la manière ordinaire et on le porte quelquefois au degré de l'alcool ; on l'appelle alors double rum. Lorsque l'opération est bien faite , on peut le mêler avec de l'eau -de -vie, parce que cet esprit est supérieur à celui de la mélasse. Aux Barbades, on prépare avec le
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jus de canne, un très-bon esprit, qu'on nomme esprit de canne ; il ressemble au véritable rum. En France et en Amérique , il a vingt- six degrés ; mais en Angleterre et même en France , on l'affaiblit avec de l'eau. Ses propriétés sont celles des autres liqueurs alcooliques. La saveur en est piquante et produit de la sécheresse dans la bouche, son odeur est empyreumatique , parce qu'il contient un peu d'huile. 11 n'y a que deux cas où cette liqueur peut être utile , et qu'on peut appliquer à toute autre liqueur alcoolique ; 1° comme puissant cordial, lorsque les forces sont perdues subitement; 2° lorsqu'on est exposé au froid humide , sans pouvoir s'en garantir , à l'effet de pouvoir contrebalancer l'affaiblissement produit par le froid et ï humidité, lors surtout qu'on emploie en même temps cetteliqueur à l'extérieur, c'est-à-dire en frictions. L'expérience a prouvé qu'il n'en était pas de même dans la grande faiblesse produite par une forte chaleur, alors ces liqueurs ne font qu'aggraver l'accablement; elles rendent ceux qui en font usage, incapables de tout exercice et les disposent à contracter la maladie de la saison.
Autrefois, c'était la coutume d'avoir chez soi plusieurs élixirs et liqueurs alcooliques , qu'on ne manquait jamais de donner avec profusion à la moindre apparence de faiblesse. C'était aussi à force d'avoir recours à ces drogues, qu'un grand nombre de personnes avaient contracté l'habitude des liqueurs fortes, qui ruinaient leur santé. On a vu des dames tellement habituées à boire de la liqueur de cerise , d'abord mélangée d'eau, ensuite pure, aussitôt quelles éprouvaient la moindre indisposition , qu'elles étaient dans im état d'ivresse presque continuel et finissaient par être atteintes de maladies mortelles.
SABDARIFA (Alcea americana). Espèce de ketmie de l'Amérique , produisant une tige de trois à quatre pieds. Ses fleurs sont grandes et tout-à-fait semblables à celles de la mauve. Il leur succède des fruits oblongs, remplis de semences rondes. On la cultive dans les jardins des Indes. Ces fruits sont remplis d'un suc visqueux. Les semences se mangent comme les graines légumineuses. La plante est émolliente. Ses gousses entrent dans un ragoût appelé dans le pays gumbo-fevi. Les feuilles , cuites dans l'eau , jouissent à peu près des propriétés des épinards.
SACAMITÉ. Terme créole, qui veut dire sagou imité. A la