SAFRAN
Nouvelle-Orléans , on met le mais blanc en gruau , qui remplace le pain et le riz. Cet aliment nourrit davantage que le riz , aussi les Nègres le préfèrent. La digestion s'en fait facilement; on le donne même aux convalescens. Les sauvages du Canada appellent le sacamité otet ; ils font bouillir ce gruau avec de la viande ou du poisson , lorsqu'ils peuvent en avoir ; il est presque leur seule nourriture.
8AF11AN CULTIVÉ ( Crocus sativus ofjicinaUs.L. ). La fable
donne le nom de Crocus à cette plante , parce qu'un jeune homme de ce nam , ayant dédaigné la passion qu'avait pour lui la nymphe Smylax , fut métamorphosé en safran. La plante a plusieurs variétés. Elle croit naturellement dans certains pays , surtout dans l'Orient. Ce furent les Arabes qui la transportèrent en Espagne. Elle a six à huit pouces de hauteur ; sa racine est un ognon globuleux , de la grosseur d'une petite prune, couvert d une pellicule sèche; ses feuilles naissent dans une gaine membraneuse ; de leur centre , sort une hampe courte , très-mince , terminée par une spathe qui renferme une fleur régulière, bleu-clair ou gris de lin. L' odeur du safran est forte , aromatique , enivrante et produit même des effels délétères. Sa saveur est amère et très-acre. Ses propriétés sont encore plus prononcées dans celui d'Orient. La couleur de cette plante est jaune , teignant fortement ce qu'elle touche. Les anciens en usaient beaucoup les Romains l'infusaient dans le vin ; ils en préparaient même une liqueur qu'ils répandaient sur les théâtres pour les parfumer. Les Polonais abusent de ce condiment ■ on en fait un grand usage dans le Midi, On l'emploie aussi pour colorer des pâtes , ainsi que le beurre , etc. ; enhn on en assaisonne certains mets. D'après l'analyse faite par M. Bouillon-Lagrange , le safran contient de l'eau, de la gomme, de l'albumine, du polychroïte (de plusieurs couleurs), une matière cireuse et de l'huile volatile ; sa vertu narcotique peut être attribuée à cette huile. Le safran échauffe , aide à l'a digestion et resserre le ventre • aussi ne doit-on en user qu'avec prudence. Les femmes grosses , celles qui perdent beaucoup , doivent s'en abstenir. Il porte aussi à la tête ; car, dit Galien , il trouble l'esprit. Entre autres exemples , Simon Pauli rapporte celui d une fille qui, voulant provoquer les règles , en usa immodérément ; il en résulta de violens maux de tête qui durèrent toute sa vie. ii est enivrant et donne lieu à des ris immodérés eteonvulsifs ; comme cela eut lieu , au rapport d'Amatus Lusitanus, chez un homme qui en avait mis une grande quantité dans un pot où il faisait cuire de la viande, et, après lavoir mangée, il fut pris de ris immodérés qui faillirent le tuer. Le bon safran doit avoir une couleur rutilante , être d'une texture fort tenace , le meilleur est ceiui de
SAKKI. 6*9
Coryce, dans le Levant Celui du Gâtinais jouit d une réputation méritée. On le falsifie parfois avec les pétales du scotymus hispaniçus , le oarthame , etc. 11 convient en hiver , en petite quantité , à certains vieillards , et aux tempéramens phlegmatiques. Pour le conserver, on le sèche sur des tamis de crin suspendus sur de la braise. Cinq livres de safran Irais n'en donnent qu'une livre de sec. On remployait autrefois dans les sacrifices et on en parfumait les coussins sur lesquels on posait les statues des dieux.
SAGOUTI2R ouSAGOUIER (Raphia vimfem , Beauv.). Arbre de moyenne grandeur, à tige droite , couronnée par une touffe de feuilles , grandes, pendantes , chargées, ainsi que les pétioles de petites épines. Les fleurs sont alternes, enveloppées à leur hase par une écaille circulaire , dure, un peu jaunâtre, lisse et presque luisante. Il y en a de mâles et femelles, qui tombent lors de la maturité des fruits, lesquels, réunis, forment une grosse touffe ovale , serrée , composée de baies ovales , luisantes et écailleuses. Chaque baie renferme une semence ovale, mais ridée. Cet arbre est un palmier qui se trouve dans différentes contrées de l'Inde, au Malabar, en Afrique, sur les bords des rivières. Son utilité consiste en ce que les côtes des feuilles servent à faire des instrumens pour la pêche , et les feuilles à couvrir les maisons ; la liqueur qu'on en retire est assez semblable au vin de palme , quoique plus co~ lorée. Dans le pays, on lui donne le nom de bourdon. Cette liqueur pétille comme le Champagne mousseux et est trèsenivrante. Bien faite , on peut la conserver long temps. Ce palmier fournit aussi une fécule , connue sous le nom de sagou , quoiqu'il y ait d'autres palmiers dont on en extrait en plus ou moins grande abondance. On l1 extrait surtout de la moelle contenue dans le tronc ; il est plus ou moins blanc , suivant l'âge de l'arbre. Propriétés du sagou. Vair cet article.
saïga. Espèce de chèvre sauvage, qui a beaucoup de ressemblance avec le chevreuil , quoique ses cornes soient droites. On la trouve en Hongrie, en Pologne , en Tartarie et dans la Sibérie méridionale. Sa chair sert très-souvent d'aliment aux environs de Sempalat ; sa saveur approche beaucoup de celle du cerf.
SAL\T>P3ERI\E. Poisson de mer, dont le corps est comprimé. On le prend près des côtes de la Méditerranée. Sa chair est délicate , de saveur agréable et de facile digestion.
sakki. Espèce de bière, faite avec le riz et qui a de la ressemblance avec le vin. Nouvellement faite, elle est blanche et devient brune ensuite ; sa saveur ne plaît pas à tout le monde. On trouve cette liqueur au Japon ; on la fait chauffer, parce <pie ces peuples ne boivent jamais froid» L'ivresse qui en vé*°
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suite n'est pas de longue durée ; mais elle laisse un mal de tète violent. Le sakki est un objet de commerce pour Batavia. On préfère le blanc. C'est à l'usage immodéré des boissons chaudes et des bains chauds qu'on attribue , avec raison , le délabrement physique et moral des Chinois et des Japonais. Leur énorme ventre, leurs jambes engorgées, leur extérieur, tout annonce un relâchement général.
salac. Fruit de Java ; il est de la grosseur et de la forme dune poire et remarquable par les écailles qui le couvrent , rangées en arrière les unes sur les autres ; il renferme une amande blanche , partagée en plusieurs portions, d'un goût très-agréable et fort nourrissante. On en vend sur tous les marchés.
SALANGANE HIKONDELLE [Hirundo escuïenta , L. ). Espèce d'hirondelle qui vit dans l'archipel des Indes. Elle a les mêmes habitudes que les autres ; elle n'existe que sous la ligne équinoxiale. On en trouve la première variété aux îles de France et de Bourbon , aux Moluques et aux Philippines. Elles produisent des nids gélatineux , de la forme d'un petit bénitier ou coupe. Ces nids sont composés d'une substance blanche , demi-transparente , dure et mêlée de légères touffes de coton en dedans. A l'extérieur, cette substance a l'aspect d'une gélatine très -blanche , desséchée par filamens, soigneusement accolés. Au Tonquin , on donne à cet oiseau le nom de chim. Les insulaires voisins des îles Manilles le nomment $alangan et le regardent comme le plus précieux du pays , attendu le grand profit qu'ils retirent de la vente de son nid. Les missionnaires qui en ont examiné la matière ont assuré que le suc de calembac leur communiquait des qualités rares et un goût exquis. Le calembac est une espèce de résine qui découle du bois d'aloès , autour de ses nœuds et surtout au pied de l'arbre. Ce bois n'a rien de commun avec la plante de ce nom. La gomme résine qu'on en retire , ou calembac ou tembac des Indiens, est une substance qui s'écrase sous les dents, et dont la saveur est délicieuse. Cette résine est peu connue en Europe. On ne la recueille que sur les montagnes les plus inaccessibles de la Cochinchine et dans la province d'Hyemen à la Chine. On la vend au poids de l'or à cause de son parfum, que l'on brûle sur des charbons dans les plus fameuses pagodes et dans les occasions rares, chez les grands. Quoi qu'il en soit , le prix de ces nids est extrêmement élevé : on les appelle sàkoi-pouka. On sait aujourd'hui que plusieurs espèces d'hirondelles produisent de ces nids gélatineux. Les blancs sont les plus recherchés , parce qu'ils sont de l'année. Sumatra en expédie à Kanton de nombreuses pacotilles , dont les Chinois sont friands. On les trouve dans les anfractuosités des mon-
SALANGANE. $ët
tagnes, comme de petits bénitiers. On en fait deux récoltes par an. Ces hirondelles emploient près de deux mois à leur préparation. On ne les enlève que lorsque les petits ont des plumes. Plusieurs Japonais sont, depuis leur enfance, occupés à cette extraction périlleuse, qu'ils n'entreprennent jamais sans avoir sacrifié un buffle , prononcé des prières , et setre frotté tout le corps dune huile odoriférante. Ils ont soin, en même temps , de parfumer l'entrée de la caverne avec du benjoin , d'invoquer la protection d'une déesse tutélaire , devant laquelle un prêtre brûle de l'encens. La descente dans les cavernes s'opère ensuite avec des échelles et un flambeau fait avec une gomme qui , allumé , ne peut être éteint par le gaz souterrain. On a cru que ces nids n'étaient autre chose qu'une écume de mer ou du frai de poissons. D'autres les ont regardés comme étant formés d'une substance aromatique.
Buffon consulta à ce sujet M. Poivre, qui lui répondit qu'ayant pénétré dans une caverne creusée parmi les rochers qui bordaient la mer, non loin de l'île de Java , il l'avait trouvée entièrement tapissée , dans le haut , de nids de salangane , en forme de bénitiers, contenant chacun deux ou trois œufs , lesquels nids furent reconnus pour être composés d'une substance pareille à celle de la colle forte à demi délayée. M. Poivre conclut que leur base était du frai de poisson , et Fourcroy étaya cette idée de l'analyse qu'il en fit. M. le pasteur Sénebier , à qui une quantité assez considérable de ces nids fut remise par un Hollandais , en fit la description , l'histoire et l'analyse , qu'on trouva dans ses manuscrits. On y voit : l9 Que ces nids ont de deux à trois pouces de diamètre , et ne pèsent pas plus d'un tiers d'once ; que la consommation qu'on en fait à la Chine , aux Moluques et dans toute l'Inde , est prodigieuse ; puisqu'on en exporte à Batavia seulement audelà de quatre millions toutes les années et qu'ils coûtent jusqu'à dix piastres par livre ; 2° qu'ils ne donnent à l'analyse aucun produit végétal , ni aucun indice d'une origine maritime ; qu'ils ne sont qu'une gelée animale , parfaitement semblable à celle de veau , quoique plus solide , qu'elle s'élabore dans l'estomac même de l'oiseau; qui s'en dégorge , comme le font plusieurs autres espèces d'hirondelles ; que cet oiseau attache cette substance aux rochers, la façonne avec ses pattes en forme de nid , en ayant soin de le mettre à l'abri de la pluie. M. Poivre annonçait à Buffon que les Chinois , à la Cochinchine et dans toutes les îles de l'océan Indien , regardaient ces nids comme une nourriture substantielle, aphrodisiaque et fournissant beaucoup de suc prolifique .
La polygamie qu'autorise la loi de Mahomet, énerve bientôt ces peuples ; aussi, les voit- on se livrer, par tous les moyens
Ùïï SALKP.
que la crédulité peut mettre en avant, à chercher des substances aphrodisiaques , le plus souvent sans effet, pour ranimer leurs sens blasés ou énervés par des jouissances trop répétées. Ces nids ne jouissent d'autant de réputation que parce que ces peuples croient à leur faculté restaurante spermalopée ; cependant , il fmt l'avouer * le mucilage animal qui y abonde , les rend une propriété nutritive bien prononcée. On mange ces nids accommodés de la manière suivante. Après les avoir nettoyés, on les laisse tremper, pour en ramollir les fi'amens , tëaï se séparent alors et se gonflent ; on les met ensuite soi» une volaille rôtie , dont ils absorbent le jus , ou bien on les fait cuire avec un chapon ou un canard j dans un pol de terre hermétiquement fermé , pendant vingt-quatre heures et a petit feu. Cet aliment est servi dans les repas les plus somptueux. A Siam , dit le père Tachard , on les trouve admirables pour les ragoûts et excellens pour la santé , quand on y mêle du ginseng j on en fait aussi des bouillons, des soupes, des ragoûts , comme ici on fait avec des champignons. Ces nids ne manquent pas d'être falsifiés par ces peuples , qui les forment avec des ailerons de requin, le priape et surtout avec la colle de riz et des aromates, tels que le cardamome , le curcuma , le gingembre et tout ce qui peut les rendre aphrodisiaques et nutritifs.
SM.ËP; S.4LÀP ou SAJLOP ( Oruhis maseula , L ). Nom persâfi qui a passé dans notre langue et sous lequel on connaît les tubercules des orchis {Voir cet article). Ces tubercules sont réunis en chapelets par le moyen d'un fil ; ils sont d'une grosseur qui varie depuis celle d'un grain de café à celle dune amande ; leur couleur approche de celle de la pail'e , ils sont demi transparens et de consistance presque cornue. Leur odeur hircine lorsqu'ils sont frais, devient presque nulle étant secs. Leur saveur est douce et muciîagineuse ; l'eau les ramollit et les dissout en partie. Réduits en poudre t ils donnent à Peau une consistance gélatineuse. Les Orientaux ont 1 art de préparer le sagou mieux que toute autre nation ; à cet effet ils ehoi^ sissent les plus belles bulbes dorehis, au moment que la plante commence à fleurir , ils en oient la peau , les mettent tremper dans l'eau froide pendant quelques heures , les font ensuite euire dans suffisante quantité d'eau ; et, après les avoir é gouttes, ils les enfilent et les font sécher à l'air. Pour cette préparation, ils choisissent un temps chaud et sec. Les Persans ainsi que les Turcs font un usage habituel dusalep dans leurs repas, parce que sous un petit volume ils y trouvent beaucoup de parties nutritives. Cet aliment, restaurant, convient aux vieillards , aux convalescens et aux personnes affaiblies. Le salep est de nature muciîagineuse, ayant une légère odeur
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animale; on en prépare des gelée qui, édulcoréés avec du sucre, sont un excellent remède dans les affections chroniques de la poitrine et dans les épuisemens. Quoique très-nourrissant , le salep n'est point excitant. Tout leffet qu on lui attribue comme aphrodisiaque , est dû aux différais aromates qu'on lui associe, tels que le gingembre , l'ambre , le musc , le girofle , etc. LesOrientaux s approvisionnent de salep pour leurs voyages. Un homme est suffisamment nourri pendant un jour avec une once de cette substance et autant de gelée animale dissoute dans l'eau. Linné dit qu'il peut se préparer avec 1 eau de mer, dont il corrige Tàcreté par 1 abondance de son mucilage. Celui qu'on trouve dans le commerce est souvent altéré ; il a parfois une odeur hircine , d'autres fois il ne la pas, tantôt il est soluble à froid , tantôt non. Selon M. Caventou , cette substance étant composée de peu de gomme, de très-peu d'amidon et de beaucoup de bassorine, serait très-bien placée à côté de la gomme adragant. D'après le même chimiste , son examen analytique prouve que sa vertu nutritive n'est pas due à l'amidon. Toutes les espèces d'orchis qui croissent en France sont propres à faire du salep. {Voir l'article Orcbis , pour connaître la manière dont on peut l'en extraire.) Geoffroi dit que si l'on fait évaporer sur des assiettes de fayence, l'eau dans laquelle on a fait cuire cette racine bulbeuse , il y reste un extrait visqueux , dont F odeur est celle d'une prairie fleurie quand on passe au dessous du vent. On peut aussi comparer son odeur à celle du mélilot , dont la fleur commence à se faner. On a essayé en France d extraire du salep de la racine à double tubercule de Yorchis militaris , du satyrium et de quelques autres. L'essai a fort bien réussi.
SAlicaïiië ( Lythrwm salicaria , L. ) Plante vivace qui vient dans les prairies marécageuses et sur les bords des rivières. On l'appelle communément ij-simachie rouge; ses tiges sont hautes, rudes, anguleuses, rameuses et rougeâtres. Les feuilles sont obiongues, pointues et d'un vert foncé. Les fleurs sont petites et de couleur purpurine. Les habitans du Kamtschalka en mangent les feuilles en guise d'épinards et en boivent la décoction en place du thé. Ils les mangent même crues ; ils en font aussi une espèce de vin dont ils retirent de leau-de-vie par la distillation.
SAL!COR.\E ISERBACÉE (Sal icornia herbacea , L.). La racine est annuelle ; la tige herbacée , haute de quatre à dix pouces , les fleurs verciatres. La plante croit dans les marécages sur les bords de l'Océan et de la Méditerranée. En Angleterre , on en coniit dans ie vinaigre les jeunes rameaux , pour servir d assaisonnement aux salades.
SALICOT qu salicoçue, Espèce d'écrevisse de mer, qu o»
fr24 SAN6.
nomme à Paris chevrette. Sa chair a une saveur agréable et j selon Lémery, on en fait la digestion plus facilement que de celle des autres écre visses de mer. La consommation qu'on en fait est immense : on la sale pour la conserver.
Salicot. Voir Macre ou Châtaigne de terre.
SALIFIA!*. Poisson de rivière et d'étang, fort abondant dans le royaume de Siam. Il est de la grandeur et de la forme du hareng ; il a un dard vers la queue avec lequel il blesse assez souvent les pêcheurs ; mais les blessures n'en sont pas dangereuses. Sa chair passe pour être un fort bon aliment.
SALMERIN ( Salmerinus). La forme de ce poisson est ronde ou ovale ; il habite les lieux froids et pierreux ; il est trèscommun près de Trente, ainsi que dans les rivières et les lacs. Il pèse d'une à deux livres; ressemble assez au saumon , quoique plus petit. Sa chair a quelque analogie avec celle de la truite ; elle est tendre , courte , point visqueuse et convient à tous les estomacs • mais elle se corrompt facilement , ce qui oblige de la saler.
SALSIFIS ( Tragopogon , L. ). Plante de la famille des chicoracées. Sa racine est bisannuelle , tendre , laiteuse , blanche , à tige haute. Les feuilles ressemblent à celles du porreau. Son suc est laiteux , doux et visqueux. On croit le salsifis originaire d'Espagne. Cette racine est alimentaire et a les mêmes propriétés que la scorsonère ; elle est venteuse , surtout si on en mange avec excès : elle est du goût de beaucoup de personnes. On compte plus de trente variétés de cette plante.
Salsifis des prés (Tragopogon prateme , L.). Vulgairement barbe de bouc. La plante se trouve dans les prés. Sa racine est vivace et ressemble à celle de la scorsonère ; elle est allongée, pivotante et blanchâtre. Sa tige est cylindrique et haute ; ses feuilles sont alternes ; le suc est laiteux , doux et mucilagineux. Les jeunes pousses se mangent en salade ou cuites comme les épinards. J Bauhin a remarqué que ses fleurs se tournent du côté du Levant.
SANDAT ( Perça lucioperca , L. ). Poisson de trois ou quatre pieds de long , qui vit dans les eaux douces de l'Allemagne, de la Hongrie , de la Pologne et surtout dans le Danube. Il ressemble au brochet et à la perche par la disposition de ses nageoires. Sa chair est fort recherchée , parce qu'elle est blanche, tendre, de saveur agréable et de facile digestion. Pour l'envoyer au loin , on met le poisson dans la neige ou on le sale. On le fume aussi.
SANG (Sanguis). Le sang des animaux contient les mêmes matériaux organiques que les chairs , de la sérosité albumineuse et de la fibrine. L'eau chaude le coagule; l'on mange
SANGLIER. 6>t>
celui de différais animaux , assaisonné , principalement sous la forme de boudin. Dans la cuisson, sa couleur devient rouge, tirant sur le noir. Il nourrit beaucoup , mais il acquiert une saveur assez forte , qui occasione des rapports , et si on le mêle à de la graisse ou à du lard , ces rapports donnent ce qu'on appelle le fer chaud. Sa digestion se fait avec un sentiment de forte chaleur ; il échauffe et pèse sur l'estomac , qui souvent ne le digère pas. Le sang du lièvre est moins lourd. Celui du bœuf lest beaucoup. On estime celui du cochon. On ne fait point usage de celui des bêtes fauves ; cependant Homère a célébré celui du chevreuil. Le sang, comme aliment, produit beaucoup de matière excrémentitielle. Les personnes fortes , les gens de peine , celles qui ont un bon estomac et qui font de 1 exercice , sont les seules qui puissent en manger. Berzélius et le docteur Bostok se sont assurés que le sang ne contient pas de gélatine -, ils sont arrivés à la même conclusion, sans avoir eu connaissance des travaux l'un de l'autre. (Annales de chimie , octobre 1813).
SANGLILR (Aper). Quadrupède de la même espèce que le cochon domestique , quoique sauvage ; cependant ses formes sont mieux proportionnées et plus nerveuses que celles du cochon ordinaire ; son poil est plus rude et d'une couleur plus fauve ; ses pieds sont plus gros ; ses pinces plus séparées ; ses défenses plus grandes ; sa hure plus longue ; ses oreilles plus courtes et moins inclinées ; sa couleur est noirâtre ou tirant sur le rouge obscur. Pausanias dit en avoir vu de blancs. On trouve communément cet animal dans les forêts les plus sombres ; il aime les fonds humides et marécageux , dont il ne sort guère que la nuit pour chercher sa nourriture. Il va quelquefois par bandes lorsqu'il est jeune. Sa chasse est très-dangereuse ; il est redoutable aux chiens et aux chasseurs. Si l'on parvient à lui faire quitter sa bauge, il fuit d'abord, mais lentement, et malheur aux chiens qui le pressent de trop près. Dès qu'il est blessé , il s'arrête et court sur celui de qui il croit avoir reçu le coup ; alors il renverse et déchire tout ce qui se trouve devant lui. Les plus dangereux sont ceux de quatre ans , parce qu'à cet âge leurs défenses sont plus droites et plus tranchantes. Ces animaux vivent dans les régions tempérées de l'Europe et de l'Asie , ainsi quen Syrie , dans llnde et dans les parties septentrionales de l'Afrique. Servilius Rullus fut le premier à Rome qui ht servir cette chair sur sa table. On connaît les orgies de Marc-Antoine , qui faisait rôtir jusqu'à huit sangliers entiers dans un repas où il y avait peu de convives. Cette chair jouit à Rome de beaucoup de réputation; Caton-le-Censeur reprochait à ses contemporains les échinées de sanglier qu'on partageait en trois parties ; mais on ne ser-
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vait ordinairement que celle clu milieu ou le rable. Quoi qu'il en soit, cette chair est ferme \ mais plus tendre et meilleure que celle du cochon ordinaire , parce que cet animal vit en plein air et fait beaucoup d'exercice. Les meilleurs sangliers sont ceux qu'on prend en avril et en niai , ou en automne lorsqu'ils ont été engraissés. I>s Italiens estiment beaucoup ceux de Toscane. La partie la plus recherchée est la hure. On doit choisir ranimai jeune , gras et nourri de glands , de racines , de chiendent , de grains et de fruits. Pi. ne dit qu'on ne voyait point de sangliers en Afrique , et que ceux de la Macédoine étaient muets. On en voit dans quelques lieux qui ont deux cornes sur la tète. Quoique celte chair soit excellente , il faut en manger modérément , parce quelle n est pas de très-facile digestion.
SANGLljER MaRiN (Aper marinu saur eus maculât us, Feuillée). Ce poisson a presque la figure du turbot ; son corps est un peu plus long que large , il n'excède pas dix pouces de longueur; sa gueule est extrêmement petite ; sa queue ressemble à un petit éventail arrondi ; son corps, recouvert d' écailles, a quatre couleurs différentes. Le fond est de couleur d'or, la queue argentée est bordée 'd'un cercle jaune -, les extrémités ont une teinte d'un noir un peu clair ; ce poisson se trouve notamment dans les mers du Sud. Sa chair a une saveur fort agréable. On la digère facilement.
SAOU'UW. Arbre de la Guyane dont le fruit ressemble à la châtaigne dans sa coque : sa forme est celle d'un rein. L'intérieur contient une pulpe que Ion mange comme les cerneaux ; sa saveur est plus délicate. L'amande contenue dans ce fruit est douceâtre et venteuse. On peut en extraire de l'huile.
'$At>imETTEi. Boisson fort en usage en Angleterre et connue sous le nom de spruce b?.er. On y emploie les sommités et les branches du sapin noir (abies vùjra) , qui croit en Amérique , en Russie et même dans le nord delà France. On les fait bouillir dans l'eau avec du sucre brut et un peu de levain . en laissant fermenter. Boisson anti-scorbutique. On peut la faire avec les sommités du sapin commun , ainsi que le pratiqua mon collègue Keraudren , inspecteur de santé de la marine. Le sapin noir est connu sous le nom d'épinette à la bière.
SAPOTiiXïEii {Ackraz sapota , L.). Arbre fort élégant qui s'élève de dix à cinquante pieds : ses rameaux se réunissent en une belle cime. Ses feuilles sont alternes, éparses , ovales, lancéolées et entières Ses fleurs sont blanchâtres et inodores; ses fruits sont des pommes assez grosses, globuleuses, mais variables dans leur forme, et divisées en douze loges ; eiies ren ferment des semences. Ces fruits sont assez recherchés ; leur saveur est douce , mais fade -, on les sert en Amérique sur