‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 361 sur 407 · SAUTERELLE · texte numérisé non relu

SAUTERELLE

à l'œil par son aspect qu'il n'est propre à flatter le goût par les qualités de sa chair, qui est pesante , de difficile digestion et souvent de mauvaise odeur. Il n'y a que le peuple qui en mange. A Marseille , ce poisson est appelé sopi.

SAUREL ou SICUREL (Scomber trachurus , L.). Poisson appelé à Rome sauro, en Gascogne et en Saintonge chicarou, et dans les autres parties de la France maquereau bâtard. On en prend beaucoup en Languedoc et en Espagne. Il ressemble au maquereau quoiqu'il soit plus petit. Son corps est moins épais, plus aplati et sans écailles. Son museau n'est pas aussi pointu que celui du maquereau. Sa chair est plus sèche , plus dure et de plus difficile digestion ; quoi qu'il en soit , on l'estime dans le Nord , mais à Nice et à Rome on la laisse au peuple. Les Hollandais aiment cette chair lorsqu'elle a été fumée.

sauterelle. Qui croirait qu'un animal si nuisible peut être de quelque utilité pour la nourriture de 1 homme? Mais sur un sol ingrat , stérile , lu misère le réduit à manger tout ce qu'il trouve ; la perversité des goûts y est aussi pour quelque chose. On lit dans Tacite qu'il y avait un homme dans la colonie Agrippine , dont le mets favori était des araignées. Les habilans de la Cochinchine raffolent des œufs gâtés , qu'on leur vend beaucoup plus cher que les frais. En Ecosse, les riches préfèrent le gibier pourri à celui qui est frais ; mais , pour revenir à notre sujet , au rapport de Diodore de Sicile , les Ethiopiens servaient les sauterelles sur leurs tables. L'abbé Poiret dit que les Maures , peu délicats sur le choix de leur nourriture , en mangent sans difficulté. Dans les pays orientaux, on prépare ces insectes de différentes manières ; tantôt on les fait bouillir dans leau , ou rôtir dans une terrine; les jambes et les ailes s'en détachent, mais la tête et le corps deviennent extérieurement rouges, comme les écrevisses , et leur chair, qui passe pour être d'un goût excellent, est blanche intérieurement. D'autres fois, on les fait frire dans du beurre ou de l'huile , ou on les marine avec du sel, du poivre , etc. Mûrier dit que dans la Nubie on a vu les oiseaux de basse cour manger des sauterelles avant qu'elles n'eussent acquis toute leur grosseur , et qu'à cette époque le jaune des œufs que les poules pondaient avait une teinte rouge sombre, semblable à celle des sauterelles.

Chardin dit qu'étant sur le point de partir de Courectoa , en Perse , vers cinq heures du soir, l'air fut obscurci par une armée de sauterelles , paraissant à la hauteur de dix à douze toises ; elles étaient grandes, rouges, et tellement pesantes, qu'elles ne pouvaient se relever. Les paysans les ramassaient, les faisaient sécher pour les manger; on en portait même au marché. Quand ., versléquinoxe du printemps, les vents du

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