SEL
Le sel marin des salpétriers est sujet plus que tout autre à contenir des composés diode , parce que les fabricans emploient des soudes de varech. Une commission de l'Académie royale de médecine pensa qu'on pouvait essayer ce sel en y versant un peu d'acide sulfurique, MM. Henry père et Chevallier , membres de cette commission , publièrent un essai sur les falsifications qu'on fait subir au sel marin avant de le livrer au commerce. Les substances qu'on y emploie , sont : 1° l'eau pour en augmenter le poids; 2° le sel de salpêtre moins cher que celui des salines ; o° le sel marin retiré des soudes de varech ; 4° le sulfate de soude , dont le prix est moins élevé ; 5° le sulfate de chaux en poudre trèsiine; 6° la terre. Pour connaître s'il a été mouillé, on le dessèche et on le pèse après ; si la perte passe huit ou dix pour cent, il a été mouillé.
La purification d'un sel altéré par la présence de lhydriodate de soude ou de potasse consiste , d'après cette commission, à le laisser exposé plus ou moins de temps à l'humidité ou à l'arroser d'un peu d'eau et à l'égoutter ensuite dans des tonneaux percés à leurs bases. Celui des salpétriers, sans être positivement nuisible à la santé , doit plutôt être employé dans les arts que dans l'économie domestique. Quant aux mesures à prendre contre la vente de ce sel, on pourrait y mêler une substance noire ou le salir par quelques gouttes d'une huile essentielle , qui ne nuirait en rien à son emploi dans les arts et qui mettrait fin à cette fraude. La même commission fait observer que le sel, dont on se sert dans les alimens , ne devrait plus être mêlé à celui de varech, qui contient des hydriodates , lesquels, quoiqu'en petite dose , peuvent donner lieu à des irritations d'estomac , à des vertiges , à l'amaigrissement ; à la cachexie et même au marasme.
Le sel de cuisine falsifié par le sulfate de soude (sel de Glauber ) présente peut-être moins d'inconvéniens , sous le rapport de la santé, que sous celui de l'économie , puisqu'il ne sale presque pas et qu il doit être employé en beaucoup plus grande quantité. MM. Henry et Chevallier parlent aussi du mélange qu'on fait à Paris du sel de cuisine avec du plâtre en poudre •. ils se sont même présentés chez un marchand qui vend de ce plâtre sous le nom de poudre à mêler au sel. On peut reconnaître cette falsification en traitant cent parties de ce sel par l'eau distillée froide , qui dissout le sel et non le plâtre. La même expérience peut aussi servir à reconnaître d'autres substances insolubles, qui seraient mêlées au sel. La falsification du sel par la terre se reconnaît à son craquement sous les dents.