SOLANUM
SOEL. Plante qui croît en Islande sur les rivages ; elle est fort abondante sur les îles de Beodefiord. On la lave dans l'eau douce avant de la faire sécher ; on la met ensuite dans des tonnes , où l'on voit bientôt suinter un sucre provenant de ses feuilles. On Tappelle dans le pays hucita. Ces tonnes en sont entièrement recouvertes et cristallisées à l'extérieur. La plante a un excellent parfum et sert à assaisonner le poisson sec : elle est originaire de la Norwége.
SOIF (Sitis). Mot synonyme d'altération. La soif consiste dans le besoin impérieux de prendre des alimens liquides. Ce besoin est de la même nécessité pour notre conservation que celui de la faim. Une atmosphère chaude , brûlante , rend la soif plus fréquente. Les exercices violens , les alimens salés , épicés, trop secs , l'excitent. Elle se fait aussi plus ou moins sentir selon le tempérament dont on est doué. Ainsi , par exemple , le bilieux a plus souvent besoin d'une boisson humectante et rafraîchissante. La soif amaigrit. Satisfaite , elle se change en plaisir. Prolongée , elle est le tourment le plus difficile à supporter. La fable en a fait le supplice de Tantale. On meurt plus vite de soif que de faim; la chaleur l'augmente. Tout ce qui donne lieu à la chaleur en est la cause. L'eau l'appaise ; les autres liqueurs n'en sont que le palliatif.
SOLANUM. Les anciens avaient donné ce nom à plusieurs plantes vénéneuses ou dangereuses ; cependant certaines espèces que le Nouveau-Monde nous a fait connaître , offrent des ressources pour la nourriture de l'homme ; telles sont le solarium tuberosum , pomme de terre , la tomate ou pomme d'amour. M. de Candole a fait connaître que les habitans du village de Villemonble , aux environs de Paris , mangent , apprêtées comme les épinards , les tiges et les feuilles fraîches de la morelle noire. A la Jamaïque , les Nègres font entrer une espèce de morelle dans la préparation d'un mets qu'ils appellent pepers-pots. Au Malabar, on mange les feuilles d'une autre morelle, appelée par Rumphius halicacabus indicus mi~ nor. Dans quelques autres contrées , sous les tropiques , et notamment aux îles de France et de Bourbon , on fait un grand usage , comme légume , des tiges et des feuilles du solarium nodiflorum.
Au Pérou , on cultive dans les jardins deux morelles : le solanum rnuricatum, qui porte un fruit très-développé et dont la couleur , la consistance et même le goût ressemble à la chair du melon ; les Péruviens le mangent avec délices ; le solarium quiiœnse ou de Quito produit des baies de la grosseur et de la couleur d'une petite orange , dont elle a presque la saveur. Les femmes mettent quelques gouttes de son sué dans une boisson appelée mqUê/Ces peuples mangent encore
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les fruits murs du solanum nemorense , appelés dans le pays recotito de monte ; il ne paraît pas cependant que cette espèce soit cultivée. D'après Commerson, on mange à Madagascar les baies du solanum anguivi , ainsi que celles du solanum album. Les fruits du solanum JEthiopicum , au rapport de Thumberg , sont employés au Japon comme assaisonnement. Ceux de tous les lycopersicum sont doux et sains. On emploie beaucoup comme aliment ou comme assaisonnement, les fruits cuits du lycopersicum esculentum, qu'on cultive en grand dans les jardins potagers de nos départemens méridionaux. Le père Feuille e , dans son journal d'observations , rapporte que les Indiens font un grand usage des tubercules du solanum montanum, charnus, épais d'environ un pouce , ils les mettent dans leurs soupes et leurs ragoûts. Ruiz et Pavon disent cependant qu'ils ne servent qu'à engraisser les cochons. Parmi les fruits des solanum, les uns ont une saveur douce et sucrée, et ceux-là se mangent crus ; d'autres n'acquièrent cette saveur qu'après avoir été cuits.
SOLE (Pleuronectes solea , L.). Ce poisson est plat et a des arêtes ; il est plus long et plus étroit que la plie. Il est blanc par dessus et noir en dessous ; c'est de ce côté que sont les yeux. Son corps est couvert de petites écailles. Dans certains pays, on donne à la sole le nom de perdrix de mer. Il y en a de plusieurs espèces. La franche est la plus estimée ; celles qui dépassent neuf à dix pouces de longueur ont la chair coriace. La sole pôle est petite et charnue , sa chair n'est cependant pas aussi délicate que celle de la sole franche. Ce poisson vit dans toutes les mers ; on en pêche considérablement , surtout près d'Orytana et de St.-Antiochede Sardaigne. Parfois on en prend près de l'embouchure de la Seine ; mais les meilleures soles sont celles du cap de Bonne-Espérance. La chair de ce poisson est ferme, délicate, saine, nourrissante et de saveur agréable. On la digère facilement , surtout lorsqu'elle a été mortifiée par le transport. Cette chair se corrompt difficilement. Les soles qu'on prend dans les lieux vaseux ont une saveur désagréable. Les Anglais écorchent ce poisson avant de le faire cuire , à cause de l'âpreté de ses écailles ; en France , on n'enlève la peau qu'après sa cuisson.
SOLÉNOSTOME BECASSE (Solenostoma scolapax). Poisson de la taille de trois à quatre pouces > vivant dans la mer Méditerranée. A Nice , on l'appelle troumbetto. Sa chair est tendre , d'excellente saveur et de facile digestion.
SOLLAVA ou CHOOLANS. Grain de llndostan , delà grosseur d'un très-petit pois , qu'on recueille sur des tiges semblables à celles qui portent le millet , quoique plus grosses. L'épi est en grappe et de la longueur de la main. On en fait un pain