THON
Un géogryphille , habitant sur le mont Fichtelberg , montagne très-haute et stérile de la Franconie , annonça dans les papiers publics que cinq à six feuilles de ce thé suffisaient pour une infusion. Son odeur est semblable à celle des meilleurs citrons. Les feuilles de la première coupe , séchées au grand air et à l'abri du soleil , donnent un thé qui répond au thé impérial de la Chine. La seconde coupe se fait à la fin du mois d'août. Celui-ci répond au thé vert des Chinois. Au commencement des premiers froids on fait la troisième coupe , qui répond au thé hou.
Il ne serait pas juste d'oublier le cassine verafloridanorum. Miller assure que c'est le véritable thé du Paraguay. Les Indiens de la mer du Sud en font beaucoup de cas , ainsi que les sauvages septentrionaux. Frézier rapporte que les Espagnols usent de ce remède contre les exhalaisons des mines du Pérou et qu'on en fait un grand usage à Lima. Cette boisson est préférée au thé ; la saveur en est plus agréable. On l'apporte par la rivière de La Plata. On en distingue deux espèces : l'une appelée jerva depalos, et l'autre yerva de camine.
Thé de France. On donne ce nom à la sauge (Salvia officinalis.) à petites feuilles , d'une odeur forte et de saveur amère. Les Chinois l'ont estimée presque autant que l'or ; ils la préférèrent d'abord au thé ; ce qui cependant ne dura pas. Quoiqu'il en soit , cette sauge peut le remplacer. On donne aussi le nom de thé de France à la véronique [Veronica ofticinalis), dont j'ai fait mention plus haut.
Thé de James {Lndam latifolia, L.). Arbuste de l'Amérique septentrionale , dont les feuilles remplacent le thé de la Chine , on l'appelle aussi labrador , parce que ce même arbuste croît dans cette contrée. L'analyse que M. Bacon, pharmacien à Caen, en a faite , a prouvé qu'il contient les mêmes principes que le thé de la Chine , et de plus un principe résineux abondant auquel il attribue sa propriété stimulante. La dose doit en être moindre ; Ses effets en sont les mêmes.
thoa piquant ( Thoa urens , Aublet). Arbuste qui croît dans les forêts de la Guyane. La tige est noueuse , les feuilles ovales et larges ; les fleurs sont disposées en épis simples et allongés. Les fruits, quoique plus gros, ont la forme d'une olive ; ils contiennent des semences bonnes à manger. Cet arbrisseau laisse suinter une liqueur claire, quoique visqueuse, qui en se desséchant forme une gomme transparente. Si Ion coupe les grosses branches il en découle une eau sans aucun goût , qu'on peut boire au besoin.
THON {Scomber thynnus, L.). Poisson de mer qui pèse parfois plus de cent livres ; aussi Pline et les anciens le rangeaient-ils parmi les plus considérables. Il dit qu'on en a vu