ARROCHE
coup d'autres fécules, Yarrow-root se distingue très-bien à sa saveur; que chaque fécule présente ou des figures différentes au microscope, ou une pesanteur spécifique qui lui est propre. En 1827, M. Virej annonça à la Société de pharmacie qu'on avait découvert un procédé pour distinguer Yarrow-root de la farine de froment et de la pomme de terre : dix grains de l'une de ces dernières , dans deux onces d'eau bouillante , procurent une colle assez consistante , tandis que la même quantité de fécule arrow-root ne donne qu'une eau légèrement mucilagineuse. Selon M. Guibourt, on la reconnaît aussi au microscope, en ce que ses grains sont translucides et plus petits que ceux de l'amidon de pomme de terre , quoique leur forme et leur volume soient aussi variables. C'est ainsi qu'on peut en reconnaître la falsification. On en prépare une bouillie agréable et saine ; on en fait aussi des crèmes. Les médecins de Londres la prescrivent à leurs malades , dans les cas où ils employaient le sagou et le salep. C'est même une branche de commerce très-considérable entre l'Angleterre et la Jamaïque. On fait aussi, par imitation, de Yarrow-root avec la fécule de pomme de terre.
arracacha. Plante légumineuse de l'Amérique du Sud, et qui, depuis un temps immémorial, est l'aliment favori d'une grande portion des peuples de cette partie du globe ; ils préfèrent cette plante à la pomme de terre. L'espèce que l'on cultive à la Jamaïque est ainsi décrite : racine annuelle, tuberculeuse, charnue, de couleur pâle dans l'intérieur, d'un diamètre de huit à neuf pouces. A Bagota, on donne le nom de hijos, qui veut dire fils, aux plus gros tubercules, qu'on préfère à la racine-mère, madré, parce que leur saveur est beaucoup plus délicate. Il y a quatre espèces d'arracacha : à la Jamaïque , c'est la jaune qui est cultivée ; sa racine est blanche dans la seconde espèce ; celle des deux autres est de couleur pourpre. La plante atteint toute sa croissance dans l'espace de six mois ; elle vient mieux dans un terrain pauvre que dans une terre grasse. Lorsque la racine est hors de terre, on ne peut la conserver que deux ou trois jours ; mais, en revanche, elle peut y rester dans sa maturité pendant plusieurs mois sans se gâter ni prendre plus d'accroissement. Râpée et macérée dans l'eau, elle dépose une fécule qui fournit un aliment substantiel, léger, et que l'on donne à Bagota même aux convalescens.
arrochë (Atriplex hortensis). Il y en a plusieurs espèces. En français, on lui a donné le nom de belle, bonne dame, follette , etc. La plante, annuelle, cultivée dans les jardins , originaire de l'Asie, se propage aussi d'elle-même. Sa tige est haute de quatre ou cinq pieds, droite, cannelée et un peu ra-