‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 406 sur 407 · VIORNE · texte numérisé non relu

VIORNE

jours après la décoloration est achevée. On filtre à travers le papier, il ne perd ni de son odeur ni de son degré d'acidité. La colle forte a aussi parfaitement réussi pour le même objet»

violet èvêque. Champignon de quatre pouces de hauteur, dune belle couleur violette, à feuillets d'un rouge foncé; son odeur et sa saveur sont agréables; on ne le dit pas malfaisant. On le trouve, en automne, dans la forêt de Sénart.

Violet pourpre. Champignon violet foncé, avec une nuance pourprée ; ses feuillets sont légèrement roux et peuvent être détachés du chapeau sans l'endommager. La taille de ce champignon est moyenne. Son odeur approche de celle de la rose , sa saveur est excellente. On le trouve dans les jardins, les bois , à Versailles et à Villers-Coterêts, principalement sur les feuilles pourries des marroniers.

violette {Viola odorata , L. ). Selon Nicander, le nom à' Ion fut donné à cette fleur parce que plusieurs nymphes ioniques la consacrèrent au père des dieux. D'autres disent que c'est parce que Jupiter changea la belle Io en vache blanche , et que ce fut alors que la terre produisit cette plante pour la nourrir.

La violette est trop connue pour être décrite ; il suffit de dire que modeste, elle n'en est que plus recherchée. Elle joint, dit Sakspeare , l'haleine parfumée de Vénus à la teinte obscure , mais douce , des paupières de Junon. Chérie dès la plus haute antiquité , Homère en tapisse les lieux habités par Calypso. Les couronnes de violettes passaient dans les festins pour empêcher l'ivresse. On la regardait comme le symbole de la virginité. Les images d'Athènes personnifiées en avaient toujours le front ceint. On la vendait aussi sur les marchés pour en faire des couronnes. Quoique la violette ne soit pas une plante alimentaire proprement dite , elle entre cependant dans certaines liqueurs ; on en prépare un ratafiat agréable. On en fait des gâteaux qu'on mange avec plaisir. Les confiseurs et pharmaciens en préparent une conserve bonne et agréable, un sirop qui, en outre, sert à reconnaître la présence d'un alcali ou d'un acide. Il donne une teinture d'un blanc pourpré que les acides font passer à la couleur rouge et les alcalis à la verte. Pour conserver la couleur naturelle de cette fleur , on doit la faire sécher dans une étuve où règne une vapeur ammoniacale. Séchée à l'ombre , elle rougit. Son odeur, concentrée dans une chambre close , peut être dangereuse. Triller parle d'une jeune fille, qui fut frappée d'apoplexie pour avoir passé la nuit où il y avait beaucoup de ces fleurs.

viorne OBIER, vulgairement sureau des marais (Fiburnum opulus , L.). Arbrisseau de huit à dix pieds de hauteur, garni de feuilles vertes en dessus , blanchâtres en dessous, Ses

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fleurs sont blanches ; il leur succède des baies globuleuses de couleur rouge et de saveur acre. L'arbrisseau croît naturellement en France , dans les lieux un peu humides des bois, des lacs et des buissons. On en cultive dans les jardins, sous le nom de boule de neige. Les fruits de l'espèce ordinaire se mangent dans le Nord.

VIVE ou DRAGON DE MER ( Trachinus draco , L.). Ce poisson se trouve dans la Méditerranée , ainsi que dans le Nord. Sa forme est allongée, mais comprimée sur les côtés. Son dos est droit ; son ventre courbé, sa tête médiocrement grande, plane en dessus , un peu aplatie sur les côtés ; ses yeux sont près du museau , son regard est dur et farouche , ce qui le fait appeler dragon de mer. Selon Pline, ce poisson, pris et mis dans le sable, s'y enfonce. Ce fait a été confirmé par Verdelet et Pennant. On est obligé de l'écorcher, comme on fait pour l'anguille. Sa chair a une saveur délicate ; elle est ferme sans être dure. Duhamel la regarde comme excellente. Elle peut être transportée sans s'altérer. La pêche en a lieu en juin et juillet. En hiver , la vive vit dans les grands fonds.

VOILIER ou PORTE GLAIVE (Scomber gladius, Bloch). Pois-

son remarquable par sa forme et sa grandeur. Les matelots le connaissent sous le nom de brochet volant et de bécasse de mer. Sa mâchoire supérieure est prolongée en forme de lame d'épée ; il a une voile verticale sur le dos , qui est noir ; son ventre est argenté ; sa taille a de neuf à dix pieds. On le trouve dans les mers des deux Indes. Il nage souvent à la surface des eaux , prenant le vent avec sa voile verticale. Il est très-fort et très-agile ; il a beaucoup d'audace. Pendant les tourmentes , il se joue au milieu des vagues ; il présage les tempêtes ; il se nourrit de poissons. Sa chair est sans arêtes ; elle est assez bonne à manger lorsque le poisson est jeune.

volaille. Brillât-Savarin dit que la volaille est pour lacuisine , ce qu'est la toile pour les peintres et pour les charlatans, le chapeau de Fortunatus. On la sert bouillie ou rôtie , frite , chaude , froide , entière ou par parties , avec ou sans sauce , désossée, écorchée, farcie , et toujours avec un égal succès. Les meilleurs volailles sont celles de Caux , du Mans et de la Bresse .

vontaca. coing du BENGALE. Eruit d'un grand arbre des Indes orientales , que les Indiens confisent au sucre ou au vinaigre , lorsqu'il est mûr ou même vert. Ils le mangent avec plaisir. Comme les autres coings d'Europe , il renferme un principe astringent ; aussi l'emploie-t-on contre les cours de ventre. L'arbre est garni de beaucoup de rameaux épineux ; ses feuilles sont rondes et dentelées à leurs bords , luisantes et odorantes. Ses fleurs ont une odeur agréable. Le

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fruit est composé de deux écorces : la première verdâtre et mince , la seconde dure et ligneuse. La pulpe est visqueuse , jaunâtre et de saveur aigre.-doux. Les semences sont oblongués , blanches et remplies d'un suc gommeux transparent.

vouapaya. Liqueur que l'on prépare avec la cassave plus épaisse qu'à l'ordinaire et à moitié cuite ; on en forme des mottes qu'on empile les unes sur les autres, jusqu'à ce qu'elles aient acquis un moisi de couleur purpurine. On pétrit quelques unes de ces mottes avec des patates ; on délaie ensuite le tout avec de l'eau et on laisse fermenter. La liqueur devient aussi piquante que le cidre , et lorsqu'elle a vieilli elle est trèsenivrante.

vr. C'est un des meilleurs fruits des tropiques. Il est de la grosseur d'un citron; sa chair est savoureuse . Selon les Otaïtiens, l'arbre qui le produit a une origine céleste. Ils croient que le martin-pêcheur sacré, s'éleva un jour dans la lune , qu'il y mangea de ces fruits et qu'en retournant à la grande terre dOtaïti , il laissa tomber une graine de vy, d'où naquit ce bel arbre chargé de fruits délicieux et abondans.

w agami. CHOU marin. Il croît en abondance sur les côtes du Japon. Sa tige a plusieurs ramifications de la grosseur du bras , à l'endroit où elle sort des rochers ; elles sont effilées par le bout et ont plusieurs toises de longueur. Lés feuilles sortent par faisceaux le long de la tige ; elles sont noires , ainsi que les pédoncules, oblongues, sans dentelures et souvent de deux pieds de long sur sept à huit pouces de large. Ce chou fournit aux habitans une nourriture abondante ; ils le mangent en vert ou desséché , mais ils le font toujours bouillir. Lorsqu'il est desséché , il se couvre d'une efflorescence saline un peu amère, que les Japonais corrigent par le sucre , ce qui lui donne une saveur aromatique agréable.

WRAHL (le) {Ophicephalus striatus , Bloch). Ce poisson atteint parfois la taille de quatre pieds. Son dos est d'un vert noirâtre ; son ventre d'un jaune blanchâtre , avec des bandes transversales étroites , jaunes et brunes. Il vit dans les rivières et les lacs de la côte de Coromandel et surtout du Tranquébar, quoiqu'il se tienne dans la vase. Sa chair est estimée des gourmets.

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