‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 48 sur 407 · AXIS · texte numérisé non relu

AXIS

sécher , le réduisent en farine et en font une bouillie qu'ils mangent après l'avoir assaisonnée. Selon Thévenot, cet aliment y est aussi estimé que le riz. Bossu , dans son Voyage dans l'Amérique septentrionale, dit que les Akanças lui en envoyèrent en présent , qu'il en mangea en crêpe et en bouillie , et qu'il la trouva fort bonne et fort rafraîchissante.

Avoine nue (Avena nuda). Celle-ci a beaucoup de rapport avec la précédente ; elle fleurit en juin et se trouve parmi les autres avoines. On la cultive en Angleterre , ainsi qu'en Espagne. On la préfère à l'avoine vulgaire , quoique son grain soit plus petit, mais elle a l'avantage d'être dépouillée de sa balle , aussi le gruau en est-il meilleur.

AVOIRA DE GUINÉE (Elaïs guinensis). Palmier très-élevé «et épineux qui croît en Afrique et en Amérique ; on le cultive à cause de l'huile qu'on extrait de ses fruits. Le tronc de l'arbre est simple , épais d'environ douze pouces , et entouré d'un bourgeon où est un faisceau de grandes feuilles, dont les folioles inférieures ressemblent à de grosses épines ; les parties intermédiaires de ces folioles ont de longues pointes , et les supérieures sont en forme de lames d'épée. Les régimes portent de petites fleurs blanches, qui ont une forte odeur d'anis. Les ovaires deviennent un fruit, composé extérieurement d'une écorce coriace et huileuse ; à l'intérieur se trouve une amande contenue dans un noyau. Le fruit est coloré de brun, de jaune et de rouge ; il ressemble à des olives et varie quant à sa grosseur. Il contient une grande quantité d'huile susceptible d'être employée dans les cuisines ainsi que pour les lampes. Cette huile est contenue dans l'enveloppe du fruit. On retire de ses amandes une espèce de beurre de trèsbon goût, qu'on nomme dans ces pays quioquio ou thiothio. En Europe on lui donne le nom de beurre de galam. On la connaît aussi sous le nom d'huile de palme.

awabi. Coquillage univalve ouvert , de la grosseur d'une coquille de perle persienne médiocre , mais plus profonde , remplie d'une grosse pièce de chair de couleur jaunâtre ou blanchâtre , très-coriace et sans fibres. Les Japonais disent que c'était la nourriture ordinaire de leurs ancêtres pauvres et nécessiteux , et pour en conserver la mémoire , lorsqu'ils ont compagnie à dîner , ils en font toujours servir un plat. C'est aussi un usage établi parmi ce peuple , de même que parmi les personnes de qualité, lorsqu'ils se font des présens , d'y joindre une tranche ou du moins un petit morceau de cette chair , comme étant de bon augure , et pour rappeler l'indigence de leurs ancêtres. On coupe la chair de ce coquillage en filets minces , que l'on fait sécher sur un ais.

axis (Cervus axis , L.). Le nom d'axis est tiré de Pline. Il

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Îr a dans l'Inde , dit-il , une bête sauvage , nommée axis, dont a peau est se mblable à celle d'un fàon , mais marquée de taches plus blanches et plus nombreuses. On distingue cet animal du daim par ses bois ronds et sans palmures. L'axis a bien la tête du daim ; mais il a de plus une tache au front et une ligne sur le chanfrein d'un brun-noiràtre ; la gorge et le devant du col sont d'un blanc pur. Dans le daim, les fesses sont de couleur fauve, ainsi que le reste du corps, et la poitrine , le ventre et le haut de la face interne des cuisses sont blanchâtres. L'axis change deux fois par an de poil, sans changer de couleur. Ces deux animaux vivent ensemble dans la meilleure intelligence. On a remarqué chez la femelle une habitude fort singulière, qui consiste à allonger le cou et à le tordre, de manière que sa gorge regarde le ciel. Son cri n'est pas tout-à-fait semblable à celui du cerf ; c'est un petit aboiement houi, houi, houi , qu'il fait entendre lorsqu'on l'inquiète. Cet animal est fort délicat ; il refuse le morceau qu'on a trop manié. Ses narines , sans cesse en mouvement, montrent la constante activité de son odorat.

L'axis vivant à la manière du daim et lui rassemblant beaucoup, étant d'ailleurs nourri de même , doit avoir une chair semblable à peu de chose près.

AYA-PANA [Eupatorium aja-pana , L.). Plante du Brésil et de l'Amérique méridionale; elle vient aussi sur la rive droite du fleuve des Amazones. Elle est congénère de V eupatorium de Linné. Ses feuilles sont longues et pointues , striées à leur surface; l'odeur est celle du foin, la saveur amère et mucilagineuse. L'aya-pana est éminemment sudorifique; on enfait usage en infusion théiforme. M. Wafflnrt, pharmacien, en a fait l'examen chimique , et s'est assuré qu'elle contient une matière grasse soluble dans l'éther , une huile essentielle assez abondante , un principe amer que l'on sépare facilement par Talcool bouillant , de l'amidon , et enfin quelques traces de sucre.

AYVAL. Arbrisseau des Moluques, produisant de petites baies. Ses jeunes pousses se mangent cuites en forme de légumes pour tenir le ventre libre.

AZÉROLIER (Azerolus mespilus, L.). Espèce de néflier cultivé dans les pays chauds, où on l'appelle pommette. Les feuilles ressemblent à celles de l'aubépine , quoique plus grandes. Les fleurs sont en grappes , de couleur d'herbe. L'arbre n'est pas aussi épineux que l'aubépine : il produit un fruit nommé azérole et zazor chez les Arabes. Ce fruit est rond , charnu , rouge lorsqu'il est mûr , de saveur aigrelette agréable , recherché surtout par les femmes grosses. La pulpe contient trois osselets ou semences fort dures. L'azérole est

BABIKOUSSA. H

astringente ; on la mange crue ou confite. Elle réjouit l'estomac , arrête le vomissement et le cours de ventre.

L'azérolier de Virginie mérite d'être cultivé à cause du brillant de ses fleurs et de l'éclat de son fruit.

AZOTE. Gaz impropre à la vie. Corps simple , gazeux , incolore , plus léger que l'air atmosphérique , sans saveur sensible , d'odeur fade et comme animale , éteignant les corps en combustion. Ce gaz n'est pas propre à la respiration ; mais , uni à l'oxygène dans les proportions de 72 parties sur 23 de ce dernier et de 4 parties d'acide carbonique , il constitue l'air atmosphérique. Ce gaz existe dans les substances végétales et animales, et on peut l'obtenir en décomposant l'air atmosphérique par Foxidation des métaux, par la combustion du phosphore, etc. Fourcroj a découvert que le fluide qui remplit la vessie natatoire des carpes est du gaz azote.

babeurre ] LAIT DE beurre. Lorsqu on a battu la crème pour faire le beurre, il s'en sépare une liqueur ou petit-lait, qui contient encore quelques parties de beurre et de fromage.

Aliment fort estimé en Hollande , au point que les domestiques dans leurs engagemens avec les maîtres , mettent pour condition qu'on leur en donnera une ou deux fois par semaine. On se sert aussi du babeurre pour faire des potages : il est nourrissant et rafraîchissant ; cependant l'usage n'en convient pas à tous les lempéramens.

babiroussa ( Sus habiroussa , L. ). Espèce de sanglier que l'Europe ne connaît pas. Pline en a parlé ainsi : aux Indes il y a des sangliers , qui ont sur le front deux cornes , semblables à celles d'un veau et des défenses comme celles des sangliers communs. Elien en fait aussi mention sous le nom de quatre cornes. Cosme-le-Solitaire , qui vivait au commencement du sixième siècle en parlant des animaux des Indes , dit qu'il a vu le cochon cerf, et qu'il en a mangé. Ce qui distingue cet animal de tous les autres, ce sont quatre énormes dents canines, dont les deux moins longues sortent de la mâchoire inférieure , et les autres , beaucoup plus grandes , partent de la mâchoire supérieure en perçant les lèvres de dessus et s'étendent en courbe jusqu'au dessous des yeux. Elles sont d'un bel ivoire , moins dur cependant que celui de l'éléphant. Cetanimal diffère encore du sanglier par ses appétits naturels, il se nourrit de feuilles , d'herbes , et ne se mêle point avec lui. On le trouve fréquemment dans l'île de Boëro , ainsi qu'à

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