‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 51 sur 407 · BALEINE · texte numérisé non relu

BALEINE

personnes de Nangazâka, ayant mangé un plat de baku , s'évanouirent, furent prises de convulsions , de délire et d'un vomissement de sang tellement violent, qu'elles en moururent en peu de temps, et malgré cela, ces peuples ne veulent pas s'abstenir d'un aliment qu'ils trouvent fort délicat. Cependant un édit de l'empereur défend expressément aux soldats et aux gens de guerre d'en manger. Ce poisson se vend beaucoup plus cher que tout autre.

BALACHAN. Le balachan se fait à Siam et à Tonkin avec de petites écrevisses de mer, que nous appelons chevrettes. On les pile avec du sel pour en former une espèce de pâte ou saumure épaisse, qu'on fait cuire au soleil pendant plusieurs jours. On a soin de la remuer , ce qui répand au loin urte odeur désagréable- Cette pâte supplée au beurre , fortifie l'estomac et excite l'appétit. A Tonkin , on lui donne le nom de nukemun. On la mange avec le riz, on en assaisonne aussi les viandes. Ceux qui font cette saumure ont grand soin de ramasser leau qui en découle, ils la mettent dans des bouteilles hermétiquement fermées et la conservent pour assaisonner les alimens.

balaou. Poisson de la longneur et de la forme de la sardine ; sa mâchoire inférieure a un bec assez fort , mince et pointu comme une aiguille. La chair du balaou est ferme, délicate, de bon goût et de facile digestion. Ce poisson est fort abondant à la Martinique , où on le pêche au flambeau.

BALEINE (balœna ou cete). Géant du règne animal. Linné dit que la vraie baleine habite la mer Atlantique. C'est, selon Pomet, le plus gros de tous les poissons des mers du Nord.

L'intérieur de la baleine ressemble à celui des animaux terrestres. Son sang est chaud. Elle respire par le moyen des poumons , ce qui fait quelle ne peut rester long-temps sous l'eau; elle s'accouple comme les animaux terrestres , elle est vivipare. Elle a du lait pour nourrir ses petits. Tous les poissons de ce genre ont sur la tête une ou deux ouvertures , appelées êvent , par où ils rejettent , en forme de jet , l'eau qu'ils ont avalée. Sa peau est un cuir fort dur , très-épaiâ , lisse, noir, sans poil, recouvrant une graisse épaisse de dix à douze pouces. Cet animal ne se nourrit que de poissons et d'insectes; il s'engraisse plus que les autres.

Il y a plusieurs sortes de baleines qui diffèrent de nom, de figure et de grosseur. Le sebio est comme le chef, étant la plus grosse de toutes; elle fournit beaucoup plus d'huile. Leurs parties musculaires peuvent être converties en une matière semblable au sperma ceti. Les baleines blanches , dont on tire cette substance, se pèchent jusque dans l'océan Pacifique. La chair du sebio est tellement bonne et saine, que les pêcheurs

BALISïE. ?5

et le commun peuple lui attribuent la santé parfaite dont itë jouissent.

La petite baleine du Japon , kohadsum, est de couleur grise et cendrée ; elle est plus petite que le sebio dont elle diffère par la figure.

Le nagassa a ordinairement de vingt à trente brasses de long ; il peut rester deux ou trois heures sous l'eau, et même aller fort loin.

La baleine des aveugles, ainsi appelée , parce qu'elle porte sur le dos la figure du luth , dont les aveugles jouent au Japon, n'a que huit à dix brasses de longueur. Sa chair est malsaine ; au marché on la fait souvent passer pour du sebio.

Le mako n'a jamais plus de deux à trois brasses. On donne aussi ce nom aux baleineaux qu'on prend sur les côtes orientales du Japon. On trouve de l'ambre gris dans les intes^ tins de celle-ci. Sa tête fournit une assez grande quantité d'huile.

Le mangeur de sardines , appelé au Japon iwasicora, a la queue et les nageoires comme les poissons ordinaires.

Dans toutes les différentes espèces de baleine, on met tout à profit, excepté l'os de l'épaule.

La peau est noire dans la plupart des baleines ; ïa chair est rouge et ressemble à celle du bœuf; les intestins sont extrêmement longs ; enfin, toutes les parties sont mangées bouillies, rôties, frites, ou marinées.

On tire l'huile de la graisse en la faisant bouillir.

On fait bouillir les cartilages frais que l'on mange.

La langue et la queue , selon Rondelet, sont nourrissans , de bon goût, mais de difficile digestion. Les Hollandais estiment cependant peu la langue.

Les Japonais salent et mangent la peau et les viscères de la baleine, ils en font aussi des vitres.

Une baleine de Spitzherg qui n'avait que cinquante-trois pieds de longueur donna soixante-dix quintaux d'huile.

La vivelle, ou le poisson-scie, est l'ennemi le plus dangereux de la baleine. Il s'élance sur elle et lui enfonce son bec dentelé dans le dos.

BALISIER D'INDE (Arundo indien latifolia , B.). Plante indienne qui croît spontanément en Afrique , en Asie , en Amé^ rique entre les tropiques ; elle est vivace et fleurit en été. Sa fleur est de différentes couleurs ; sa graine teint en beau rouge. Barrère assure que les sauvages de quelques contrées en mangent les graines avec délices. Les feuilles sont employées à divers usages économiques.

BALISTEPORC (Balisées capriscus , L. ; Caper de Pline)*

Poisson dont les couleurs sont vives et brillantes ; il rend un

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