BÉCASSINE
Perdrix. Le bec est fort long, le plumage agréablement varié, œil fort large. La bécasse est répandue dans tout l'ancien continent ; on la trouve aussi en Amérique. En été , elle va en Suisse, en Savoie, sur les Pyrénées et les Alpes. On en prend le soir et le matin sur la lisière des bois ; son vol n est ni élevé ni soutenu; elle trotte très-vite , elle est stupide, et ne voit , dit-on , bien qu'au crépuscule ; une grande clarté l'incommode , ce qui l'a fait appeler par les espagnols Gallina ciega , poule aveugle.
Il y a plusieurs variétés de ces oiseaux. A Londres, on en a vu une blanche qu'on conservait dans une boite de verre ; son bec était jaune ainsi que ses jambes et ses pieds.
La chair de cet oiseau . quoique noire , est excellente comme celle des oiseaux sauvages ; elle n'est cependant pas du goût de tout le monde , elle ne convient ni aux mauvais estomacs , ni aux bilieux , ni aux mélancoliques , mais à ceux qui font de l'exercice ; elle est meilleure en automne ; on dit de la bécasse que tout en est bon. C'est le gibier dont les chasseurs font le plus de cas. La Normandie en fournit le plus. Les œufs sont délicats.
L'odeur et la saveur de cet oiseau déplaisent aux chiens. BÉCASSE DE MER (Centriscus scolopaw ,L. ). Poisson rare, dont le bec ressemble à celui d'une bécasse. Ce poisson est petit, rond, rouge comme le pagel et recouvert d'écaillés. A Rome on l'appelle sopetta , à Gênes , trombetta, en Angleterre, trumpel. Gesner croit que Pline le nommait serra. On trouve cette bécasse fort rarement dans la Méditerranée et parfois dans l'Océan. Sa chair est agréable , de facile digestion et nourrit bien.
Bécasse des sa vannes. Sorte d'oiseau de Caïenne , plus petit que notre bécasse ; son bec est encore plus long ; le plumage d'un brun roussâtre , varié et rayé de noir. Ces oiseaux vont par paires , on les trouve dans les prairies -, leur chair vaut celle des bécasses d'Europe.
bécasseau (Fringa ochrophus , L.). Oiseau presque aussi gros que le pluvier doré , il est solitaire et passager , il vit sur le bord des étangs et des rivières ; le plumage du dos est semblable à celui de la caille; ses ailes sont plus noires , le ventre plus blanc , le bout du bec noir et cannelé , l'extrémité de l'aile a une tache blanche. On mange avec plaisir sa chair.
BÉCASSINE (Scolopav gallinago.L.). Oiseau un peu plus gros que la caille; les plumes de la tête et du dos sont brunes, lirant sur le cendré obscur , le dessous de la gorge et la poitrine moucheté de blanc , ainsi que la tête ; le ventre , les cuisses et le dessous de la queue sont d'un très-beau
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blanc. La bécassine est répandue presque partout ; elle arrive en France en automne dans les prairies et le long des ruisseaux. Son cri a quelque rapport avec celui de la chèvre, ce qui lui a fait donner le nom de chèvre volante , il peut s'exprimer par les syllabes mêo , mèo. La bécassine est ordinairement fort grasse ; sa chair a une saveur exquise ; plus délicate que celle de la bécasse , elle est de facile digestion. C'est après les premières gelées qu'elle a plus de saveur , et que sa graisse est plus délicate. Il y a plusieurs espèces de bécassines , la grande , la petite , celle du cap de Bonne-Espérance , de la Chine , la blanche des Indes, etc.
bec-croche. Oiseaude la Louisiane , dont le bec est crochu et lui sert à prendre les écrevisses dont il se nourrit ; la couleur de son plumage est gris-blanc ; cet oiseau est de la hauteur d'un chapon , sa chair à le goût de l'écre visse.
BEC-CROISÉ ORDINAIRE (Loccia curvirostra, L.). Oiseau de la grosseur du bouvreuil. Le bec a un pouce de longueur ; il lui sert pour grimper, chercher, ouvrir et fendre les pommes de sapin et tous les fruits des arbres conifères, même les pommes et les poires , d'où il retire pépins , semences et amandes , dont il est friand. Sa chair a une saveur aromatique agréable, surtout en été ; elle sent la térébenthine. Cet oiseau est assez commun en Allemagne , en Suède et en Norwége : on en a vu rarement à Paris.
becfigue (Ficeduïa). Petit oiseau assez semblable au rossignol par sa grosseur et sa couleur. Il se nourrit de figues et de raisins, ce qui l'engraisse. Martial a dit :
Cum me ficus alat , cum pascar dulcïbus uvis , Cur potius nomen non dédit uva mihi ?
Sa chair est excellente , de facile digestion. Du temps de Tibère, elle était fort recherchée à Rome. Suétone rapporte que cet empereur donna quatre cent mille sesterces à Aselius Sabinus pour avoir composé un dialogue où le champignon , le becfigue , l'huître [et [la grive se disputaient ensemble. Chaque pays a ses becfigues ; il y en a plusieurs espèces à Caïenne qui détruisent les papayes , les goyaves et les bananes, dont ils se nourrissent.
bécharu (Phœnicopterus). Cet oiseau est le seul de son espèce. Le corps est peu épais, lesjambesetlecolmenus, mais excessivement longs ; les pieds sont palmipèdes, et cependant il ne nage pas : il fréquente les rivages. Sa taille est celle de l'oie. Il devient tout rouge ; le mâle l'est plus que la femelle. Il habite le Midi, depuis la Méditerranée jusqu'à la pointe la plus australe de l'Afrique , sur les côtes d'Espagne , surtout vers Montpellier et Marligues. Le père Labat dit que près de Gésine est un viliage habité par des nègres qui regardent cet
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oiseau comme sacré. Quoique sauvage , le bécharu s'apprivoise facilement. En Amérique on tire parti de son beau plumage. Les anciens en estimaient beaucoup la chair, qu'on servait même sur la table d'Héliogabale. A Montpellier elle n'est point estimée ; ce qui dépend sans doute de la diversité des climats et de la nourriture.
bécune (Paricot as en espagnol). Espèce de brochet de mer, vif, vorace, gourmand, hardi. On en trouve beaucoup dans la rivière des Gallions en Amérique. Sa chair est blanche, ferme , assez grasse , du goût de celle du brochet , mais capable d'empoisonner, parce que ce poisson mange des pommes du mancenillier et des galères, poisons caustiques et fort violens. Le pèreDutertre dit qu'il pensa mourir pour en avoir mangé; il ajoute qu'il faut que les dents de ce poisson soient trèsblanches et le foie très-sain pour ne pas en être empoisonné.
beefteack. En Angleterre , on appelle ainsi un filet de boeuf saignant et peu grillé, assaisonné ensuite. C'est l'engouement de tous les instans , dit Brillât- Savarin , de toutes les nations, de toutes les fortunes, de tous les appétits ; du reste aliment sain, nourrissant bien, et convenant à beaucoup de gens.
béfroi. Nom de deux espèces de grives appelées par Linné , turdus tinnicus et turdus lineatus : l'une est grande , l'autre petite. On les trouve à la Guyane. Le béfroi grand a environ six pouces et demi de longueur ; le dessus est d'un brun pâle et le dessous blanc. Cet oiseau a la voix semblable au son d'une cloche qui sonne l'alarme. Sa chair jouit des mêmes propriétés que celle des autres grives.
bégone ( Bégonia, L. ). Famille de plantes qui comprend environ une trentaine d'espèces, croissant dans les pays marécageux des parties les plus chaudes de l'Inde et de l'Amérique. Les feuilles sont alternes; le calice ou corolle est ordinairement divisé en quatre parties , dont deux sont plus étroites. La saveur des bégones semble les rapprocher des oseilles ; aussi les nomme-t-on oseille sauvage dans les colonies françaises , où on les mange à cause de leur agréable acidité : elles sont rafraîchissantes. En Europe on les tient dans les serres chaudes.
bÉ-lahé. A Madagascar on appelle ainsi un arbre dont on fait beaucoup de cas, à cause de ses propriétés. Les feuilles sont alternes et trifoliées ; les fleurs mâles ont cinq étamines. L'arbre ne croît qu'à une certaine distance des bords de la mer et sur les montagnes les plus élevées. Les habitans en prennent l'écorce à cause de sa saveur très-amère jointe à un peu d'arôme ; ils la font infuser dans la liqueur fermentée que l'on tire du suc de la canne à sucre , et que les habitans de
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l'Ile-de-France nomment flangourin, ceux de Madagascar tocfare. Cette écorce fait le même effet dans cette liqueur que le houblon dans la bière. Il s'en fait une grande consommation dans le pays.
belette ( Mustela). Petit quadrupède vivipare. Il y en a de sauvages, il y en a de domestiques dont parle Cicèron. Les Grecs les ont nommés ictives. Pline dit que la chair de la belette sauvage peut servir à l'alimentation. D'après leLévitique, elle fut défendue aux Hébreux. Galien a remarqué que , salée , elle a le goût de celle du lièvre. Les peuples du Mexique la mangent. Femand Lopez , dans son Histoire de llnde , rapporte que des soldats prenaient beaucoup de belettes qu'ils faisaient cuire à la broche,, et qu'ils mangeaient avec plaisir. On peut user de cet aliment dans un temps de disette.
belette. Poisson du genre de la blennie.
bélier (Aries). Ah ara, parce qu'on mettait autrefois cet animal sur l'autel pour le sacrifier aux dieux immortels. C'est le mâle de la brebis ; en naissant il est agneau, et mouton lorsqu'il est châtré. Galien dit que sa chair n'est d'aucune valeur, et Aètius la regarde comme la plus mauvaise de toutes , pour l'alimentation, après celle du bouc. Elle répand une odeur vireuse et puante ; elle est , en outre , de fort difficile digestion et ne nourrit pas.
Bélier d'Islande (Aries islandicus). On le distingué des autres par la longueur et le nombre de ses cornes. Il y en a qui en ont deux extrêmement grandes, tournées en spirale et une troisième sur le front , qui sort droite en avant ; elles lui servent à se défendre contre les attaques des oiseaux de proie fort abondans dans cette région déserte. Sa chair ne vaut pas mieux que celle de nos béliers.
belle devitri. Variété de pêche. (Foir cet article.)
BEN {Guilandina moringa, L.). Arbre qui croît aux Indes orientales. Il est de grandeur moyenne ; les feuilles sont ailées, les fleurs de couleur blanchâtre , disposées en pannicules au sommet des rameaux ; le calice est d'une seule pièce. L'ovaire se change en une gousse d'environ un pied de long ; les graines sont tantôt nues , tantôt garnies de trois ailes. Les fruits sont connus sous le nom de noix de ben et contiennent une amande blanchâtre qui fournit une huile très-recherchée parce qu'elle ne rancit point en vieillissant; on s'en sert pour retirer et fixer l'odeur des fleurs. Cette huile est purgative et vomitive. On mange les gousses encore tendres et vertes; on les mêle aux alimens dont elles relèvent le goût. Rumpflus a observé qu'un usage continu et modéré de la décoction de celte racine préserve les marins du scorbut.
benafouli. Espèce de riz du Bengale , très-fin , très-long
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et fort blanc, qui, étant cuit, répand une odeur agréable; c'est ce qui l'a fait appeler benafouli, parce qu'en langue du pays, ce mot signifie odorifère. Ses propriétés alimentaires sont à peu près les mêmes ; mais il est de plus facile digestion que le riz.
benari. Espèce d'ortolan passager en Languedoc , qui y devient très-gras ; aussi le sert-on sur les meilleures tables comme un excellent morceau.
BENDiou ORRi. Dans les îles d'Amérique, c'est une jolie plante qui porte un fruit de la longueur et de la grosseur du doigt, divisée en cinq longues cellules pleines de semences rondes. Ce fruit bouilli est doux et mucilagineux ; on le mange en soupe.