‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 97 sur 407 · CERF · texte numérisé non relu

CERF

ayant leur chapiteau bombé et peu régulier ; leur surface est sèche et entrouverte profondément ; leur tige forte , enflée du bec ; leur substance blanche , légère ; leur parfum suave et leur qualité bonne , dit-on ; on en distingue deux espèces principales : le cèpe franc tête rousse et le cèpe franc tête noire.

Cèpe franc, tête rousse. Toute la plante est sèche, de consistance cependant à céder à l'impression du doigt, d'une chair fine , délicate , de bon goût et dune odeur agréable ; elle ne change pas au contact de l'air. Cette espèce est de bonne qualité ; on la trouve en septembre et octobre dans les bois aux environs de Paris ; on la conserve très-bien en la séchant ; on la fait revenir dans l'eau chaude ; en Hongrie on en fait des soupes ou coulis ; ce condiment est chaud et aphrodisiaque. On ne doit jamais oublier de couper cette plante pour savoir si elle change de couleur au contact de l'air ; si cela arrivait il ne faudrait pas en faire usage.

Cèpe franc , tête noire. Champignon haut d'environ quatre pouces ; le chapiteau a un pouce et demi d'épaisseur et un pouce et demi de diamètre ; sa couleur devient marron foncé ; sa substance est sèche , douce au toucher, d'un parfum très-suave et de la saveur des bons champignons; c'est l'espèce la plus répandue dans le nord et dans les parties tempérées de l'Europe ; il est très-recherché ; on l'apprête comme l'espèce ci-dessus.

céréal. C'est-à-dire de Cérès, déesse des moissons. On donne le nom de plantes céréales aux graminées , dont les graines servent à l'alimentation, tels que le froment, l'orge, etc. Les haricots et les lentilles sont parfois aussi appelés céréales.

cerf (Cervus elaphus , L.) Animal doux et tranquille , de forme élégante, légère et svelte. Ses membres sont flexibles et nerveux , sa tête parée d'un bois cmi se renouvelle annuellement. Plus noble que les autres habitans des bois , on le fait servir aux plaisirs des hommes , ce que Delille a exprimé ainsi :

Hélas ! que lui servit son port majestueux

Et sa taille élégante et ses rameaux superbes,

Et ses pieds qui volaient sur la pointe des herbes ?

Il chancelé , il succombe , et deux ruisseaux de pleurs

De ses assassins même attendrissent les cœurs.

Mais, dit Buffon, que peuvent faire de mieux les hommes qui J par état, sont sans cesse fatigués de la présence des autres hommes ? toujours obsédés et gênés par le nombre , toujours en butte à leur demande , à leur empressement , forcés de s'occuper des soins étrangers , agités par de grands intérêts , ils ne sentiraient que le poids de leur grandeur , s'ils ne se i. 11

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