CARBONATE DE FER
résidu s’il est pur. La liqueur présente alors les réactions des sels de baryte (page 11).
Usagées. — 11 est employé par l’industrie et dans les laboratoires à la préparation des composés barytiques et à la saturation de certains acides.
Altérations. Falsifications. — Naturel OU artificiel, il renferme presque toujours une petite quantité de sulfate de baryte ; il est alors incomplètement soluble dans l’acide azotique ou dans l’acide cblorbydrique étendus.
On lui ajoute très-souvent du carbonate de chaux ; en le dissolvant alors dans l’acide cblorbydrique, étendant d’eau les liqueurs, et les précipitant par l’acide sulfurique en léger excès, on élimine ainsi la baryte à l’étnt de sulfate. Si l’on filtre après quelques heures de repos, le liquide, mélangé à de l’alcool fort, abandonnera un précipité blanc et com’me pailleté de sulfate de chaux.
CARBONATE (Sous-) DE FER. — On a donné improprement ce nom à un peroxyde de fer en partie hydraté, connu sous la dénomination de safran de mars apéritif , et qui, d'après son mode de préparation, retient toujours des carbonates de protoxyde et de peroxyde. Il fait presque toujours effervescence avec les acides; il est rougeâtre, insoluble, insipide, inodore. Sa composition est assez variable. Il contient d’autant plus de carbonate de protoxyde qu’il a été desséché avec plus de rapidité, et d’autant moins de carbonate basique deperoxyde qu’il aura été conservé plus longtemps à l’état humide.
Usages. — 11 est employé en médecine et dans l’art vétérinaire; on le préfère au colcotbar et au safran de mars astringent, parce qu’il a moins de cohésion.
Altérations. — Si le sous-carboiiale de fer n’a pas été lavé ou ne l’a été qu’imparfaitement, il peut contenir du sulfate de soude, du sulfate de fer, du carbonate de soude (1).
On retrouve ces substances étrangères en triturant le carbonate suspect avec un peu d’eau distillée. La liqueur filtrée donne, avec le chlorure de baryum et l’acétate de plomb, un précipité blanc insoluble dans l’acide nitrique; une autre portion de cette liqueur, évaporée à siccité, laisse un résidu si le carbonate est impur.
Si le sous-carbonate a été préparé avec du sulfate de protoxyde de fer cuprifère, il peut contenir du carbonate de cuivre (2). Ce sel se retrouve en traitant le carbonate de fer par un peu d’acide sulfurique étendu ; on précipite la liqueur filtrée par un excès d’ammoniaque, qui colore en bleu plus ou moins foncé le liquide surnageant le précipité d’oxyde de fer; ou bien on plonge dans cette liqueur légèrement acide une lame de fer bien décapée, qui se recouvre, au bout de quelques minutes, d’une couche cuivreuse.
Le sous-carbonate de fer peut contenir de Viodure de potassium, s’il a été obtenu comme produit secondaire de la préparation de ce sel, au moyen de l’iodure de fer et du carbonate de potasse. En le triturant avec un peu d’eau pure, et versant dans le liquide fdtré de l’eau amidonnée chlorée, une coloration bleue ou bleu violacé indique la présence de l’iode.
(1) M. Caltoud, d’Annecy, a fait connaître, en 1849, que sur 60 échantillons de carbonate de fer qu’il a examinés, 30 contenaient 0,5 à 1,15 p. 100 de ces impuretés.
(2) Sur les 60 échantillons qu’il a analysés, M. Caltoud en a trouvé seulement 14 exempts de cuivre.
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Par une dessiccation convenable d’un poids donné de carbonate de fer, on détermine, par la perte qu'il éprouve, la quantité d’eaw qu’il contient.
Presque toujours le sous-carbonate de fer retient du carbonate ferreux, et même quelques échantillons ont été trouvés en renfermer plus de la moitié de leur poids (Mialhe). Pour en déterminer la proportion, on dissout 2 grammes, par exemple, de carbonate dans un excès d'acide chlorhydrique pur, on verse dans la liqueur claire une solution de cyanure rouge qui ne précipite pas le perchlorure de fer et donne avec le protocblorure un précipité de bleu de Prusse, dont la quantité faitconnaître, par le calcul des équivalents, la proportion du protoxyde de fer qui était contenue dans le carbonate {Norbert Gille).
Le colcothar, la brique, le bol d' Arménie ,\q?> ocres rouges, les oxydes de fer naturels et d’autres poudres rouges ont été mélangés à ce produit. Leur moindre solubilité dans les acides étendus, même à l’ébullition, pourra servir à reconnaître ces fraudes, car tous resteront à l’état de résidu {N. Gille). On devra joindre à cet essai l’examen de la poudre au microscope : les parcelles irrégulières et relativement volumineuses de ces diverses substances ne pourront être confondues avec la poussière amorphe etexcessivementténue du safran de mars apéritif (.£’?•. i5.).
CARBONATE DE LITHINE. — V. LiTniNE cabbonatée.
CARBONATE DE MAGNÉSIE : (C02)3,(Mg0)^ ; i aq. — Le carbonate de magnésie ou magnésie blanche, magnésie effervescente, etc., se trouve dans le commerce sous forme de painsjectangulaires ou carrés, blancs, très-légers, inodores, insipides, insolubles dans l’eau, solubles avec effervescence dans les acides. 11 verdit le sirop de violettes. Chauffé au rouge, il se décompose et laisse la magnésie pour résidu.
Il renferme 44, o p. 100 de magnésie.
Usages. — Le carbonate de magnésie est administré, comme absorbant, contre les aigreurs de l’estomac. 11 est légèrement purgatif. Il sert à préparer un grand nombre de préparations magnésiennes purgatives, telles que' limonades, sels, etc.
Altérations. — Le Carbonate de magnésie mal lavé peut contenir du sulfate de magnésie ou de soude ; il peut être coloré en rose, coloration due à un peu de carbonate de fer, si l’on a employé à sa préparation un sulfate de magnésie ferrifère.
En lavant le carbonate de magnésie, l’eau du lavage, s’il a retenu du sulfate de potasse ou de soude, donne un précipité blanc avec le chlorure de baryum, et un précipité jaune-serin avec le chlorure de platine, s’il y a de la potasse.
Si le carbonate de magnésie contient du/’er, on en dissout une quinzaine de grammes dans l’acide chlorhydrique pur ; la solution est évaporée à siccité après l’addition d’un peu d’acide nitrique, puis on fait redissoudre le sel et on chauffe avec un petit excès de carbonate de chaux pur; il se dépose immédiatement un sédiment jaune ocracé de peroxyde de fer hydraté.
Faisiflcationg. — Le Carbonate de magnésie peut être adultéré par la craie ou carbonate de chaux (I), V amidon, \di. silice, V alumine.
(1) Huraut a signalé la falsification du carbonate de magnésie avec 33 p. 100 de carbonate de chaux.
CARMIN d’indigo.
En traitant le carbonate par un acide, on a une dissolution qui précipite en blanc par l’oxalate d’ammoniaque, s’il y a de la chaux. Le précipité, recueilli et calciné fortement dans un creuset de platine, donne la chaux pour résidu : le poids de cette dernière sert à calculer celui du carbonate de chaux mélangé avec le carbonate de magnésie.
On peut aussi traiter le carbonate de magnésie par un léger excès d’acide sulfurique étendu, qui en dissout la totalité s’il est pur ; dans le cas contraire, il laisse un résidu insoluble de sulfate de chaux. Si le dépôt ne se forme pas de suite, il suffira d’ajouter aux liqueurs leur volume d’alcool pour le voir se produire.
L'amidon est facilement reconnaissable par la coloration bleue que prend avec l’eau iodée le décoctum aqueux, fait à chaud, du carbonate suspect.
Si le carbonate de magnésie traité par l’acide nitrique ou chlorhydrique laisse un résidu insoluble, il est facile d’y distinguer la présence de la silice. La dissolution acide donne, avec un excès d’ammoniaque, un précipité gélatineux qui se colore en bleu par la calcination avec le nitrate de cobalt, si l’on a allaire à de l’alumine.
CARBONATE DE PLOMB. — V. Céruse.
CARBONATE DE POTASSE. — V. Potasses.
CARBONATE DE SOUDE. —V. Soudes.
CARMIN. — Le carmin est la matière colorante de la cochenille unie à une matière animale et à un acide. C’est une poudre légère, inodore, insipide, qui, chauffée sur une lame de platine, se charbonne en répandant une odeur de corne brûlée. L’acide chlorhydrique le dissout en le rendant jaunâtre ; la soude le rend violet.
Dans les arts, on prépare deux sortes de carmin : le carmin aux œufs, fait avec le blanc d’œuf et la cochenille, et le carmin à la gélatine, fait avec de la gelée de colle de poisson. Le carmin aux œufs se broie mal, il est un peu grumeleux; on l’emploie pour colorer les bonbons, pour faire l’encre rouge, pour la peinture, etc. Le carmin à la gélatine, susceptible d’une grande division, est employé dans la peinture fine, la miniature.
Falsifications. — Le carmin est falsifié avec Valumine, le vermillon, la fécule de pommes de terre, le kaolin, qui y entrent quelquefois jusqu’à 50 p. 100. 11 peut contenir aussi débris de cochenille.
En traitant le carmin par l’ammoniaque, il est seul entièrement dissous, les substances étrangères sont séparées. La fécule se reconnaît au moyen de l’eau iodée; Valumine, au moyen du nitrate de cobalt avec lequel elle donne, par la calcination, une coloration bleue. Le vermillon est repi'is par l’eau régale ; il se forme du bicblorure de mercure, qui donne avec l’iodure de potassium un beau précipité rouge de biiodure de mercure.
CARMIN D’INDIGO (V. Indigo). — Le carmin d'indigo est du sulfmdigotate de soude précipité d’une solution sulfurique d’indigo au moyen de cristaux de soude et de sel marin. 11 est soluble dans l’eau à laquelle il communique sa
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belle couleur bleue. L’acide azotique le décolore à chaud. La soude, l’hypochlorite de chaux le décolorent à froid.
Ce produit, plus ou moins lavé, contient une matière verdâtre qu’on y découvre en étendant un peu de carmin sur une feuille de papier à filtre ou sur une vitre.
Composition. — D’après M. Girardin, les carmins en pâte du commerce se divisent suivant leur richesse en ccumins simples, doubles et triples, dont voici la composition moyenne :
Eau. Indigo. Matières salines.
Carmin simple 89 4,96 5,7
— double 85 10,20 4,8
— triple 73,7 12,40 13,9
Essai. — Pour faire l’essai d’un carmin d’indigo, on en dessèche "2. grammes à l’étuve ; la perte de poids donne la quantité d’eau qu’il contient. On calcine le résidu et l’on pèse ensuite pour avoir la quantité de matières salines. La différence de poids donne la quantité d'indigo.
Mais cela ne suffit pas. D’après M. Hubert, pour se rendre compte de la force et de la pureté d’un carmin d’indigo, il faut encore faire les essais suivants sur une solution contenant 7 grammes de ce carmin pour 1 litre, et sur une solution type semblable :
1® Essai au colorimètre, comparaison des teintes;
2® Essai de teinture sur deux morceaux de mérinos de même poids avec mordant de sulfate de soude et acide sulfurique ;
3® Essai de décoloration au moyen d’une solution titrée de permanganate de potasse contenant de sel cristallin par litre.
On peut employer également l’hypochlorite de chaux ou le bichrômate de potasse.
CARRAGEEN. — Cette algue, nommée aussi Fucus crispus. Mousse d'Islande, Mousse perlée, provient du Chondrus pohjmorphus ou Sphærococcus crispus. Elle est en lanières crispées, sèches, composées de frondes planes, dichotomes, à segments linéaires cunéiformes ; d’un blanc jaunâtre, à odeur légèrement marine et à saveur mucilagineuse.
Cette plante prend dans l’eau un volume considérable et s’y dissout à chaud (excepté le pédicule) en formant un mucilage transparent et consistant.
Composition. — Elle ne contient que des traces d’amidon, 1 p. 100 d’azote et de 13 à 16 p. 100 de sels minéraux, parmi lesquels domine le chlorure de magnésium. La masse principale du carrageen a été considérée tour à tour, à cause de sa nature mucilagineuse, comme une gomme ou un principe amylacé ou un principe pectique [Mulder), ou une gélatine très-azotée [goëmine de Blondeau). M. Giraud (de Dijon) la regarde comme un principe particulier non azoté, analogue à la gélose de. Pag en (1).
Usagées. — Usité en tisane comme adoucissant et analeptique, il est aujourd’hui employé en cataplasmes.
Substitutions. — Le Spkærococcus mamillosus, qui s’en distingue par ses frondes canaliculées, lui serait quelquefois substitué {Flückiger ei Hanbury). On
(Ij Giraud, Étude comparative des gommes et mucilages. Thèse. École de pharmacie, 1875. Chevallier et Baudrimont, 5® édit. 15