CASSONADE
à ce que la casse fait la sonnette ; le noyau contenu dans l’intérieur du fruit, n’étant plus enclavé dans sa pulpe, fait entendre par l’agitation un bruit semblable à celui d’un grelot. Souvent, pour dissimuler cette altération, on donne à la casse un nouveau lustre ou vernis artificiel, en la plongeant dans l’eau jusqu’à ce que la pulpe se soit gonflée de manière à remplir les cellules qui la contiennent. Le mieux est de fendre une gousse de casse, d’en extraire la pulpe et de la goûter, afin de s’assurer si elle n’est pas moisie. Autant que possible, on doit choisir la casse grosse, bien fraîche, pesante.
On a trouvé autrefois dans le commerce une petite casse amincie en pointe à ses extrémités et que D. Hanbury a attribuée au Cassia moschata. Un.e autre casse recourbée en forme de sabre [Cassia Brasiliana) est employée en Amérique comme purgative [Gidbourt].
CASSONADE. — La cassonade, ou moscouade, est un sucre de canne ou de betterave, de couleur blonde, très-employé dans l’économie domestique et dans la pharmacie pour faire les sirops.
La cassonade doit être bien sèche, peu odorante, très-soluhle dans l’eau, etc., exempte de saveur qui rappelle la présence d’un corps étranger.
Altérations. — Quelquefois la cassonade est trop humide : on s’en assure par l’aspect et par la différence des poids avant et après la dessiccation.
Elle peut retenir de la chaux ou les autres corps employés pour la défécation ; on les retrouve par les moyens indiqués à l’article Sucre.
Falsiflcations. — La cassonade a été falsifiée soit avec du sucre de lait, soit avec la farine, la terre, le sable, la fécule de pommes de terre (1), le sulfate de potasse, le glucose.
Le sucre de lait se reconnaît au moyen de l’alcool qui ne dissout que la cassonade.
En faisant dissoudre un peu de cassonade dans l’eau froide, on reconnaît si elle contient de la farine, du sable ou de la fécule de pommes de terre : le sable se précipite de suite, la farine et la fécule se précipitent lentement, le liquide prend un aspect laiteux ; quelques gouttes de teinture d’iode y développent une coloration bleue.
Quant au sulfate de potasse, dont la présence dans une cassonade brune a été signalée par M. Langlois (2), on le décèle en brûlant dans un creuset une quantité déterminée de cassonade. Les cendres sont traitées par l’eau distillée, et la solution aqueuse, concentrée par évaporation, donne des cristaux de sulfate de potasse ; ou bien on dissout la cassonade dans l’alcool faible : le résidu, repris par l’eau pure, puis évaporé, laisse cristalliser le sel dont la solution aqueuse précipite en bhmc par le chlorure de baryum, en jaune-serin par le chlorure de platine.
Pour reconnaître la sophistication par la glucose, qui rend la cassonade terne, onctueuse, s’égrenant sous les doigts, voyez les moyens indiqués à l’art. Sucres.
(1) M. Vandenbroeke a trouvé dans le commerce un échantillon de cassonade blanche qui contenait 12 p. KiO de fécule de pommes de terre.
(2) M. Langlois découvrit cette fraude en préparant avec une cassonade du sirop d’acide tartrique, qui donna un précipité abondant de tartrate acide de potasse. Le sulfate de potasse se trouvait dans la proportion de 4 p. 100.
CASTORÉUM.
CASTORÉUM. — Le castoréum est la substance onctueuse sécrétée par deux grosses glandes situées dans les poches préputiales du castor, animal de la famille des Rongeurs.
Dans le commerce, le castoréum se vend renfermé dans ces poches pyriformes et inégales, encore unies ensemble, allongées, ridées, quelquefois aplaties, .d’un brun sale, d’une cassure résineuse et entremêlé de membranes blanchâtres. C’est une matière sèche, friable, légèrement onctueuse, d’une odeur forte et désagréable due, suivant Wôliler, à de l’acide pbénique ; d’une saveur âcre et amère, d'une couleur jaune ou brunâtre. Le castoréum est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et dans l’éther.
Dans le commerce, on distingue plusieurs sortes de castoréum : le castoréum de Russie ou de Sibérie; le castoréum du Canada ; le castoréum de Dantzig ; le castoréum de la Nouvelle- Angleterre. Le plus estimé est le castoréum de Russie; mais le plus fréquent est le castoréum du Canada. Ce dernier ne contiendrait que 1,98 p. 100 de castorine, tandis que la benzine pure en extrairait 4,60 p. 100 de celui de Sibérie. Celui-ci céderait au chloroforme une résine plus visqueuse et plus odorante que celle qu'il enlève au castoréum du Canada, etc. {Hager, 1871).
Le castoréum doit être choisi gros, bien plein, sec, d’une odeur forte, et sans poches ouvertes, fendues ou moisies.
Composition. — Il a été examiné par un grand nombre de chimistes, et contient, d’après l’analyse de Brandes :
Cholestérine ; huile volatile ; castorine ; résine ; extrait soluble dans Veau et l’alcool ; albumine; matih'e grasse; mucus; carbonate d’ammoniaque; carbonate, phosphate et sulfate de chaux ; sulfates de potasse et de magnésie ; eau.
Usages. — En médecine, on emploie le castoréum comme médicament antispasmodique, antihystérique; on l’administre en pilules, lavements, potions.
Falsifications. — Le castoréum est falsifié par des substances résineuses, telles que le sagapenum, le galbanum, la gomme ammoniacque, la cire; on lui a ajouté aussi des balles de plomb, pour en augmenter le poids. On a livré au commerce du castoréum factice, préparé avec le scrotum de jeunes boucs ou la vésicule biliaire du mouton. Ces fraudes se reconnaissent à l’aspect, à la saveur, à l’odeur du castoréum ; on pourra toujours distinguer les incisions faites sur les poches pour extraire le castoréum, et l’absence complète des membranes blanches qui partagent ces poches en plusieurs loges.
Il peut arriver que, par suite d’un état pathologique, les substances organiques, le tissu cellulaire disparaissent pour la plupart et soient remplacés par du carbonate de chaux; l’examen chimique seul peut servir à constater cette altération dont l’observation est due à M. Muller. Ce chimiste a analysé autrefois un castoréum de ce genre, acheté comme bon castoréum de Sibérie ; il en présentait tous les caractères et renfermait sur 100 parties :
Carbonate de chaux
Matières solubles possédant une forte odeur de castoréum.
Graisse
Matières solubles dans l’eau
Matières insolubles dans l’eau et l'éther,