‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 103 sur 470 · CERFEUIL · texte numérisé non relu

CERFEUIL

GÉRÂT. — Le cérat est un médicament destiné à l’usage externe, composé d’huile d’amandes douces et de cire ; c'est une espèce de pommade d’un blanc laiteux, d’une consistance d’huile figée.

On a préparé quelquefois un cérat dit à la stéarine^ dans lequel la cire est remplacée par cette substance. Traité par la chaux, le cérat à la stéarine se saponifie et donne du stéarate de chaux et de la glycérine, ce qui n’arrive pas avec le cérat préparé avec la cire. Le stéarate de chaux est ensuite décomposé, par l’acide sulfurique, en sulfate de chaux et en acide stéarique.

Falsifications. — On a substitué quelquefois aussi la cire végétale à la cire d’abeille. Cette fraude assez innocente se reconnaît, d’après M. Lepage (de Gisors), au moyen du chloroforme qui donne un soluté à peu près transparent avec la première, tandis qu’avec le cérat de cire d’abeille, il reste toujours à la surface du chloroforme une épaisse couche blanche insoluble.

On peut d’ailleurs distinguer le cérat à la cire d’abeille de celui fait avec la Cire du Japon, par l’action d’une forte solution alcoolique de potasse caustique qui dissout entièrement, même après refroidissement, le cérat à la cire végétale et ne dissout que fort incomplètement celui qui renferme de la cire d’abeille {Roucher).

On a aussi remplacé l’huile d’amandes douces non siccative par de ï huile d’œillette facilement siccative. On voit alors à la surface du cérat une sorte de peau ou membrane très-adhérente.

Le cérat est quelquefois falsifié avec les carbonates de magnésie, Ae potasse. Ces substances, ajoutées dans le but d’augmenter sa blancheur, se reconnaissent en traitant le cérat par l’eau chaude : le carbonate de magnésie se précipite sous la forme d’une poudre blanche faisant effervescence avec les acides. Quant au carbonate de potasse, on sature la solution aqueuse par l’acide sulfurique, et si la liqueur contient de la potasse, elle précipite par l’acide tartrique, par le chlorure de platine.

• Le cérat peut contenir de \ acide arsénieux, s’il a été préparé avec de vieux bouts de cierge, faits eux-mêmes avec de l’acide stéarique contenant cet acide. Pour s’en assurer, on fait bouillir le cérat avec de l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique; puis le liquide refroidi est introduit dans un appareil de Marsh fonctionnant à blanc.

CERFEUIL. — Le cerfeuil {Anthriscus cerefolium), de la famille des Ombellifères, est d’un emploi assez fréquent dans l’économie domestique ; on en prépare une eau distillée qui jouit essentiellement de propriétés excitantes et diurétiques.

Il paraîtrait que quelquefois, par inadvertance, le cerfeuil aurait été vendu mêlé de grande ciguë {C onium maculatum). La confusion est en efi'et assez facile, car les feuilles des deux plantes présentent une grande analogie d’aspect. Ainsi, dans le cerfeuil, les feuilles portées sur de longs pétioles, sont 2-3-pennées, à folioles ovales, incisées et dentées, d’un vert clair; les fleurs forment des ombelles blanches, souvent latérales, à quatre ou cinq rayons. De même les feuilles de la grande ciguë sont tripennées, à pétiole creux, à folioles pinnatifides; seulement elles sont d’un vert noirâtre, un peu luisantes en dessus et douces au toucher. Mais la tige de la grande ciguë est marquée de taches brunes que n'a pas celle du cerfeuil. De plus, les ombelles de la ciguë ont un involucre; le cer-

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