‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 104 sur 470 · CÉRUSE · texte numérisé non relu

CÉRUSE

feuil n’en porte pas. Les fruits de la ciguë sont globuleux, à côtes égales, crénelées, tandis que ceux du cerfeuil sont allongés, cylindriques, noirs et lisses. Enfin toute la plante de la grande ciguë exhale une odeur nauséeuse qui rappelle celle de la souris, tandis que Todeiir du cerfeuil est aromatique ; sa saveur n'otfre rien de désagréable. Lorsque les deux plantes sont très-jeunes, la distinction en est beaucoup moins facile.

CÉRUSE : C02,Pb0. — La céruse ou carbonate de plomb, blanc de plomb, blanc d’argent, blanc de cérnse, blanc de Krems, est blanche, pulvérulente, pesante, insipide, inodore, insoluble dans l’eau, soluble avec effervescence dans les divers acides (nitrique, acétique, etc.), soluble même dans l’eau chargée d’acide carbonique. Chauffée au rouge, elle se décompose en perdant son acide carbonique; si la calcination est prolongée au contact de l'air à une température moins élevée, le protoxyde de plomb se change, par degrés, en mine orange.

Composition. — Le Carbonate de plomb renferme : acide carbonique, 16,48; protoxyde de plomb, 83,52. La céruse du commerce contient, en outre, des quantités variables d’hydrate de protoxyde de plomb, quelquefois dans la proportion de 12 à 18 p. tOO.

Dans le commerce, la céruse se livre en poudre fine, ou fortement tassée en masse dans de petits vases coniques qui lui donnent la forme de pains ; on la prépare, en outre, mêlée et broyée à riiuile.

Elle porte les noms de céruse de Hollande ou de céruse de Clichy, suivant qu’on a employé, pour la préparer, soit le procédé hollandais ( par le fumier ou la tannée et le vinaigre), soit le procédé français, dit de Clichy (par la précipitation du sous-acétate de idomb au moyen du gaz acide carbonique), dû à Jioard de Clichy.

D’après les analyses de M. Hochstetter, les céruses de Hollande sont des mélanges variables de carbonate neutre de plomb et ù'hyd7'(ite d’oxyde de plomb; les céruses obtenues par précipitation consistent en carbonate mêlé d’oxyde hydraté ou en carbonate neutre, suivant que l’opération a été faite à froid ou à chaud.

Usases. — La céruse n’est employée en médecine qu’à l’extérieur, pour guérir des névralgies rebelles; elle saponifie facilement les graisses et fait partie de quelques onguents : elle entre dans la préparation de l’emplâtre qui porte son nom, et fait la base de la pommade de Rhazis. La céruse est surtout employée dans la fabrication des couleurs, dans la peinture à l’huile; elle sert d’excipient et donne du corps aux autres couleurs ; on l’emploie aussi à faire un mastic (avec du minium et de l'huile), que l’on comprime entre des rondelles de carton pour fermer les jointures des conduites d’eau et de gaz, des tuyaux de vapeur; elle sert à faire la mine orange, à préparer le vernis ou couverte de certaines faïences fines (1).

Altérations. — La céruse peut contenir soit du fer, du cuiore, provenant des appareils et outils qui ont servi dans sa fabrication; soit des matières tcimeuses dues aux eaux plus ou moins impures que l’on emploie dans le cours de sa préparation. Pour s’assurer de leur présence, on dissout à froid la céruse dans l’acide nitrique faible : les matières terreuses restent indissoutes, la solution

(1) En France, la consommation annuelle de la céruse est évaluée de 8 à 10 millions de kilo grammes.

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