‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 106 sur 470 · CHARBON DE BOIS · texte numérisé non relu

CHARBON DE BOIS

surtout sur le poids et sur le mesurage. En 1850, le commerce du bois à brûler, afin d’éviter les difficultés inhérentes au mesurage employé jusqu’alors, a décidé qu’à l’avenir tous les combustibles seraient livrés au/io?6?s, seul mode de livraison d’une exactitude rigoureuse.

11 est aussi résulté de la déclaration d’un des inspecteurs de la vente des bois et charbons de la ville de Paris que l’on emploie, pour le mesurage du charbon, des paniers réputés contenir 1 hectolitre, paniers qui ne le contiennent pas. L’acheteur, présent au mesurage, croit être bien servi pour avoir vu transvaser son charbon dans deux mesures légales bien identiques ; mais il ne s’est pas aperçu qu’une fois qu’on s’est assuré qu’il était plein de confiance dans l’exactitude des paniers poinçonnés par l’administration, on a substitué aux deux paniers dont l’essai a été fait en sa présence d’autres paniers plus petits, ne contenant pas la mesure légale et dans lesquels on verse directement le charbon, sous prétexte d’éviter une perte de temps. Par suite de cette adroite substitution, l’acheteur perd 1/12, 1/8 et jusqu’à 1/6 sur la marchandise, qu’il paye intégralement; en d’autres termes, il paj'e 12 voies de charbon, alors qu’il n’en reçoit que 11 ; ou 8 ou 6, alors qu’il n’en reçoit que 7 ou 5.

Ces trop nombreux exemples montrent la fréquence des coupables manœuvres exei'cées par le vendeur contre l’acheteur, et que le dernier pourrait facilement éviter, en se rappelant que l’ordonnance de 1834, qui rendit libre le commerce des charbons, a conservé plusieurs marchés publics destinés à assurer en tout temps l’approvisionnement de Paris, et à offrir au consommateur des garanties qui lui manquent partout ailleurs.

Un inspecteur et un sous-inspecteur délégués par la préfecture de police y sont attachés, et le mesurage s’y fait, sous leur surveillance, par des ouvriers également comrûissionnés par la préfecture. Des facteurs qui tiennent leur mandat de la même autorité, qui, assujettis à un cautionnement, ne peuvent, sous peine de destitution, faire le commerce pour leur compte, reçoivent le charbon au fur et à mesure qu’il arrive, et sont autorisés à le faire transporter chez toutes les personnes qui en font la demande.

Pour plus de sûreté, la préfecture de police a voulu que tout sac de charbon envoyé ainsi fût, aussitôt le mesurage effectué, fermé et revêtu par l’inspecteur lui-même d’un plomb portant d’un côté : Préfecture de police, et de l’autre : Marché...,, de manière à ce que le destinataire pût, à l’inspection seule de ce plomb, s’assurer que le sac lui parvient intact.

A la vérité, les marchés sont peu nombreux et «souvent très-éloignés du domicile de l’acheteur; mais il nous semble qu’on pourrait exiger que les marchands de charbon ne livrassent leur marchandise que dans des sacs étiquetés et marqués de la manière suivante, après avoir été préalablement reconnus contenir deux hectolitres. Ces sacs ayant tous la môme forme, une hauteur et une largeur déterminées, porteraient à l’extérieur les mots : deux heclolit7'es, en lettres de drap rouge très-visibles et très-espacées, cousues de manière à sortir du fond du sac pour arriver à l’ourlet supérieur. Les mots : charbon de bois, seraient également en lettres de drap rouge, cousues sur la largeur du sac et disposées de manière à l’occuper en totalité. Ce sac deviendrait ainsi une sorte de mesure légale dont l’usage exclusif autorisé ferait cesser la fraude (A. Ch.).

Une autre falsification dans la vente du charbon en poudre {poussier de charbori) consiste à le mélanger avec de la terre, du sable, etc., ce qu’on reconnaîtrait par

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